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 Appartement de Will Turner

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Kaat Hatsu
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MessageSujet: Appartement de Will Turner   Ven 24 Juil - 0:22

"Ce qui dure, c'est l'indifférence.
Rien ne tient mieux à l'arbre qu'une branche morte."

Une branche morte, c'était donc cela qu'elle était ? Est-ce que l'indifférence qu'elle portait à autrui, l'indifférence qu'elle portait au monde, était en passe de la faire se consumer à petit feu ? Cette froideur qui dansait sempiternellement dans l'océan bleu de ses yeux, cette dureté, cette rudesse qui lui brouillait les traits, était-ce cela qui la menait vraisemblablement à sa perte ? Car la douleur, bien présente, lui tiraillait désormais tout le corps. Pire qu'une souffrance physique, c'était une plaie sanguinolente gravée au plus profond de son âme, et le fait qu'elle en ignorât tout lui laissait un sentiment amer d'impuissance. Elle avait la ferme impression de se démener, aussi vaillamment fût-il, et son corps lui était plus que jamais lourd à porter. Cette impression de se battre contre son propre être lui semblait insupportable. Jamais elle n'avait ressenti quelque chose d'aussi désagréable ; une sensation qui lui déchirait les entrailles, lui écrasait la cage thoracique, la faisait tout simplement suffoquer, agoniser à l'intérieur d'elle-même. Et, par-dessus tout, elle était incapable de donner un nom à ce mal si distinct. Elle enrageait de se sentir si faible en cet instant où il lui fallait lutter contre cette souffrance inconnue, pire que tout ce qu'elle avait pu connaître depuis, et elle avait pourtant connu bien des souffrances ! Mais là, tout était différent. La souffrance prenait un cap nouveau, et à cette souffrance se mêlait une ambition qui n'avait pas lieu d'être ...

A l'extérieur, l'orage battait son plein. La pluie s'abattait avec violence sur l'asphalte, faisant monter tout un panache d'odeurs nouvelles et mystérieuses. Celle qui prédominait était bien sûr celle du bitume mouillé. Un parfum fort, qui parvenait à couvrir tous les autres. Kaat le huma avec délice. Malgré tout, elle aimait cette odeur, aussi singulière fût-elle. Un éclair zébra brutalement le ciel, la lumière enveloppa la capitale l'espace d'une fraction de seconde, pour laisser place de nouveau à la pénombre de ce début de soirée nuageux. Le grondement s'ensuivit, ferme et lugubre, tel la complainte d'un homme à l'agonie. Dans les rues désormais désertes, la jeune femme marchait d'une allure d'automate, semblant redoubler d'efforts pour déposer un pied devant l'autre. Elle n'était vêtue que d'une simple robe de laine noire qui maintenant lui collait à la peau, trempée par la pluie qui s'abattait sur son corps frêle avec une ferveur presque machiavélique. Ses cheveux ruisselants d'eau lui voilaient le visage, et elle ne cherchait aucunement à les en déloger. Elle ne se hâtait pas, comme tout individu l'aurait fait sous ce tumulte, au contraire, elle marchait paisiblement, d'un pas lent et mesuré. A dire vrai, ainsi présentée, elle paraissait plutôt pitoyable, bien que troublante de cette beauté pleine de douleur et d'affliction que possèdent certaines femmes. Pourtant, il était évident qu'elle était à la recherche de quelque chose, ou de quelqu'un. Les immeubles défilaient sous ses yeux, et son regard bleu cobalt se posait instantanément sur les noms inscrits sur les boîtes aux lettres. Toujours aussi lassement, elle progressait à travers les rues, ruelles, et autres avenues, sans se soucier de rien d'autre, si ce n'était de son instinct.

*Et las, chacun ne voyait comme échappatoire, à ce monde ensanglanté, détruit, et agonisant sous ses propres coups, comme échappatoire surtout à cette fin universelle qui approchait, chacun ne voyait que son propre suicide. Alors, dans une formidable holocauste, par les armes et par le feu, l'humanité disparut d'un univers qui, jamais, ne connut de fin ...*

Alors qu'autour d'elle ne résonnaient que le son de ses talons contre l'asphalte, et de la pluie martelant le sol glacé, elle s'était remémorée la fin d'un poème qu'elle avait appris il y avait bien longtemps, lorsqu'elle n'était qu'une enfant. Et à y repenser, même étant enfant, elle avait toujours aboré ce monde dans lequel elle vivait, et n'avait que rarement reçu d'amour. Peut-être était-ce cela qui lui faisait réellement défaut aujourd'hui. Cependant, mieux valait ne pas trop communiquer avec cette humanité brisée, qui courait définitivement à sa perte. Le poème, à l'image d'un prophète, le récitait lui-même.

L'alchimiste s'arrêta finalement. La pluie lui trouait le corps, le vent faisait s'envoler sa robe et sa chevelure ruisselantes. Elle leva lentement la tête, observant cet immeuble d'inspiration victorienne, et plus particulièrement son second étage, d'où une lumière chaleureuse venait traverser les persiennes. La lumière du foyer ; chose qu'elle ne connaissait que de légende. Elle se souvenait qu'une fois, une vieille femme lui avait dit que rien ne valait un foyer où l'on était sûr d'y trouver quelqu'un pour nous y attendre. Elle, personne ne l'avait jamais vraiment attendue. Et, inversement, elle n'avait jamais attendu personne. Pourtant, il lui semblait que l'attente était l'une des choses qui, en ce moment-même, semait le doute dans son esprit. Se pouvait-il qu'elle attendît quelqu'un, sans qu'elle-même n'en fût au courant ? Peut-être que c'était ce que son coeur lui soufflait, au fond, et qu'importe qu'elle fût incapable de décoder le langage de son coeur. Son intuition ne la trompait pas.

D'une main fébrile, Kaat poussa la porte de l'immeuble. Elle fut accueillie dans le hall par une obscurité glaçante. De tout son corps perlaient des gouttes d'eau qui venaient s'abattre sur le sol de la pièce. Bien décidée, elle s'engagea dans l'escalier, toujours dans la pénombre, accrochée à la rampe comme on s'accroche au destin. La cage d'escalier renvoyait en écho le son de sa respiration haletante. Combien de temps avait-elle ainsi marché dans les rues de Central City ? Elle-même n'aurait su le dire. Dans cet état d'ébriété émotionnel, elle grimpa marche après marche, comme hypnotisée. Elle arriva au premier étage, puis au second, avant même qu'elle ne s'en soit rendue compte. Alors qu'elle passait devant les portes de bois sombre, noyée dans cette pénombre silencieuse, elle s'arrêta automatiquement devant l'une d'entre elles, plissant légèrement les yeux pour s'assurer du nom qui était inscrit là en petites lettres d'or. Pas de doute, elle y était. Elle y était ... mais où donc ? Et pourquoi ? Que faisait-elle ici ? Elle pensa alors avoir perdu la tête, être devenue folle. Elle osait se présenter ici ainsi, les vêtements dégoulinants, les cheveux trempés, le visage ruisselant. Et ce sans aucune honte, bien qu'elle fût pathétique, et surtout, certainement pas présentable. Elle avait froid, son corps tout entier la brûlait, mais ce n'était rien comparé à l'atroce souffrance du départ. Cette souffrance qui l'avait menée jusqu'ici, en espérant qu'on puisse lui fournir une quelconque explication. Et désormais, plus rien ne compait, si ce n'était cette douleur agonisante. Et sans penser à quoi que ce fût d'autre, elle frappa à la porte comme on sonne le glas, et même sa façon de s'annoncer semblait douloureuse.

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Kerrigane
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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Ven 11 Sep - 12:35

William somnolait paisiblement sur son canapé. Les derniers jours avaient été épuisant. Il avait du faire des heures supplémentaires afin de rendre l'appareil à l'ami qui l'avait remplacé. Qui plus est le pauvre docteur Turner avait du commencer son travail avec une gueule de bois de tout les diables. Sans parler de l'état moral dans lequel il était. La fin de cette soirée passée en compagnie de Kaat Hatsu lui avait laissé un gout acide dans la gorge. Un noeud s'était créé dans son ventre et depuis lors n'avait disparut.
C'était la première fois depuis quelques jours que Will était revenu chez lui. Son appartement était en désordre constant. Il y avait de la paperasse partout. Déjà qu'il n'avait pas beaucoup de temps pour lui il avait encore moins l'envie de ranger.

Soudainement, comme s'il avait ressentit quelque chose, le jeune médecin se réveilla. Il ouvrit péniblement les yeux, comme si la pénombre de son salon l'éblouissait. Comme si le monde était trop dur à regarder. Il observa longuement le plafond. Mais qu'est ce qui avait bien pu le tirer du pays des songes ainsi ? Il avait besoin de repos mais il ne parvenait pas à dormir. Des cernes d'ébène entouraient ses yeux.
Will se redressa dans son canapé et frotta son visage, comme pour se donner une quelconque énergie. Il redressa la tête et plongea son regard dans la pièce. Qu'est ce qui l'avait ainsi éveillé ? On aurait dit qu'il avait senti une présence... Non ce n'était pas possible. Il avait encore rêvait... C'est alors qu'une plainte douloureuse frappa lourdement à sa porte. Dans un bruit sourd et souffrant, comme le cri étouffé d'une longue agonie. William se gratta la tête. Qui pouvait venir le voir à cette heure ci ?
Il se leva péniblement et traina des pieds jusqu'à la porte. Il prit une profonde inspiration et l'ouvrit.

Une jeune femme se tenait devant lui. Elle était trempée. Vu le mauvais temps au dehors cela impliquait qu'elle avait longuement marché. William mit un certain mais il finit par reconnaitre Kaat. Mais que faisait-elle là ? Comment avait-elle trouvait l'endroit où il vivait ? Mais surtout qu'est ce qui lui était arrivé ? L'urgentiste ne reconnaissait plus l'alchimiste... Où était passé sa fierté et sa froideur ? Comme une femme aussi noble et orgueilleuse pouvait-elle tomber aussi bas ?
Il resta sans voix devant un tel spectacle... Il ne savait pas quoi faire. Cette femme était là. Devant sa porte. Dans cet état si misérable. Etait-ce pour lui ? Ou bien...
Il stoppa net ses réflexions inutiles. Il venait de remarquer qu'elle tremblait. Etait-ce le froid de la journée ? Dans tout les cas elle ne pouvait pas rester comme ça.
Il lui prit délicatement le poignet et l'invita à entrer.

-"Je vous en prie entrez donc..." déclara-t-il doucement avec un sourire rassurant.

Il lui indiqua le canapé. Ce sourire ne quittait pas son visage. Il était heureux de la retrouver. Que leur relation ne reste pas sur le froid de la dernière fois.

-"Excusez moi pour le désordre... Mais, je... Heu prenez place sur le sofa. Je vais vous chercher une couverture. Trempée comme vous êtes vous allez attraper la mort."

Il partit rapidement dans une autre pièce. En revenant il passa par la cuisine et mit un peu d'eau à chauffer dans une bouilloire. Avec ce temps, une boisson chaude ne serait pas de refus.
Il déposa délicatement la couverture sur les épaules de Kaat. Les mains toujours posaient sur les épaules de l'alchimiste il la conduit jusqu'au canapé.
S'il était gêné de la situation il ne le montrait pas.

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Kaat Hatsu
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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Sam 12 Sep - 19:11

La jeune femme, que l'onde furieuse ne semblait pas avoir épargnée, patienta quelques minutes qui lui semblèrent durer une éternité ainsi figée devant cette porte, agonisant presque de douleur, se consumant même de ce sentiment bien trop inconnu encore. Debout, avec une droiture solennelle, elle avait l'air las de quelque travailleur rentrant chez lui après une dure journée, harassé, exténué, avec pour unique envie que celle de cracher ce qu'il a d'enfoui profondément dans son coeur meurtri par les martellements des piolets, et le grincement tortueux des scies contre le métal glacé. La douleur, toujours présente, lui laissait un sentiment amer, et l'espoir de voir surgir l'être tant attendu s'empara d'elle, la submergea d'une impatience bien connue. Elle avait beau sentir sur son corps longiligne l'entrave de ses vêtements humides, elle semblait pourtant se satisfaire, ou du moins d'accepter ces sensations au combien déagréables. Pendant quelques instants, l'arrogante et hautaine alchimiste à l'allure d'habitude si altière mit de côté son orgueil et sa fierté de femme, se rabaissant presque sans s'en rendre compte. Non pas sans s'en rendre compte, mais sans s'en soucier réellement. Car, encore une fois, un sentiment étranger, et bien encombrant, la poussait dans ce sens, prenait véritablement possession de son corps, afin de la forcer à agir comme jamais elle n'aurait imaginé agir. Actuellement, quiconque la voyait et la connaissait un peu pouvait la deviner dans un état second.

Et là, voilà que Kaat percevait des bruits de pas de l'autre côté de cette porte qu'inconsciemment, elle aurait aimé enfoncer. Peut-être cette porte était-elle la métaphore du fameux mur invisible qui la séparait du docteur Turner. Ce mur qu'elle avait en réalité créé, afin de s'éloigner le plus possible de lui pour ne jamais avoir à dépendre de sa présence. Ou était-ce la peur de s'attacher à un autre humain qu'elle-même, et de surcroît, s'humaniser. S'humaniser alors que depuis des années, elle avait fait des efforts titanesques pour demeurer hermétique à toute émotion, des émotions qu'elle considérait comme faibles et puériles, totalement indignes d'un intérêt quelconque. Mais cette fois-ci, elle ne pouvait reculer, ces maudites émotions finissaient par la rattrapper. Comme au jeu du chat et de la souris, elle finissait par perdre face à ses propres sentiments ...

Enfin, la porte s'ouvrit en un grincement glaçant, et le visage si familier de William Turner en émergea. Kaat eut un léger pincement de coeur en le revoyant, mais son visage demeura aussi fermé et douloureux. L'homme parut surpris de la voir ici, et en particulier dans de telles conditions ; cela se comprenait. La jeune femme voulut parler. Ses lèvres peintes en pourpre s'ouvrirent avec délicatesse, mais aucun son quel qu'il fût n'en sortit. Elle sentit sa gorge se serrer sous l'émotion, tandis que son coeur cognait contre sa poitrine avec une exaltation furieuse. Bravant son incrédulité, William saisit son poignet avec une douceur irréelle, l'invitant par la même occasion à s'asseoir. De nouveau, l'alchimiste ne sut quoi répondre, si ce ne fut par un regard vide et lointain. Le contact de cette main tiède ne lui inspirait plus la répulsion d'autrefois, mais une sorte de fièvre idescriptible -ou peut-être était-ce juste dû à sa pauvre condition physique. Quoi qu'il en fût, comme si ce n'était pas suffisant, le jeune chirurgien entoura ses épaules minces d'une couverture, et la mena jusqu'au divan. Elle s'y assit lassement, avec toujours cet air étrange qui flottait invraisemblablement sur son visage aux traits fins.

"Fichu toi ! Si seulement tu savais pourquoi ... tu n'en serais pas là !" lui soufflait sa conscience en guise de réprimande, mais rien ne parvenait à couvrir son trouble. Ainsi assise, chamboulée, perdue dans un flot de sentiments, elle ne parvenait à prononcer un seul mot. Elle demeurait immobile comme une statue de marbre, son visage sculptural dirigé vers un vide incertain. Enfin, elle se lança, hésitante :

- « Excusez-moi ... Ma visite est importune. A vrai dire ... Je ... Je ne sais même pas pourquoi je suis ici. Et ... C'est d'ailleurs peut-être pour trouver des réponses que je suis ici ... Je l'ignore ... »

Sa voix s'écrasait et s'éteignait sans grande conviction. Le timbre rauque et haché témoignait de cette boule gargantuesque qui lui barrait la gorge avec tant d'aplomb. Troublée, et tellement troublante, elle déposa une main ferme sur sa poitrine, juste au-dessus du palpitant, tout en lançant un regard déchirant à son interlocuteur.

- « Si vous saviez comme c'est douloureux ... Là ... Juste là ... insista-t-elle en enserrant son coeur avec force. Ça me fait mal. Pourquoi ? J'ai le sentiment que vous savez pourquoi ... »

L'émail azur de ses yeux brillait de savoir, et semblait prier pour qu'on arrêtât cette souffrance atroce qui lui était si insupportable. Elle avait énormément de mal à s'imaginer prononcer ces paroles. Elle se sentait si faible, si honteuse, elle aurait voulu se punir de se montrer ainsi pathétiqe. Où donc était passée sa prétendue fierté ?

"Fierté ? Mais en as-tu jamais eu ?" raillait de nouveau sa conscience ...

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Sirius Reed
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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Mar 15 Sep - 21:23

William prit place à ses côtés. Il n'avait pas oublié l'eau frémissante sur le feu de sa cuisine, mais pour l'heure il estimait qu'il y avait bien plus important. Un silence s'installa avant que Kaat ne le rompre doucement, d'une voie fatiguée, brisée par la douleur d'un sentiment trop profond, beaucoup trop enfoui et repoussé pendant des années. Elle semblait souffir mille tourments et le jeune médecin ne savait plus quoi lui dire... Il resta silencieux. Fixant le sol sans rien dire. Troublé par sa présence. Troublé par ses mots, par son état actuel.

- « Si vous saviez comme c'est douloureux ... Là ... Juste là ... insista-t-elle en enserrant son coeur avec force. Ça me fait mal. Pourquoi ? J'ai le sentiment que vous savez pourquoi ... »


Le regard de l'urgentiste dériva lentement vers celui de la femme qui se tenait près de lui. Avait-il bien entendu ? Elle aussi ressentait bel et bien de la douleur. Elle était comme lui finalement. Lors de leur dernier rendez-vous, le jeune médecin avait cru que ce qu'elle ressentait à son égard était une indifférence profonde. Mais maintenant qu'elle était ici, chez lui, à lui déclarer qu'elle souffrait le martyr elle aussi, William se sentit encore plus coupable. Ses yeux se remplirent d'eau. Et la seule chose qu'il put faire fut de la prendre dans ses bras.

-"Peut être... peut être parce que vous saviez que moi aussi j'en souffre... C'est... c'est toujours dur. Mais... c'est un sentiment humain... Au fond on ne peut pas y échapper. Et si on le repousse c'est encore plus douloureux ..."

Il resta quelques instants ainsi. La tenant tendrement dans ses bras. Il avait l'impression que cette étreinte venait de lui enlever un poids colossal. Son coeur battait à mille à l'heure mais il se sentait si bien...
Cependant la réalité le rattrapa violemment. Il eut soudainement peur qu'il venait de gâcher quelque chose. Il avait peut être été trop impatient et trop égoïste. Sur le moment il n'avait pensé qu'à lui, pensant qu'elle partager ces sentiments et que cela aussi lui procurerait du réconfort... Mais il s'était peut être trompé. A trop vouloir être attif on oublie certaine chose...

-"Je ... Veuillez me pardonner..." ce fut les seuls mots qu'il put dire.

Il était gêné plus que jamais. Un teint rouge vermeille avait prit le dessus sur la pâleur de son visage. Confus comme jamais il se leva avec l'intention de préparer ce fichu thé qui n'attendait que lui dans le cuisine en sifflotant doucement...

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Kaat Hatsu
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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Mer 23 Sep - 20:49

« Je m'éclaire longuement avec l'or que je trouve au fond d'une étreinte. »
Pourquoi ? Savait-il donc bien pourquoi ? Cette douleur terrible qui l'oppressait devenait intenable, si insoutenable que la jeune femme avait violemment serré les poings, tentant vainement de faire disparaître le mal, ou du moins, de contenir ce flot de souffrance qui la submergeait de façon si soudaine et inattendue. L'océan bleu nuit de ses yeux s'était figé sur un univers sombre et incertain, tandis que la pluit se déversait à grands fracas sur les carreaux glacés de l'appartement, que les ampoules crépitaient au-dessus de sa tête, irradiant la pièce à vivre d'une lumière douce et tamisée, qui parvenait presque à réchauffer le coeur de glace de l'alchimiste. Toujours un peu gauche dans ses manières, mais pourtant détentrice de cette prestence inqualifiable, elle tourna gracieusement la tête vers son compagnon d'infortune, avec le fol espoir que peut-être celui-ci pût lui fournir une réponse concrète, et ainsi dissiper ces vilains doutes qui la rongeaient de pied en cap. Elle avait l'impression désagréable que son âme se désagrégeait, que son esprit partait en lambeaux, et elle aurait donné son royaume pour un mot de William, à cet instant précis. Le regard azuré luisait d'impatience, la femme toute tremblante s'emmitouflait dans sa couverture. Un lourd sentiment de fièvre s'était alors emparé d'elle, et elle n'aurait su dire si cela était dû à sa marche inopinée sous la nuée, ou à un détail enfoui plus profondément ...

Pourtant, avant même que Kaat ne put voir les lèvres de l'homme se mouvoir, celui-ci l'entourait déjà de toutes ses forces, de toute sa tendresse, et la ramenait victorieuse dans le monde des vivants, par une seule et unique étreinte. Au départ, bien entendu, la réaction de la glaciale alchimiste ne se fit pas attendre. Tout son corps se raidit mystérieusement en une fraction de secondes, elle se statufia, devint si immobile et si silencieuse que l'on aurait pu se demander si elle vivait encore. Cependant, plus elle sentait ce corps chaud contre le sien, et toute cette considération, cette vague d'affection incommensurable, plus elle se détendait. Elle n'en demeura pas moins stupéfaite, les yeux exhorbités comme si elle avait reçu un choc électrique, cette bouche charnue à demi-ouverte, se muant en un glapissement d'étonnement. Un frisson lui parcourut l'échine, elle ne savait plus quoi penser. Non pas qu'elle trouvât l'étreinte désagréable, bien au contraire, dans son état d'esprit actuel, il aurait été difficile de s'y opposer. Mais cela provoquait de telles effusions de sentiments dans son être qu'elle en restait coite et chamboulée. A l'intérieur d'elle-même, tout tournoyait, se bousculait, s'affolait. Et pourtant, elle ne bougea pas d'un pouce, conservant cette stoïcité désormais emprunte d'une pointe d'émotion.

C'est alors qu'elle entendit la voix feutrée de William se glisser au creux de son oreille. Quelques mots furent prononcés, mais ceux-ci furent loin de répondre à ses attentes. Le doute grossissait davantage, le flou dans son esprit se fit éléphantesque. Ainsi enlacée, elle pouvait sentir de douces fragrences lui monter aux narines, et cela l'enivrait, la transportait dans un état second.

« Un sentiment humain ... douloureux ... »

Ces paroles destructurées furent prononcées d'une voix d'automate. Un sentiment humain, avait-il dit ? Douloureux, qui plus est ? Alors cette douleur si poignante n'était due qu'à un vulgaire sentiment humain ? Elle prit alors conscience de l'ampleur des sentiments humains. Les sentiments humains étaient la base de tout. Elle qui avait cru durant toutes ces années que la sensibilité, la sensiblerie même, affaiblissait l'homme, elle réalisait désormais combien elle s'était trompée. Ce qui faisait bel et bien la force de l'homme n'était ni plus ni moins que sa faculté à ressentir des émotions.

La Reine de glace tomba alors de haut. William, réalisant son erreur, s'était détaché d'elle, et après avoir bredouillé quelques excuses, avait filé en direction de la cuisine. Démunie, étourdie, Kaat resta seule assise sur le divan, toujours aussi immobile qu'une statue de marbre, dont les traits de surprise se seraient à jamais gravés dans le temps. Tâchant de reprendre ses esprits, elle se redressa vivement, et les sifflements de William provenant de la cuisine parvinrent à la rassurer.

« Je me voile donc la face depuis si longtemps ... Je me croyais bien forte, mais j'étais bien faible ... murmura-t-elle à sa propre intention. Puis d'une voix plus intelligible, afin que William l'entende : Comment l'appelez-vous ? Je veux dire ... Comment appelez-vous ce sentiment ... ce sentiment douloureux ... ? »

Son être saignait. Elle aurait tant voulu, pour la première fois depuis des années, évacuer sa peine par quelques larmes, mais elle semblait être devenue hermétique à ce genre de démonstration de faiblesse. Non. Pas de faiblesse, mais de force.

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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Mar 29 Déc - 18:42

[depuis septembre ... honte à moi ^^' Encore désolée...
Bon je ne garantis rien, ça va être dur de s'y remettre...]

William préparait le thé en silence, se concentrant pour ne pas trembler. Cette histoire l'affecté bien plus qu'il ne voulait bien se l'admettre. Il ignorait pourquoi mais il n'arrivait pas à trouver les mots et les gestes qui pouvait améliorer la situation. Il avait beau tout faire, il avait la sale impression que quoi qu'il fasse cela empiré la situation. Il n'arrivait pas à agir de manière raisonnée et chaque fois qu'il lui disait quelque chose ou qu'il répondait par des gestes c'était sous le coup d'une impulsion. En temps normal ça marchait. Il n'avait pas à s'en plaindre. Mais là la situation était bien différente. Il avait l'impression que sa spontanéité ne l'aidait vraiment pas.

Il était pensif. Il n'arrivait pas à deviner comment tout cela allait finir. Son regard se perdait dans la fumée volupté qui s'échappait de la théière. Qu'est ce qu'il pouvait dire ? Qu'est ce qu'il pouvait faire ? Comme la fumée, ou la buée sur la vitre, c'était le flou total. Il se trouvait pathétique, tellement gauche en présence de l'alchimiste de glace. Cela pouvait avoir son charme... mais pas dans ces circonstances. Ce n'était pas d'actualité. Mais il n'arrivait pas à savoir comment il devait agir. Il restait bloqué. Le néant était sa seule réponse. Et comme échos à son questionnement, il n'obtenait qu'un reflet de sa médiocrité.
Oui, à cet instant précis, William Turner se trouver stupide et nul.

« Comment l'appelez-vous ? Je veux dire ... Comment appelez-vous ce sentiment ... ce sentiment douloureux ... ? »

Ces mots raisonnèrent dans sa tête comme une calque violente. Pendant un moment il resta silencieux. Droit comme un "i". Il avait finit de préparer le thé, tel un automate. Mais là il n'avait plus d'énergie. Et le simple plateau face à lui semblait peser des tonnes. Il pensait qu'il n'aurait pas la force de le porter.
Il était au pied du mur. Il ne voyait pas comment faire. Mais hors de question de faire machine arrière... de toute manière ce n'était pas possible.
Mais que faire ? Aucune idée...
Rien ne lui venait.

Finalement, après une profonde inspiration, il serra les poings et attrapa e plateau. Finalement celui ci n'était pas si lourd que ça... Peut être que son fardeau non plus...
Il devait être franc. Se jeter à l'eau. Voilà ce qu'il devait faire. De toute manière il ne voyait pas trop d'alternative. Et puis il fallait qu'il arrête de se questionner comme ça... Dans ces cas là, la raison n'a pas toujours sa place.

Il réapparut dans le salon. Le plateau en main, un sourire tendre accroché aux lèvres. Il alla poser le tout sur la table basse face à Kaat.
Il s'assit en tailleur face à elle, à même le sol.
Puis il plongea son regard dans les yeux bleu-nuit de l'alchimiste de glace, essayant de trouver derrière cette carapace froide les sentiments de l'être humain qu'elle était afin de se donner de la force.

-"L'amour. Il marqua une courte pause qui sembla pourtant durer une éternité. C'est comme ça qu'on l'appelle... Mais l'amour n'est pas que souffrance et douleur. Il est tellement plus que ça. Si complexe et si simple parfois. Mais c'est un sentiment magnifique qui peut apporter tellement de force et de bonheur... sinon les Hommes ne le chercheraient pas aussi souvent."

Son regard avait dérivé sur la théière. Il n'avait pas osé la regarder jusqu'au bout.
Malgré son ton calme et posé, il tremblait légèrement. Avait-il peur de sa réaction ? Certainement mais lui même devait ignorer la raison de cet état.


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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Dim 17 Jan - 21:33

« Le monde est né de l'amour, il est soutenu par
l'amour, il va vers l'amour, et il entre dans l'amour. »
Désormais, Kaat se trouvait seule dans le salon, assise sur le divan, dans un silence sépulcral que seuls les échos des aiguilles de l'horloge parvenaient à transpercer. De sa chevelure argentée se glissaient quelques gouttes d'eau translucides qui venaient s'écraser contre le parquet glacé. Inconsciemment, elle frissonna, et s'emmitoufla davantage dans l'épaisse couverture qui couvrait ses épaules frêles. Elle ressentait à la fois le froid mordant qui l'avait assaillie au dehors, et une sorte de fièvre indicible dont l'origine lui était inconnue. Son corps ne lui appartenait plus réellement ; elle ne parvenait plus guère à contrôler quoi que ce soit. En sa qualité d'être humain, ses pulsions et son impulsivité la rattrappaient, et elle se contentait de demeurer lasse, esclave des moindres désirs de cet esprit incongru et de cette âme meurtrie. Elle espérait malgré tout, sans trop y croire, s'extirper hors de cette transe abjecte, de cet état second qui la lésait, recouvrer ses esprits et cesser de se dévoiler telle qu'elle était vraiment. Elle apparaissait dès lors comme une enfant, une simple enfant innocente en proie à une curiosité frémissante, une pauvre enfant dans la candeur de l'âge qui ne connaissant encore rien de l'existence. Elle s'entendit questionner son interlocuteur, elle entendit cette voix rauque et tremblante, comme affreusement bouleversée, prononcer des mots d'une bêtise affligeante, et elle s'en voulut de se montrer aussi vulnérable, elle se détesta bien plus qu'elle ne s'était jamais détestée auparavant. Dehors, le fracas de la pluie sur l'asphalte n'avait malheureusement été suffisant pour couvrir sa voix, et parfois, le tonnerre grondait à intervalles réguliers, entonnant la triste symphonie de l'orage, tandis que les branches des arbres malmenés pliaient ardemment sous le souffle furieux du vent qui vrombissait, sifflait, se déchaînait presque avec hargne. Près d'elle, l'horloge continuait de cliqueter intempestivement, sempiternellement, et elle percevait indistinctement les remous de William qui lui parvenaient de la cuisine, ainsi que le sifflement aigu de la bouilloire, le tintement de la théière et des tasses qui s'entrechoquaient.Tous ses sens semblaient en alerte, de la même façon que son émotivité grimpait en flèche. Elle avait la ferme et désagréable impression d'ouvrir une porte de son coeur et de laisser s'épancher des années douloureuses de sentiments contenus, muselés, et mis en cage derrière la porte blindée de ce coeur de glace.

Depuis ces longues minutes de solitude, une solitude qui lui faisait malgré tout énormément de bien, il lui semblait que le temps s'était arrêté. Son coeur, ou du moins ce qu'elle déterminait comme étant son coeur, battait à tout rompre, avec une telle force et une telle ardeur qu'elle le pensait capable de trouer sa poitrine. Toute grelottante, elle ne savait si cela était de froid ou d'angoisse, et lorsqu'elle aperçut le visage franc et frais de William surgir de la cuisine, souriant, ou peut-être s'efforçant simplement à sourire pour ne pas la troubler davantage, la douleur qui lui compressait la cage thoracique sembla s'obscurcir. Celui-ci portait à bout de bras un plateau sur lequel était savamment déposé une théière et des tasses de thé desquelles s'échappaient un fumet odorant. Il déposa en silence le plateau devant elle, tandis qu'elle se plaisait à fixer le sol de son regard bleu légèrement vitreux, certainement dans le but de ne pas croiser le sien. D'une main hésitante, elle voulut s'emparer de l'une des tasses, mais une force invisible l'en empêcha, alors que son épiderme était déjà chatouillé par la chaleur au combien réconfortante qui enveloppait les flancs de la tasse. La couleur du breuvage, d'un brun d'ambre étincelant, n'était pas sans lui rappeler la teinte de l'or, et l'odeur divine qui s'en échappait, tourbillonant voluptueusement autour d'elle, la ravissait à un point tel qu'elle réprima un soupir de bien-être. Déjà, elle s'imaginait la saveur exquise, alliant l'amertume et la douceur, courir sur son palais, et la boisson chaude caresser sa gorge, et elle n'avait dès lors plus de cesse d'y penser, avec une avidité peu commune, se remémorant avec une certaine once de nostalgie les bols de thé qu'elle engloutissait étant enfant, et dans lequel elle aimait à tremper son doigt pour en vérifier la température. La délicieuse fragrence, à la fois sucrée et fruitée du breuvage, faisait monter en elle de bons sentiments, un courage qu'elle ne soupçonnait guère, et lui faisait oublier les quelques appréhensions qui l'entravaient plus tôt. Pressant la couverture dans la paume de ses mains blanches, elle releva la tête, et elle paraissait de nouveau lucide, être sortie de cette transe dévastatrice qui l'avait transformée en un monstre d'émotivité. Peut-être avait-elle sous-estimé la capacité de sa retenue ... Peut-être les larmes étaient-elles destinées à couler, un jour ou l'autre ; peut-être n'est-on pas programmé pour contenir tristesse, joie, humanité, en somme, éternellement ...

Alors, et seulement alors, Kaat releva la tête, vaincue par ses propres émotions, et son regard se noya dans celui de William, qui la dévisageait sans piper mot. Elle espérait avec une curiosité d'enfant que celui-ci lui révélât la signification de ce mot qu'il avait employé précédemment ... "Amour" ? Etait-ce bien cela ? Bien sûr, cet amour dont elle parlait lui était familier, sans pour autant qu'elle se souvienne l'avoir jamais ressenti. Qu'était-elle donc bien capable de ressentir, après tout ? William s'était enfin résigné à lui expliquer ce sentiment qu'il avait appelé "amour", et au fur et à mesure que les mots se succédaient, baignés de bons sentiments, l'alchimiste de glace se torturait quant à leur signification. Elle avait beau fouiller dans les tréfonds obscurs de sa mémoire, elle ne se souvenait pas avoir reçu de l'amour, ressenti de l'amour, ni avoir donné un quelconque amour. Elle n'avait à l'esprit que le désespoir et la fatalité d'un univers où rien ne se donnait, rien ne se recevait, mais tout se perdait. Inexorablement. Elle n'entrevoyait que l'obscurité qui cachait la lumière, une illusion dans un désert de cendres incandescentes, un papillon qui venait virevolter aux abords d'une flamme dansante mais qui, au final, s'y brûlait les ailes. A ses yeux, l'amour n'était rien. Rien de plus qu'une belle promesse tentant de camoufler des chimères ineptes, caressant une utopie lointaine et certainement inatteignable. L'amour rendait faible, l'amour rendait lyrique, l'amour rendait aveugle et sourd. Voilà les idées qu'elle s'était faite durant ces années d'errance, se répétant chaque jour que rien ne devait venir ébranler la montagne qu'elle avait bâtie, rien, et certainement pas l'amour. Mais désormais, ses convictions venaient de s'effondrer. Ainsi donc, ce qu'elle ressentait n'était autre que de l'amour ...

« L'amour ... »
répéta-t-elle pour elle-même, n'osant trop y croire, et, en entendant sa voix prononcer le mot fatidique, elle en eut presque un haut-le-coeur.

Le manque, l'absence, le vide qui entravait tout son être, tout semblait se rapporter à l'amour, et ce infiniment. Plus que jamais, Kaat se sentait terriblement pathétique, démunie face à un bête sentiment qui la prenait par surprise. « Amour : sentiment très intense, attachement englobant la tendresse et l'attirance physique, entre deux personnes. » Mécaniquement, son esprit lui répétait cela, en ajoutant quelque adjectif péjoratif, bien entendu. Cependant, à l'opposé, son coeur se contentait de palpiter davantage. Pour combler le manque qu'elle avait subi durant sa vie entière, elle désirait désormais chanter l'amour, danser l'amour, respirer l'amour. Elle se sentait terriblement humaine en cet instant précis. Mais bien plus loin que cette exaltation qui s'était emparé de tout son être, elle devait également faire face au désenchantement, et à un bouleversement qu'elle ne connaissait pas. Le fait de n'avoir jamais éré réellement aimée de quiconque la troublait plus que toute autre chose, et la faisait se remettre en question sur son être profond. Elle souffrait, et rien n'était en mesure de guérir les blessures qui avaient marqué son coeur de profondes cicatrices. Alors, elle jeta un regard plein de détresse à son interlocuteur, un regard bleu dans lequel brillaient des millions d'étoiles. En un battement de paupières, les étoiles s'extirpèrent lentement de ses yeux et glissèrent le long de ses joues pâles. Brusquement. Ne comprenant absolument pas ce qui lui arrivait, elle porta furtivement une main à ses pommettes, et les sentit humides. Des larmes. Rien de plus que des larmes.

* Je pleure ... ? Pourquoi ... est-ce que je pleure ? *

Tâchant de se reprendre au plus vite, honteuse et profondément embarrassée, elle chassa ses maudites et abjectes larmes d'un revers de la main, et trouva bon d'ajouter, de la voix la plus calme et posée possible :

« Il semble que les larmes soient trop secrétées. Ce n'est rien. Plus exactement, une variation dans les glandes endocrines exerçant une influence sur certaines fonctions, et ... »

Elle s'interrompit subitement. Qu'était-elle donc en train de dire ? Pourquoi se justifiait-elle de verser quelques pauvres larmes, dont elle-même ignorait l'origine ? Comme elle se sentait esclave de sa propre humanité ... Ses sentiments bouillonnaient au plus profond d'elle, cela lui faisait mal. Finalement, son regard, posé sur William, se fit plus intense et plus insistant. Ses lèvres se tordirent en une petite moue dépitée. Dans ses deux grands iris azuréens, des flammes d'espérance dansaient et s'agitaient. Elle ouvrit la bouche, ignorant tout des mots qu'elle était sur le point de prononcer.

« William ... M'apprendrez-vous l'amour ? »

Ce furent les seuls mots qui parvinrent à se glisser entre ses deux lèvres roses, prononcés avec l'innocence et l'ingénuité enfantine qui était la sienne. Les flammes dans ses yeux dansaient cette fois-ci avec bien davantage de frénésie ...

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Kerrigane
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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Sam 27 Fév - 19:56

William n'avait cessé de fixer inexorablement le sol. Cette honte pathétique de croiser le regarde de l'alchimiste ne l'avait pas quitter. Plus que des sentiments honteux, c'était la peur même qui l'empêchait de la regarder droit dans les yeux. Il était terrifie à l'idée que Kaat puisse le geler par la froideur de son cœur... Mais au fond, il savait désespérément que ce n'était pas le cas. Il n'avait jamais vu la militaire dans un tel état d'émotivité. Et elle même non plus, semblait-il. Après tout c'était un être humain. On a beau repousser ses sentiments on ne fait que les enfouir au plus profond de soi. Et lorsque leur poids est trop lourd, tout finit par éclater, tel un volcan explosif dans une tempête de cendres. C'était sans doute ce qui se passait actuellement dans le cœur de Kaat. Un conflit violent entre ce qu'elle avait toujours montré, ce qu'elle avait finit par se convaincre et devenir, et ses sentiments, enfouis depuis si longtemps, qui ne demandaient qu'à s'exprimer afin qu'elle puisse vivre en harmonie avec elle-même. Accepter ses faiblesses est un pas bien difficile mais au combien nécessaire au cheminement d'un être vers le bien-être et l'apaisement... Malheureusement, William ne savait pas ce qu'il devait dire, faire pour réconforter, soutenir l'alchimiste dans une telle passade.

Ce fut lorsqu'elle prononça le mot qui semblait tant lui faire peur, que le jeune médecin redressa la tête et observa l'alchimiste. Il pouvait comprendre que cela devait être déstabilisant, mais il ne savait pas comment réagir. Devait-il la prendre dans ses bras ? N'était-ce pas trop entreprenant ? De centaines, peut être même des milliers de questions se précipitaient dans sa tête et l'assaillaient sans compassion. Il était immobile. Rien n'arrivait à le faire bouger. A le faire parler. Il était comme un spectateur impuissant.
Puis l'alchimiste releva le regard qu'elle planta dans le sien. Ses yeux reflétaient une souffrance indicible, comme si le poids qui la rongé était capable de la détruire. Ce regard rempli le cœur de William d'un désespoir profond. Si lui n'arrivait pas à la sauver, qui le pourrait ?
Alors qu'il était bloqué, pétrifié, il remarqua ces perles d'eau qui couraient le long des joues de la jeune femme... Elle pleurait ! Elle était là devant lui, des larmes coulant lentement de ses yeux magnifiques, et lui n'arrivait pas à bouger, à parler pour la réconforter. Il ne pouvait pas rester impuissant et inactif de la sorte. Il devait faire quelque chose, n'importe quoi. La seule idée qui lui vint à l'esprit fut de la reprendre dans ses bars comme tantôt et de lui dire. Lui dire à quel point il tenait à elle, à quel point il avait mal lorsqu'elle souffrait de la sorte... à quel point il l'aimait.
Mais le temps est insondable et le temps que William se redresse et commence à se relever, l'alchimiste chasser déjà ses larmes d'un revers de la main, comme on balaye quelque chose sans importance. Elle expliqua alors son état par un fait biologique. Comme si la science seule pouvait tout expliquer, comme si c'était une excuse pour se cacher encore, enfouir ses sentiments au plus profond de soi et repartir... L'urgentiste cru alors qu'il l'avait définitivement perdue. Qu'elle s'était à nouveau recroquevillée dans sa carapace de glace, se murant dans un mutisme aussi froid que l'hiver. Cependant l'alchimiste interrompit brusquement son explication scientifique. A bien l'observer elle semblait encore en conflit avec elle-même. Elle finit par relever les yeux vers William. Celui-ci l'observait avec tendresse et quelque chose de plus profond encore. Cette fois-ci le regard de Kaat avait redoublé d'intensité. Comme si elle espérait tout de lui, comme si elle se reposait sur lui...
Et les mots sortirent d'eux-mêmes.

« William ... M'apprendrez-vous l'amour ? »

Le jeune homme fut désarçonné, prit au dépourvu. Cette question évoqua en lui tant de chose qu'il n'arrivait plus à penser. Tout en lui se mêler pour ressembler à une mer déchaînée. Mais, dans cette tempête, un rayon de soleil apparu et amena progressivement le calme en lui ; cette lumière, c'était celle qui dansait dans les yeux de Kaat.
William reprit alors son calme intérieur et un sourire doux, aimant et tellement passionné se dessina sur son visage. Son cœur battait à tout rompre sa poitrine, mais il se sentait si bien. Comme s'il renaissait.
Cette fois-ci il n'hésita pas. Il s'agenouilla lentement près de Kaat. Son sourire
ne le quittant pas, ses yeux s'étant maintenant emplis eux aussi de ces flammes dansantes passionnément. William prit tendrement les mains de l'alchimiste dans les siennes, les caressant comme s'il s'agissait du bien le plus précieux de l'univers et qu'elles pouvaient se briser au moindre geste. Son regard d'ébène plongea dans celui bleu-ciel de la femme qu'il aimait tant. Il l'observa ainsi un moment, puis les mots finirent par sortir d'eux même.

-"Rien au monde, ne me ferais d'avantage plaisir."

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Kaat Hatsu
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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Dim 28 Fév - 16:12

« L'amour est une bataille,
L'amour est une guerre,
L'amour grandit. »
Comme elle se haïssait, comme elle se haïssait ... Créature infâme débordant d'une exécrable humanité, être répugnant et repoussant dont les faiblesses et les petitesses se dressaient en de multiples pics saillants, jaillissant de toute part de cette âme souillée par les sentiments, une âme qui se voulait pure, mais qui n'avait cessé d'être salie par ces émotions dégoulinantes relatives à l'être humain. Comme elle s'en voulait, désormais, comme elle aurait voulu se punir d'avoir cédé à ce coeur qui battait la chamade dans sa poitrine. Tous ses efforts, durant ces longues années de tristesse et d'indifférence, pour cacher ses faiblesses finalement réduits à néant. Voilà que le volcan bouillonnant d'émotivité était entré en éruption, crachant à grande envolée lyrique des pensées pleine de passion, des sensations amoureuses encore inconnues jusque-là. Ce perpétuel combat entre elle et ses sentiments enfouis avait finalement pris fin. Les sentiments l'avaient emporté sur le reste, ce corps inerte avait cessé de lutter, tombant et sombrant dans un océan de tendresse incongrus qui l'avait hapée sans ménagement, lui empêchant de se débattre à jamais. La force n'est pas éternelle, jamais elle ne dure, elle finit un jour ou l'autre par laisser place à la faiblesse, douce en comparaison. Les larmes avaient coulé, des larmes qui depuis toujours se déversaient à grand flot en elle, tout à l'intérieur, là où la douleur la tenaillait plus que nulle part ailleurs. Comment se pardonner un tel débordement ? Comment se le pardonner ? Comment continuer d'avancer tout en sachant qu'elle avait déjà abandonné ? Oui, elle avait abandonné dès l'instant où elle avait posé un pied dans cet appartement, tout était couru d'avance. La destinée l'avait menée ici, lui avait fait prononcer ces maudites paroles sans sens. Oui, c'est cela, ce n'était que la force du destin qui l'avait poussée ainsi à se confier bêtement. Et le destin est bien la seule chose contre laquelle on ne peut lutter. Cependant, elle se trompait lourdement, elle le savait. Elle avait faux sur toute la ligne. Elle se berçait d'illusions dorées pour se conforter dans son amour-propre, pour se rassurer et certainement se consoler. Mais, encore une fois, elle se voilait la face.

C'était elle, seulement elle, qui avait décidé de se rendre ici, d'ouvrir la bouche, de faire la lumière sur ses sentiments. C'était l'appel de son coeur qui l'avait mené dans cet appartement, afin de dissiper tous les sombres doutes qui l'assaillaient. Et, étrangement, tout cela lui faisait un bien qu'elle n'aurait jamais imaginé connaître, une plénitude totale, parfaite, s'était emparée de son être, comme si la peine, la douleur, rien de cela n'avait existé. Ce sentiment qui l'enlaçait, l'amour, lui procurait une douce et tiède chaleur. Elle oubliait alors tout, plus rien n'avait d'importance, si ce n'était cet amour, cet amour démesuré qu'elle portait à cet homme. Qu'il était doux d'aimer et d'être aimé ... Elle découvrait alors, avec une délicieuse surprise, une ribambelle de sensations et de sentiments qu'elle ne connaissait pas. Elle se sentait comme protégée dans un cocon lumineux, à l'intérieur duquel tout semblait briller d'allégresse, et elle était en proie à une tendresse inconnue qui faisait sourire et égayait son être. Elle se sentait bien, tout simplement bien, épargnée des douleurs de l'existence. Elle découvrait la faiblesse sous un jour nouveau, il était d'ailleurs plutôt agréable d'être faible dans ce genre de situation. Sa fatigue, sa lassitude s'étaient envolées, elle se reposait désormais sur les épaules de l'homme qui lui faisait face. Il avait été éreintant de lutter constamment contre elle-même, contre cette part d'ombre qu'elle camouflait sans cesse. Il avait bien fallu admettre qu'elle était un être humain comme les autres, lutter face à ses sentiments était un acte vain destiné à échouer. L'indifférence l'avait bercée pendant si longtemps, en ce jour, elle s'autorisait une renaissance. Elle allait revivre, vivre, exister. Se sentir vivante ... Comme elle aimait se sentir vivante ... Alors, en cet instant, elle eut l'impression que ce mur de glace qui l'avait éloignée du monde extérieur venait de se fissurer. Il était en passe de se briser sous peu, elle le savait et l'espérait de tout son coeur. Oui, dorénavant, elle savourerait chaque moment de cette existence fânée, elle vivrerait en aspirant au bonheur qui l'attendait, pas si loin.

Kaat Hatsu, l'achimiste de glace, ne put éviter de se sentir un tantinet démunie, agréablement embarassée, lorsque William, lui faisant face, entoura ses mains des siennes. Une sensation très douce emplit son coeur, tandis que l'homme la fixait avec une intensité poignante, lui souriant comme jamais il ne l'avait fait. D'abord incrédule, elle se laissa faire, sans comprendre, en battant des paupières comme une enfant prise en faute. Alors, la voix de l'homme la réchauffa. Les mots qu'il prononça se gravèrent dans son esprit, lentement, tendrement, pour rien au monde elle ne souhaitait les oublier.

« Rien au monde ne me ferait plus plaisir. »

Et, ce ne fut qu'à cet instant précis que la jeune femme s'autorisa à sourire, pour la première fois depuis longtemps. Ses deux lèvres roses s'étirèrent timidement, et le sourire, franc, ravi, illumina son visage à l'accoutumé si froid et impassible d'une expression qui la rendait sublime. A quand remontait son dernier vrai sourire ? Elle-même ne parvenait à s'en souvenir. Mais ce sourire, ce sourire-ci, marquait à merveille sa renaissance. La glace s'était embrasée dans des flammes de passion dévastatrices. Elle n'avait plus aucune raison de se cacher, maintenant. De nouveau, les paroles de William résonèrent dans son esprit embué. "Rien ne me ferait plus plaisir." N'était-ce pas la promesse de son amour éternel ? Il allait lui apprendre l'amour, enfin ... L'apprentissage serait fastidieux, elle n'en doutait pas, mais son désir d'humanité lui permettrait enfin de voir la lumière du jour, de s'ouvrir à elle-même, de vivre, non pas dans le plaisir personnel, le plaisir égocentrique, mais le plaisir partagé. Cette idée l'emplit d'une joie étonnante. Dans les yeux de William, elle voyait l'avenir, un avenir qui s'annonçait radieux.

Les larmes coulaient de nouveau le long de ses joues, sans qu'elle puisse les contrôler. Néanmoins, cette fois-ci, ces larmes n'étaient pas de douleur ou d'affliction, mais de joie, des étoiles de bonheur concassé qui brillaient et s'éteignaient sur le parquet glacé de la pièce à vivre. Cette fois, Kaat ne chercha pas à les essuyer furtivement comme la première fois, elle les laissa couler, elle laissa son coeur s'épancher. Et ce sourire comblé ne la quittait pas. Ses deux grands yeux bleus brillaient comme deux saphirs perdus dans un océan irisé. Deux saphirs desquels s'échappaient des milliers et des milliers de minuscules comètes transparentes.

« Ce que vous voyez n'a rien d'un fait biologique. Ce ne sont pas mes larmes. Ce sont les larmes de mon coeur. »

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Sirius Reed
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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Ven 5 Mar - 23:37

A peine eut-il terminé sa phrase, qu'un sourire vint illuminer le visage habituellement si glacial et inexpressif. Elle était radieuse. Et plus son sourire s'agrandissait tendrement plus il l'embellissait, faisant d'elle, aux yeux de William, la plus belle femme qu'il ait vu en ce monde. Cette réaction était si inattendue, si somptueuse, qu'elle coupa le souffle du médecin. Il ne savait plus quoi dire. Ce sourire était le plus beau des trésors. Il n'avait pas envie qu'il quitte son visage. Alors, comme pour l'encourager, il se mit à sourire à son tour. Cette expression sur lui devait avoir moins de grandeur, mais elle reflétait à merveille ce qu'il éprouvait en cet instant. Il était si heureux que l'alchimiste de glace soit enfin heureuse. En cet instant il l'aimait plus que tout.

Et alors que son regard se noyait dans celui de cette magnifique femme, il remarqua les premières perles d'eau qui s'en extirper doucement. Pourtant rien dans son expression ne trahissait la tristesse ou un quelque autre sentiment de ce genre. Contrairement à tout à l'heure, cette fois-ci l'alchimiste ne chercha pas à les effacer, à les repousser. Ces larmes semblaient s'ajouter à son bonheur. Alors, elle lui expliqua.

« Ce que vous voyez n'a rien d'un fait biologique. Ce ne sont pas mes larmes. Ce sont les larmes de mon cœur. »

William fut réellement touché par cette déclaration. La glace qui entourait il y a peu le cœur de cette femme, était entrain de fondre, elle se réchauffait sur des sentiments que l'alchimiste avait trop longtemps enfoui au plus profond d'elle même. La scène a laquelle il assistait était d'une intensité rare.

Alors, ne pouvant se retenir d'avantages, il entoura le corps de Kaat de ses bras, l'étreignant dans une tendresse peu commune. La réchauffant à son tour pour fondre les derniers remparts qui avaient enchainer son cœur, son âme. Il était si heureux pour elle, si elle savait ! Le cœur de William battait à tout rompre, sa poitrine allait exploser. Il caressa tendrement son dos et ses épaules. Maintenant il pouvait lui dire, il n'avait plus peur.
Il prit une profonde inspiration, lente, posée, réfléchit. Puis il se lança, susurrant au creux de son oreille ces mots qu'il retenait depuis si longtemps.

-"Je t'aime, Kaat"

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Kaat Hatsu
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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Dim 4 Avr - 20:47

« Aimer, ce n'est pas regarder l'un l'autre,
C'est regarder ensemble dans la même direction. »
Kaat était tout à fait dépassée par les événements. Elle sentait ses yeux tout humides, elle sentait les milliers de larmes qui s'en extirpaient, des larmes tièdes qui roulaient sur ses joues, caressaient son menton pâle, pour finir leur course quelque part entre les innombrables lattes du parquet bruni. Quelle sensation étrange qu'était celle de pleurer. Cela faisait tellement longtemps qu'elle avait comme rayé ce souvenir de sa mémoire, les larmes étaient devenues pour elle un phénomène mythique qui ne l'atteignait plus guère. Des années interminables de stoïcisme pour finalement en arriver là, en arriver à sangloter bêtement de nouveau. Mais, elle avait beau dénigrer au fond d'elle-même ces larmes abondantes, ces larmes très douces, elle ne pouvait continuer à mentir sur ce qu'elles lui apportaient réellement en cet instant précis. Elle se sentait comme délivrée. En évacuant ses larmes, elle évacuait toute sa rancoeur, toute la glace qui entourait son coeur, elle se permettait enfin à laisser ses émotions prendre le dessus sur sa fierté. La sérénité, le bien-être l'enveloppaient désormais. Son palpitant avait cessé de s'affoler dans sa poitrine, comme attendri, apaisé par l'atmosphère calfeutrée qui règnait au sein de l'appartement. Une orbe d'amour, de tendresse, s'était formée dans ce salon, réunissant les corps de William et de Kaat dans un cocon bouillonnant. Et tandis qu'elle l'observait sans parvenir à prononcer le moindre mot, elle réalisa qu'elle se sentait affreusement embarrassée par la situation présente, malgré son bonheur certain. Elle était en quelque sorte en passe de se dévoiler, de dévoiler ses faiblesses ; son image de femme imperturbable se craquelait un peu plus à chaque seconde, découvrait le véritable visage de la jeune femme, un visage rayonnant, même dans l'affliction la plus profonde, la peur, les doutes qui l'assaillaient. Alors, elle tirait un trait sur tout cela, elle se laissait juste aller, elle profitait de l'instant présent, comme elle n'avait jamais osé le faire. Oui, elle s'était toujours refusé l'accès au bonheur, elle s'était détruite de l'intérieur. Il était temps pour elle de se reconstruire. Elle le savait, elle était en train de changer, elle avait déjà changé sans même s'en rendre compte. Elle ne se posait même plus la question de savoir si cela fut ou non une bonne chose. Elle était heureuse, comblée, profondément ravie. Cela seul importait désormais.

Cependant, le sens réel de l'amour lui échappait encore. L'amour ... Qu'était-ce donc précisément ? Un sentiment ? Un concept idéaliste ? Ou peut-être les deux à la fois ? Elle l'ignorait. L'unique chose dont elle était au courant était que cela lui brûlait le coeur et lui faisait énormément de bien. Et devant cet inconnu terrifiant, elle fermait docilement les yeux, se laissait envahir par une ribambelle d'émotions qui l'emplissait d'une béatitude folle, s'abandonnait à ses sens qu'elle avait oubliés pendant si longtemps. Les odeurs de l'amour, les caresses de l'amour, les douces mélopées de l'amour prenaient possession d'elle, faisaient valser son coeur, lui coupaient toujours un peu plus le souffle. Dans son esprit, un piano jouait une fantaisie effrénée. Chaque note se faisait plus lourde, plus intense, brûlante d'ardeur. Puis, le mouvement s'accélèrait, allait crescendo, et le silence s'ensuivait, mélodieux, tendre, puissant. Etait-ce cela, l'amour ? Etait-ce entendre des concertos, même dans le silence le plus obscur ? Etait-ce sentir son être se consumer, partir en flammes à la seule idée de se trouver en compagnie de l'être cher ? Certainement. Elle connaissait si peu de choses à propos de l'amour qu'elle n'aurait su le dire précisément, mais elle en avait l'étonnante intuition. Certes, elle connaissait l'amour à travers la littérature, la poésie, la musique, mais rien de plus. L'amour imaginaire lui avait toujours paru particulièrement lyrique, trop lyrique, sans doute, et, tout naturellement, elle s'en était éloignée, car cela empestait les bons sentiments à foisons, c'en était, de son avis propre, presque insupportable. Et devant ce refus d'affronter le sujet récurrent, elle avait par la même occasion fui l'humanité, et tout ce qui s'en approchait. Pourtant, tandis qu'elle cogitait, muée dans un silence de verre, elle se souvenait avoir étudié l'amour. Et un poème en particulier lui revint à l'esprit. Chaque mot, chaque souffle lui faisait un peu plus chavirer le coeur.

* Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux. *

Tout en se récitant ces quelques vers, la jeune femme leva les yeux. Son interlocuteur se tenait toujours face à elle, lui serrant les mains avec d'autant plus de ferveur, plongeant intensément ses yeux dans les siens. Les larmes de Kaat avaient finalement cessé de couler, et son infime ébauche de sourire était devenue presque imperceptible, bien que son visage fût toujours voilé d'un bonheur indicible. C'est alors que l'homme qui lui faisait face, dans un élan d'allégresse et d'amour, la prit dans ses bras. Au premier abord, muette de stupéfaction, les paupières et les lèvres frémissantes, elle n'osa réagir, demeurant dans une tendre immobilité. Le corps de William était brûlant contre le sien, elle parvenait même à sentir son coeur cogner comme jamais contre sa poitrine. Brutalement, ses joues se teintèrent de rose. Les effluves délicieusement musquées qu'exhalait ce corps si familier lui parvenaient aux narines, elle était capable de ressentir le moindre frisson qui le traversait, la moindre inspiration. C'était comme si les deux corps ne faisaient plus qu'un, du moins, ce fut l'impression qui lui parvint, telle une évidence. Un souffle lui chatouilla lascivement les tympans ; elle perçut distinctement la voix de William, plus limpide et convaincue que jamais :

« Je t'aime, Kaat. »

Cela laissa l'alchimiste de glace sans voix. Avait-elle réellement entendu ce qu'elle avait cru entendre, en son âme et conscience ? Ces mots qui la répugnaient, et qui, contre toute attente, la faisaient frémir d'une joie contenue ? Non, il était clair qu'elle n'avait pu rêver ces mots. Alors, il en était finalement ainsi. Elle qui, de ses souvenirs, n'avait jamais été aimée, voilà qu'on éprouvait enfin ce sentiment à son égard. Abandonnée de tous, utilisée, répudiée, elle n'avait eu d'autre choix que de se protéger de la souffrance en se fermant à l'humanité, n'aspirant même plus à être heureuse, laissant lassement la vie couler, sans le moindre espoir d'en profiter. Tant de désillusions l'avaient frappée dans sa jeunesse qu'elle ne pensait plus pouvoir connaître un jour l'amour ou le bonheur. Peut-être qu'au fond, elle avait cherché à mourir plutôt que de subir cette infâme vie qui l'épuisait. Mais, au lieu de se laisser dépérir, elle s'était accrochée vainement à ce qui lui restait, une once d'espoir qui parvenait encore à subsister, quelque part sous la glace de son coeur. Elle avait lutté chaque jour un peu plus, bravant la douleur, l'affliction, et cela dans l'unique but de parvenir un jour à se sentir heureuse, à se sentir bien. L'avait-t-on jamais aimée ? Non, personne ne l'avait aimée, on ne l'avait traitée qu'avec une tendre indifférence, jamais avec affection, jamais avec amour, jamais. Elle avait, pendant longtemps, cru que ses efforts à supporter cette existence répugnante étaient vains. Mais, aujourd'hui, elle pouvait se dire avec conviction que le bonheur l'attendait quelque part ici bas, qu'elle avait eu raison de s'accrocher, que mourir n'aurait rien arrangé, puisque le fait était qu'on l'attendait, qu'on la désirait, qu'on avait besoin d'elle désormais. Peut-être cela n'était-il qu'une façade après tout ? Elle aurait eu des milliers de raisons de croire que cet amour pût être factice. Mais elle avait une telle confiance en cet homme, elle posait sur ses épaules tant d'espoirs bafoués qu'elle ne pouvait reculer. Tout ce dont elle avait besoin lui tendait les bras. Elle avait finalement atteint son ciel, son bonheur.

La jeune femme, dans les bras de celui qu'elle aimait, n'osait effectuer le moindre mouvement. Maintenant qu'il lui avait avoué cet amour qu'il cultivait depuis si longtemps, comment était-elle censée réagir ? Elle ne connaissait absolument rien à ces choses là. Elle ne savait pas comment se comporter, comment répondre à ces paroles qu'elle chérissait du plus profond de son coeur. Non, elle devait décidément arrêter de se torturer de la sorte, cesser de réfléchir intempestivement à la moindre action. Ou du moins, si elle avait à réfléchir, elle réfléchirait avec son coeur, spontanément. Ainsi, répondant aux appels de son coeur, elle fit glisser ses mains le long du dos de l'homme, appuya tendrement sa tête contre son épaule, et ferma les yeux. Enfin, après tout ce temps, elle se sentait apaisée ...


« Merci. Merci de m'aimer. Si vous saviez comme je vous en suis reconnaissante ... Si vous saviez combien je vous aime, William ... »

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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   Jeu 22 Juil - 16:40

Après un petit temps, l'achimiste finit par refermer tendrement l'étreinte et à prononcer les mots si importants. A cet instant le coeur de William s'embala fougueusement dans sa poitrine, emportant le jeune médecin dans un tumulte de sentiments. Pour autant, il ne s'était jamais sentit aussi bien de toute sa vie. Il se laissa aller à cette étreinte formidable, laissant ses mains courir avec une tendresse certaine dans le dos de cette femme qu'il aimait tant.
Le temps autour d'eux semblait s'être arrêtait. Mais de toute manière, en cet instant précis, rien d'autre ne comptait. Se laissant allait aux aléas de son coeur, William se recula de quelques centimètres afin de pouvoir la contempler. Son visage était bien plus sublime qu'à l'accoutumé. Comme si les sentiments qu'elle s'autorisait désormais l'embellissait d'avantage. L'urgentiste ne put s'en empêcher, devant la beauté et la grâce de Kaat, il ne put réprimer l'envie de lui caresser avec douceur la joue. Son regard ne lâcher pas celui de l'alchimiste. Il était comme hypnotisé, happé. Il ne pouvait, et ne voulait, pas se défaire de son emprise. Puis lentement il se rapprocha pour finalement déposer tendrement ses lèvres sur les siennes, l'embrassant timidement, comme s'il n'osait prendre les devants, comme s'il lui fallait la permission...

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MessageSujet: Re: Appartement de Will Turner   

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