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 Rues centrales

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Florinda Violet
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MessageSujet: Rues centrales   Mar 7 Juil - 20:50

Dans l'entrepôt central, au sein même du repère des Silver Stars, la voiture à la carrosserie noire qui abritait Florinda, la chef du gang mafieux, et Dimitri, son fidèle subordonné, s'ébranla dans une cacophonie motorisée. A son volant, la jeune femme à la chevelure blonde fixait son regard océan sur les lignes blanches qui la mèneraient à bon port. Son mutisme en était presque glaçant. Ce silence qui les entourait tous deux, ce silence religieux, angoissant, n'était troublé que par le vrombissement intempestif de l'automobile. Ils se rendaient ainsi à Rush Valley, temple des automails. Cette ville mystique se trouvait à quelques heures de la capitale, vers le sud. Le trajet s'annonçait encore long, et ni l'un, ni l'autre ne faisait d'effort pour engager une conversation qui aurait pu s'avérer au combien libératrice. Depuis leur départ, l'ambiance n'en était que plus pesante au fur et à mesure que le temps passait, et pourant, cela ne semblait pas les déranger plus que ça. Dimitri, assis aux côtés de Florinda, s'amusait aisément avec son briquet tant chéri, le faisait tourner avec une agilité étonnante, l'allumait, le faisait de nouveau tourner, et ceci de façon inconvenante. Bien entendu, ce remue-ménage qui se voulait discret provoquait des cliquetis incessants au sein du véhicule, ce qui avait le don de taper profondément sur les nerfs de Florinda. Celle-ci, agacée, arborait un faciès encore plus sombre qu'auparavant. Sans même jeter un regard à son subordonné insupportable, elle tendit lentement une main menaçante vers lui, s'empara de son briquet, et d'une poigne de fer, le broya littéralement.

- "Ça suffit, Hacksaw ! ordonna-t-elle d'une voix rauque. Si tu continues à polluer ainsi l'atmosphère sonore, je te fais passer de l'autre côté du pare-brise. Entendu ?"

A ces paroles, elle lui lança un regard en coin qui le transperça comme une dague. Il était vraiment irrécupérable ... Elle commençait même à regretter de lui avoir demandé de l'accompagner. Ceci étant dit, l'automobile continua son chemin à vive allure vers la ville bénie, et il semblait même que son allure eût alors augmenté. En outre, le silence fut d'or jusqu'à la fin du voyage, tandis que la brise de saison qui s'infiltrait par la vitre entrouverte faisait virevolter quelques boucles blondes, et quelques mèches d'un noir de geai.


~


Rush Valley, enfin, ils y étaient. Après des heures de route, les deux jeunes gens avaient enfin le mérite de se dégourdir les jambes et de ressourcer leur esprit engourdi par le trajet. Ils garèrent le véhicule civil à l'entrée de la ville des automails, pusi rejoignirent à pied les rues centrales, où se réunissaient un bon nombre de mécaniciens chevronnés vantant les qualités de leurs toutes nouvelles trouvailles, généralement des automails dernier cri, tous plus perfectionnés les uns que les autres. Voilà ce que Florinda recherchait. Un automail qui ferait la différence, qui, face aux autres, se dresserait dans toute sa splendeur, et sa technologie de pointe. Bien au-delà d'une simple jambe de remplacement, elle avait besoin d'une arme destructrice. Et là, parmi la foule grégaire, elle se demandait comment elle parviendrait à trouver la trace de son revendeur. Tout autour d'elle, on criait, se bousculait, d'abord poliment, puis avec brusquerie, à coup de coudes, de pieds même. Les hurlements naissaient de part et d'autre. Certains s'étonnaient de la beauté de la marchandise de Rush Valley, d'autres lançaient la réclame à la cantonnade, et certains s'indignaient du prix exhorbitant de tel ou tel bijou d'ingéniosité. Florinda, de part son humeur morose, presque massacrante -elle n'appréciait guère les bains de foule, faisait fuir la plupart des bonnes gens qui daignaient parfois l'accoster. Elle les gratifiait alors d'un regard noir, qui les obligeait instantanément à s'éclipser, la queue entre les jambes. Bien vite, elle s'agitait, s'énervait, pestait contre tout ce qui remuait à ses côtés, et surtout, priait pour se frayer un chemin, tel Moïse à travers la Mer rouge.

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Dimitri Hacksaw
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MessageSujet: Re: Rues centrales   Jeu 9 Juil - 23:43

Dimitri dévisagea son Boss lorsque celle-ci écrasa littéralement le briquet à main nue. Il la regarda, incrédule, s'énerver contre lui. En fait, cela le rassurait, au moins, malgré leur dernière entrevue, elle le considérait toujours comme avant. Il s'accouda sur le rebord de la fenêtre et observa le paysage aride défilé à une vitesse folle. Ses yeux vermeil se perdaient dans le vague. Une cigarette éteinte entre les lèvres, il la faisait gigoter lentement. Ses pensées dérivèrent sur un peu tout. Les $$, son passé, sa soeur. Il ignorait tout d'elle depuis leur séparation. Le mercenaire ne savait même pas si elle était encore en vie ... Cette ignorance l'agaçait énormément. Il était donc incapable de veiller sur sa propre soeur ? Il soupira de nombreuses fois aux idées qu'il se faisait de l'avenir de sa soeur.
Arrivé à Rush Valley, il descendit rapidement de la voiture, respirant les faibles vents de la ville. Une chaleur étouffante écrasait sa poitrine et il eut vite fait d'ôter sa veste de cuir. En plus du soleil, les rues étaient bondées de marchands et de clients. Leur point commun ? Ils avaient quasiment tous un ou plusieurs automails. Dimitri tenta de s'intéresser aux différents modèles que montraient les vendeurs, mais il ne parvenait pas à savoir lequel conviendrait à son Boss. Il était sûr qu'elle choisirait quelque chose d'unique en son genre. La seule chose qu'espérait Dimitri, c'était qu'il n'y ait pas une arme intégrée ...
Pensif, il ne regardait plus devant lui et se heurta soudain à une jeune inconnue. Celle-ci fit tomber le sac qu'elle portait et, rouge de honte, s'empressa de le ramasser. Dimitri, moins confus qu'il n'aurait dû être, se pencha et l'aida à se redresser. C'était une jeune fille banale, le genre qui arbore sans cesse un grand sourire sincère. Celle-là avait les cheveux roux, tombant en flammes sur ses épaules, des légères taches de rousseur égayant ses joues rouges. Elle contemplait, telle une enfant, le $$ qui, gêné, chercha des yeux son Chef. Elle le gratifia d'une courbette.

-"Merci beaucoup Monsieur !"

Sa voix était aigüe. Dimitri agita la main et répondit.

-"Pas la peine d'en faire autant !.."

La jeune fille se redressa et tendit une petite main.

-"Je m'appelle Sagashiteru. Enchantée !"

A ce moment là, Dimitri remarqua avec stupeur que son autre bras était un automail. Il serra de sa grande main celle que Sagashiteru lui tendait et se présenta à son tour, d'une voix plus morne.

-"Moi c'est Dimitri ..."

Et, ne trouvant rien à redire, il trouva de nouveau son Boss énervée et s'excusa auprès de Sagashiteru pour se retirer. En fait, il n'aimait pas ce genre de scène niaise. Il préférait donc y mettre fin rapidement. Pourtant, lorsqu'il se retourna une dernière fois en direction de Sagashiteru, elle était toujours là. Elle avait porté la main à ses joues et le fixait de ses grands yeux bruns.

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Rues centrales   Ven 10 Juil - 12:55

Désormais, la jeune femme s'était trouvée ensevelie par le flot humain, comme happée par un tourbillon qui l'entraînait inlassablement vers les abysses. Une cigarette entre les lèvres, elle semblait plus qu'affligée par la bêtise de ces bêtes touristes, qui s'ébahissaient pour un oui ou pour non devant des articles qui n'avaient pas lieu d'être. Cependant, inconsciemment, elle se surprit à jeter un coup d'oeil aux divers étalages. Tout d'abord, ce furent les automails qui attirèrent son attention. Des petites merveilles en alliage léger et étincelant, qui renvoyait doucement la lumière vive du soleil en cet après-midi où la chaleur était étouffante. Puis, au fur et à mesure qu'elle progressait au milieu de la foule, son regard dériva vers des objets bien moins nécessaires. Des bijoux alignés impeccablement, lustrés à la perfection par des vendeurs qui hurlaient des promotions extravagantes. Devant ledit étalage, une femme à l'allure proprette, chignon monté et robe d'été en lin, suppliait celui qui semblait être son fiancé de lui offrir une bague. Une lourde bague en or surmontée de diamants -certainement du toc. La chef des Silver Stars, face à ce spectacle pathétique, dut réprimer un soupir de dépit. Cette bague n'était que du grossier ouvrage. En revanche, sur l'étalage voisin, elle ne put s'empêcher d'admirer une chaînette en métal massive, à l'extrémité de laquelle pendait un cadenas renforcé. Charmant attirail, bien qu'un peu dénué de raffinement.

- "Je vois dans vos yeux, Madame, que ceci vous plaît, n'est-ce pas ?
Je vous le fais à moitié prix !"

Florinda leva vaguement les yeux, et tomba nez-à-nez avec un homme de faible stature, qui arborait une moustache grise, et la fixait de ses petits yeux d'ambre. Elle n'en demeura que plus blasée, se contentant de lancer un "Pas intéressée !" des plus froids. Elle se fichait bien de la joaillerie, elle n'avait pas fait tout ce chemin pour investir dans des bijoux. C'est donc en maudissant le vendeur d'une voix de gorge que la jeune femme, dont la chevelure d'un blond qui tirait vers le doré flottait voluptueusement derrière elle, dépassa l'étalage maudit, se glissant tel un reptile à travers les masses qui se dressaient sur son chemin. Jetant un bref coup d'oeil vers l'arrière, afin de s'assurer que son subordonné la suivait toujours de façon bien obéissante, elle fut surprise de constater que celui-ci n'était pas à sa suite, comme elle l'avait imaginé. Où avait pu passer cet idiot, encore ? Le regard perçant de la jeune femme balayait la foule, jusqu'à ce qu'elle aperçoive enfin l'intéressé. Celui-ci discutait paisiblement avec une jeune fille à la chevelure de cuivre, qui ressemblait simplement à une bécasse vêtue d'une robe légère et d'un gilet à volants. Triste vision ... Cela eut le don de mettre Florinda dans une humeur d'autant plus massacrante que l'état d'énervement suprême que ce bain de foule lui avait conféré. Voilà que cet empoté traînait, et en outre, uniquement pour discuter avec une petite sotte, qui masquait mal son embarras et son engouement. En effet, le son lui était violemment monté aux joues, et elle souriait naïvement à son interlocuteur. Bien que l'alchimiste n'entendît pas leurs propos divers et variés, elle se les imaginait très bien. Sans doute une conversation à deux sous, la pluie, le beau temps, ... Des paroles banales et sans intérêt. Alors, de là où elle se trouvait, elle hurla d'une voix stridente :

- "HACKSAW ! Cesse donc de lambiner, et ramène ton séant ici immédiatement ! J'ai dit : IM-ME-DIA-TE-MENT !" Elle prit soin de détacher chaque syllabe, ce qui accrut davantage cette impression que l'éruption n'allait pas tarder.

Florinda remarqua alors que Dimitri se précipitait dans sa direction, d'un pas nonchalant, en ayant bien entendu salué auparavant son interlocutrice. La jeune femme l'attendit un instant, les bras croisés, le faciès mauvais, puis écrasa d'un geste las sa cigarette sous sa botte de cuir noir, en s'imaginant que cette cigarette n'était autre que son subalterne. Lorsque celui-ci fut presque à son niveau, elle reprit sa progression de façon pressante, où chaque pas semblait représentatif de sa colère. Enfin, elle jaillit hors de la foule, et tâcha de se repérer. Elle connaissait Rush Valley, elle y allait souvent pour affaire. Mais pourtant, dans cette ville grouillante de monde, elle devait avouer que son sens de l'orientation s'en trouvait parfois corrompu.

Après quelques minutes de recherche visuelle, la chef des Silver Stars trouva enfin le chemin qu'elle s'évertuait à reconnaître. Elle s'y engagea, dans un silence sépulcral, d'une démarche brusque et rapide. Ledit chemin menait aux bas-quartiers, où son revendeur avait établi une petite boutique clandestine destinée à la mafia. On y faisait le meilleur des automails de combat. Florinda était une habituée, et elle ne doutait pas que cette fois-ci, elle parviendrait à dénicher une trouvaille exceptionnelle.


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Dimitri Hacksaw
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MessageSujet: Re: Rues centrales   Sam 12 Sep - 18:33

~Au creux de leur main




Une fois dans la rue, le mafieux fut immédiatement prit dans un flot humain et se démena pour en sortir. Y avait-il tant de personnes ayant besoin d’automail ? Etaient-elles aussi obligées de toutes venir le même jour ? Il était vrai qu’on aurait vraiment cru que toute la population munie d’un membre bionique s’était regroupée aujourd’hui, comme pour un quelconque rassemblement. A vrai dire, il se sentait un peu comme le seul à avoir tous ses membres ... L’homme en noir revint inconsciemment sur le chemin qu’ils avaient emprunté quelques minutes plus tôt. Il passa ainsi devant l’échoppe près de laquelle Florinda s’était attardée. De multiples babioles s’entassaient soigneusement, vendues à des prix plus ou moins appropriés. Il remarqua à son tour le cadenas et la clé qui allait avec. Il s’arrêta pendant de longues minutes à observer sous tous ses angles l’objet de métal. Dimitri trouvait que ce duo argenté reflétait bien sa position vis-à-vis de son Boss. Oui, à son égard, Florinda possédait à part entière le cœur de Dimitri. Peut-être sans le savoir, elle le tenait au creux de sa main. Et, à tout moment, elle pouvait le lui ôter. Ou le lui rendre. Mais cette dernière option n’était pas envisageable pour le $$. Quitter les $ilver $tars revenait à tout quitter. A abandonner sa seule raison de vivre. Sa sœur aussi était sa raison de vivre, non ? Oui, bien sûr, mais dans un sens il avait joué sa vie en pénétrant au sein de cette bande de bandits. Et ils étaient tous recherchés maintenant. Le corps de la femme qu’il avait froidement exécuté en compagnie de Wilhem avait dû être retrouvé. Cependant, cela ne l’empêchait pas d’être à la recherche de sa sœur. Bien souvent, les gens les moins fréquentables étaient aussi ceux qui savaient le plus de choses. Et, en faisant partie du célèbre gang des $$, Dimitri avait devant lui toutes les portes ouvertes. Mais parmi toutes ces entrées, il fallait aussi compter celle de la prison ...


-« S’vous-plaît, votre attirail là, vous l’faites à combien ? »


Le marchand lui désigna du doigt la petite étiquette qui dormait aux côtés de la clé et du cadenas. Dimitri sortit quelques billets tout froissés qu’il écrasa sur l’étalage. Satisfait, le commerçant afficha un large sourire édenté et emballa l’achat. Il tendit la monnaie et le petit sachet à Hacksaw qui s’empressa de le ranger dans sa poche.

Peu après, il fit une halte dans un café mais ne commanda rien. Il allongea ses jambes d’échassiers sous une petite table en bois et attendit. Il ferma les yeux et chercha son briquet et ses cigarettes. Il en passa une entre ses lèvres et l’alluma. Soudain, il entendit des petits pas qui s’arrêtèrent juste à ses côtés. Intrigué, il rouvrit ses paupières et se retrouva nez à nez avec Sagashiteru, toujours le même paquet dans les bras. Un immense sourire se détacha des lèvres roses de la jeune fille et elle le salua poliment.


-« Bonjour Monsieur Dimitri, vous vous souvenez de moi ? Je suis Sagashiteru ! »


Dimitri mima un sourire et l’invita à s’asseoir. Par simple politesse évidement, il n’avait que faire de cette donzelle qui n’était, ni son Boss, ni sa sœur. Elle commanda un verre de limonade que Dimitri se proposa de payer et elle entama la conversation. Hacksaw n’écoutait que d’une oreille et fixait d’un œil morne le visage de la demoiselle. Une fille banale certes, qui aspirait à se marier, à avoir des enfants et rester chez elle. Peut-être que sa frangine avait eu droit à cet avenir. Tout ce qu’il pouvait penser de cette Sagashiteru le ramenait à sa sœur.

Au bout d’un certains temps, dont il n’aurait su dire la durée, elle s’arrêta de parler. Et ce fut à peine si Dimitri s’en aperçut. Mais, apparemment, il en fallait moins pour toucher à sa bonne humeur et elle enchaîna :


-« Dites-moi, je ne vois plus la jeune femme qui était avec vous tout à l’heure, c’est votre petite amie ? »


Le $$ ouvrit des yeux ronds et faillit lâcher son mégot. La jeune fille eut un petit rire gêné et agita la main.


-« Quelle gourde je fais ! Je suis désolée, c’est une question indiscrète ... »


-« Nan vous en faites pas ... C’est rien. C’est juste que .. Ça m’a un peu surpris. Non, ce n’est pas ma ‘petite amie’. C’est ma patronne ... »


Dimitri avait dit cela avec une fatalité affligeante ; comme si elle aurait dû deviner ça. Il était vrai que, dans un sens, cela aurait pu être évident, vu la manière avec laquelle Florinda menait Dimitri à la baguette. Ce fut au tour de Sagashiteru d’être étonnée. Elle renversa son sac, une fois de plus, et s’empressa de le ramasser. Dimitri lâcha son foulard qu’il était en train de tortiller et l’aida. Puis, sans un mot, il se leva et prit congé de la jeune fille qui lui tendit une main chaleureuse, une main encore humaine :


-« J’espère qu’on se reverra un jour, Monsieur Dimitri. Je l’espère sincèrement ... »


Sa voix s’était faite feutrée à la fin de sa phrase. Le $$ lui serra doucement la main et s’éloigna, lui accordant un dernier signe de main. Il devait rejoindre la voiture, comme il était convenu. Cette rencontre l’avait un peu reposé et il se sentait déjà mieux qu’en arrivant. Arrivé au véhicule, il s’étira longuement et attendit, adossé à la portière.


Sur la terrasse, Sagashiteru finit sa limonade en se repassant sans cesse le visage de Dimitri dans sa tête. Son regard tomba sur le foulard qu’il avait oublié et elle le prit, le frictionna longuement avant de le serrer contre elle, au creux de sa main ...

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Rues centrales   Dim 13 Sep - 19:36

Là, au milieu de la foule, une jeune femme maudissait et écrasait le monde de ses lourdes bottes de cuir noir, sa chevelure furieuse s'écrasant en cascade sur son dos frêle. Elle s'agitait, telle une tornade, pleine de rage, de rancoeur, avec un faciès sur lequel se lisait la colère à l'état brut. Elle tournoyait, crachait son venin, ne capitulait pas, allait, venait, ne ployait pas, s'abandonnait à la foule anxieuse ... A grands coups de coudes, la guerrière à la crinière toilé et aux iris bleu nuit éloignait avec brutalité ses opposants, qui laissaient échapper des gémissements torturés, lui donnant ainsi la satisfaction profonde de la victoire. Terrassée, la foule s'ouvrait en deux pour la belle, avec des grognements de soldats blessés dans leur fierté, tentant même de lui arracher au passage sa gabardine claire, ce à quoi elle répondait violemment par des coups de pieds, ou des jurons.

Enfin, Florinda Violet parvint à s'extirper de cette foule houleuse, qui de nouveau s'était rassemblée dans un brouhaha indescriptible. Elle marcha longuement, sans cesse à l'affût, et de loin, crut apercevoir la silhouette de son subordonné, cet émmanché, assit lassement à la terrasse d'un café. D'une allure décidée, elle fila telle une flèche dans la direction supposée. Plus que quelques mètres ne les séparaient, et elle imaginait déjà le plaisir qu'elle prendrait à lui donner une bonne correction. Cependant, elle ralentit, petit à petit sans se mesurer, et s'arrêta net, comme si elle venait de tomber nez-à-nez avec un spectre. Une jeune fille, qu'il lui semblait reconnaître, venait de prendre place aux côtés de Dimitri, engageant gaiement la conversation. De là où elle se tenait, Florinda pouvait la décrire très clairement. Elle avait un visage d'une finesse extrême, couvert d'héphélides. Des petits yeux bruns dans lesquels brillait une lueur enfantine, une bouche pas plus grande qu'un bouton de rose, et un minuscule nez légèrement en trompette. Elle avait gardé des joues roses et rondes d'enfant, sur lesquelles s'éparpillaient quelques mèches de cheveux flamboyantes. L'inconnue était vêtue simplement, comme une demoiselle se devait de l'être, et un détail n'échappa pas à la vision périphérique de la jolie mafieuse. Son bras droit, à défaut d'avoir conservé une peau lisse et blanche, avait été remplacé par un automail, froid et rugueux. De l'ouvrage trop brut à son goût.

Au fur et à mesure qu'elle la détaillait, Florinda crut reconnaître la mijaurée qui discutait avec Dimitri il y avait quelques heures. Celle-ci, gaie et souriante, semblait conter ses aventures rocambolesques au pauvre homme qui n'en écoutait pas un mot, le regard lointain. La jeune blonde ne comprit pas pourquoi, mais elle sentit son sang bouillir à l'intérieur de ses veines. Plus elle les regardait, plus elle s'enflammait, se consumait de rage. Elle ne chercha pas davantage à connaître l'origine de ce sentiment soudain de colère inasouvi, et lorsque Dimitri salua la jeune fille, et lui serra délicatement la main, elle pensa d'abord à le suivre. Mais bien vite, elle se ravisa, un regard noir posé sur la jeune fille.

Celle-ci, désormais seule, caressait d'une manière particulièrement intense un foulard rayé rouge et noir, ses petits yeux rêveurs levés vers le ciel. Florinda serra les dents lorsqu'elle reconnut, dans les mains d'enfant de Sagashiteru, le foulard appartenant à son subordonné. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase ... Elle allait éliminer cette donzelle miséreuse, et ce peu importent les circonstances.

***

Après un certain temps, Sagashiteru se leva de sa chaise, avec des gestes délicats de jeune fille, et passa autour de son cou le foulard tant chéri. Elle jeta un bref coup d'oeil à sa montre, puis de nouveau vers le ciel. Dire qu'elle ne s'était même pas rendue compte que la nuit était tombée, bien trop absorbé par le monsieur de ses pensées. Son visage la hantait encore, le contact de sa main sur la sienne la faisait frémir de passion. Le reverrait-elle un jour ? Elle n'osait trop y croire, mais l'espérait si fort que peut-être cela se réaliserait-il. Empoignant vivement son petit paquet, qu'elle portait tout contre sa poitrine menue, elle quitta la terrasse du café, et s'engagea dans une ruelle afin de rejoindre l'entrée de la ville, où elle s'attendait à dénicher une auberge de qualité.

La ruelle lui paraissait bien trop sombre, et elle ne s'y sentait guère rassurée, mais si elle voulait trouver une chambre rapidement, elle avait tout intérêt à se presser. Quelques gouttes de sueur perlaient sur son front blanc tandis qu'elle accélèrait la marche. Elle percevait toutes sortes de sons étranges, et devait bien admettre être effrayée, mais le plus inquiétant dans tout cela n'était autre que ces pas intempestifs qui résonnaient derrière elle, et se calaient systématiquement à sa démarche. Son sang ne fit qu'un tour ; elle était bel et bien suivie ! Il lui fallait faire quelque chose, fuir au plus vite, échapper à cet individu malsain qui lui voulait du mal ... Elle marcha de plus en plus vite, puis se mit à courir presque. Les pas cliquetaient toujours, avec cette même régularité glaçante, et elle avait comme l'impression d'entendre sonner son propre glas. Telle une furie, elle bifurqua à gauche, espérant ainsi troubler ce malfaiteur. Mais ce que Sagashiteru ignorait était que ce jour-ci, la chance l'avait lésée ...

- « Que ... Que ... NON ! »

Ses deux yeux si petits se transformèrent en deux immenses globes lorsqu'elle se rendit compte qu'elle avait atteri dans une impasse. Toute frissonnante et frémissante, des larmes humides coulèrent le long de ses joues enfantines. Sagashiteru les essuya du revers de la main. Il ne fallait pas qu'elle capitule maintenant, elle avait peut-être encore un moyen de s'en sortir. Mais le bruit agaçant de pas derrière elle se fit entendre dans l'impasse, et automatiquement, elle se retourna.

Elle ne parvint pas tout de suite à distinguer son agresseur, tant l'obscurité était profonde. Pourtant, lorsque les nuages découvrirent la lune pleine et blonde, ses rayons vinrent bercer la jeune femme qui se tenait devant elle, boucles dorées en pagaille, yeux bleus luisant d'une fureur bestiale, faciès courroucé comme elle n'en avait jamais vu. Elle était tant bouleversé par la situation présente qu'elle ne reconnut pas immédiatement la femme qui se trouvait cet après-midi en compagnie du monsieur de ses pensées. Hoquetant de surprise, elle se mit de nouveau à geindre, intimidée et glacée d'effroi.

- « Vous ... La patronne de Monsieur Dimitri ... Que me voulez-vous ... ? » couina-t-elle.

A l'entente de 'Monsieur Dimitri', la mystérieuse femme prit la mouche, s'approcha de Sagashiteru avec une rapidité et une violence inouïes, et lui colla le canon glacé d'un revolver sous la tempe. Sagashiteru percuta le mur brutalement, laissant échapper un cri aigu presque imperceptible, et lâcha le paquet qu'elle avait dans les mains, dont le contenu se répandit sur les dalles glacées de l'impasse.

- « Mais ... Qui êtes-vous à la fin ? Que me voulez-vous ?! »

Sagashiteru paniquait ; elle avait tellement peur qu'elle ne parvenait même plus à verser une larme. Cette femme qui la fixait de son énorme oeil bleu cobalt la terrifiait. Elle aurait aimé, à cet instant précis, être déjà morte. Afin de rendre l'instant moins douloureux, elle ferma les yeux, et tout devint noir. Durant les minutes qui suivirent, rien ne se produisit, puis elle perçut le son sec d'un objet qui percute le sol. Ses paupières se soulevèrent instinctivement, et elle remarqua alors que l'objet en question n'était autre que le revolver, que son assaillante avait lâché brusquement. Celle-ci se tenait bien droite, baignée d'ombre, et Sagashiteru l'assimila indirectement à la Grande Faucheuse, qui venait prendre sa vie.

La Faucheuse lui arracha le foulard de l'homme qu'elle aimait tant, avec un mépris palpable. De nouveau, Sagashiteru s'était remise à sangloter, tandis que, comme elle l'avait pressenti, la femme entourait son cou de cygne de deux mains de fer. Quoi de plus beau, pour quelqu'un possédant un tel cou, qu'une strangulation dans les règles ? Quoi de plus noble, après tout, que la mort par strangulation ?

Florinda tenait désormais la vie de cette fille entre ses mains. Elle sentait son pouls frapper violemment sur sa paume, et ce ne fut qu'alors qu'elle commença à serrer, serrer toujours un peu plus fort, sans pour autant se presser. Serrer avec ce sentiment de puissance jouissif, et elle voyait le visage de la jeune fille se déformer de douleur au fur et à mesure. Elle entendait ses gémissements possédés de mourrante à la porte de l'agonie, tandis que sa poitrine se soulevait dans un mouvement atroce afin de tenter vainement de récupérer un peu d'air. Ses pleurs se faisaient plus intenses, au fur et à mesure que la douleur se multipliait, et se multipliait à l'infini. La mafieuse, quant à elle, semblait au paroxysme du contentement. Le cou de sa victime se raffermissait et perdait de sa vigueur. Bientôt, entre ses mains, elle sentait la délicatesse de ses cartilages qui, doucement, cédaient dans un craquement sourd. Ses phalanges étreignaient le cou de cygne, ses doigts massaient les cartilages et pénétraient le tissu spongieux. Sagashiteru fut prise de quelques convulsions ; sa tête se renversa vers l'arrière, sa bouche ravissante s'entrouvrit, ses yeux désormais immenses avalaient l'infini. Voilà, elle était morte. Florinda dessera son étreinte, et le corps sans vie, flasque comme une marionnette, glissa à même le sol.

- « Nul ne sait combien douce est la vengeance de celui qui a reçu l'injure ... »

La voix malsaine s'était élevée, morne, mais satisfaite. Puis, comme si de rien n'était, l'assassin se frotta les mains l'une contre l'autre, admira une dernière fois son oeuvre, et quitta la scène du crime pour de bon.


Mais il y a une chose que l'assassin ne pouvait pas contrôler. Cette chose n'était autre que la conscience de la victime avant sa mort. Ses pensées avant de rendre l'âme. Et la victime, avant de se voir arracher la vie si violemment, avait eu une dernière pensée pour celui qu'elle chérissait plus que tout. Son visage s'était dessiné nettement devant ses yeux, trait par trait, et si l'on posait un regard attentif sur ce cadavre gisant sur les dalles, on pouvait remarquer qu'il souriait ...

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Dimitri Hacksaw
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MessageSujet: Re: Rues centrales   Mer 16 Sep - 18:16

Le soir tombait. Cela faisait maintenant plusieurs heures que Dimitri attendait, patiemment que son Boss revienne, tel un chien fidèle patientant devant la porte de la chambre de son maître, occupé à une quelconque activité. Oui, tout comme la clé et le cadenas, le chien était une image convenable à approprier au jeune homme. Constance (xD), fidélité et dévouement, trois termes qui se répétaient mais qui sonnaient maintenant dans le crâne du $ilver $tars. Un tas de mégots fumaient encore à ses pieds, à mesure qu’il entamait une nouvelle cigarette. L’air s’était rafraîchi et Dimitri enfila de nouveau sa veste en cuir. Malgré l’heure tardive, quelques badauds finissaient la tournée des bars du coin. Le mafieux, lui, commençait à avoir faim. Depuis son entrée chez les $$, il prenait de moins en moins de temps pour se nourrir. Il croyait être revenu à l’époque où lui et sa sœur étaient réduits en esclavage chez des inconnus qui s’étaient faits passés pour des membres de leur famille. Pourtant, maintenant, c’était quand même un peu différent. En effet, il ne mourrait pas de faim et les taches ménagères s’étaient changées en tueries incessantes. Cependant, le taux de violence n’avait pas baissé. Mais les coups qu’il endurait chez les $ilver $tars, il les voyait comme une preuve qu’on savait qu’il était là. Il s’était forgé une réputation, non ? De boulet et de souffre-douleur, certes mais, au moins, on savait qu’on pouvait compter sur lui. D’ailleurs, n’était-ce pas Florinda qui l’avait envoyé en mission avec Wilhelm ? Ou encore qui lui avait demandé de l’accompagner ici-même ? Oui, Dimitri avait eu droit à une renaissance. Et il comptait bien s’en servir pour retrouver sa sœur. Avait-elle elle aussi eu droit à une seconde chance ? Peut-être. Peut-être pas.

Trop de questions se bousculaient dans son esprit voilé de fatigue. Le silence dont il s’était enveloppé fut brisé par les pas lourds et forts de la femme qui le dirigeait et qu’il servait aveuglément. Florinda était de retour. Et satisfaite en plus de cela. Hacksaw crut que c’était parce qu’elle était en possession d’un nouvel automail ultra-performant. Il ne se doutait pas le moins du monde qu’une autre satisfaction rongeait le cœur de la jeune femme. Un plaisir criminel ...

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Rues centrales   Sam 19 Sep - 23:20

« Who's gonna watch you die ? »

L'odeur de la mort flottait encore comme dans un songe autour de Florinda ; l'empreinte du cou tout en grâce de Sagashiteru s'était ancré dans ses paumes, et le souvenir glaçant de cette même encolure d'oiseau se brisant sous la force de ses phalanges vengeresses la couvrait d'une atroce euphorie. La jeune femme, dont les folles boucles blondes dansaient voluptueusement sous l'effet de la brise nocturne, frappait du pied les dalles de Rush Valley, florissante, un regard d'acier imperturbable dirigé vers l'horizon plein d'étoiles. Les mains glissées dans les poches de son imperméable noir vétuste, elle levait les yeux au ciel et se noyait avec jouissance dans l'infini irisé, qui l'enveloppait comme un voile de satin bleu cobalt. Bifurquant au coin d'une rue, accélérant un pas nonchalant lorsqu'elle se perdait dans l'obscurité de quelques ruelles, elle tenait, au creux de sa poche, tout serré contre sa main blanche, ledit foulard bicolore, qu'elle considérait désormais comme un symbole abstrait d'un sentiment tout aussi abstrait. Elle semblait, ainsi imposante dans la nuit profonde, une reine altière, dont la chevelure d'or qui lui servait de couronne ondulait à la manière d'un serpent. Ses yeux brillaient de cet éclat mystérieux et incompréhensible qu'ont parfois les tueurs après en avoir fini avec une victime trop candide. Un éclat à la fois malsain et bouleversant d'innocence. Et les deux sphères bleutées transperçaient quiconque se présentait face à elles, sans pitié, sans remords, et sans états d'âme. En outre, la petite face courroucée n'avait crainte de rien, ni personne, et paraissait à même d'avaler l'univers tout entier ...

De nouveau, Florinda se mit à songer à la mort de la jeune Sagashiteru. Un destin tragique pour une si ravissante demoiselle qui avait le monde à ses pieds. Voilà que sa vie lui était retirée subitement, sans qu'elle ait réellement eut le temps de s'en apercevoir, et alors qu'elle découvrait tout juste les émois provoqués par ce sentiment pervers qu'était l'amour. Voilà que son existence profonde, dont elle ignorait encore le sens, lui échappait avec une violence sans nom. Toutes les portes qui s'ouvraient se refermaient, et la laissait seule dans un néant inconnu. Désormais seule, elle disait adieu à son mariage parfait, à sa progéniture parfaite, et à son existence parfaite dans une petite maison de campagne, dans l'ombre de chênes centenaires. La fatalité l'encombrait de son lourd fardeau, la faisait ployer, et, vaincue, elle sombrait lentement dans les limbes du désespoir. Elle aurait aimé que l'homme de ses pensées l'ait regardée mourir, l'ait admirée une dernière fois, ait contemplé son visage serein s'éteindre paisiblement, pâlir, et ce sourire à la connotation étrangère se glisser sur ses lèvres encore roses et charnues. Mais au lieu de cela, qui l'avait observée suffoquante, à la porte de l'au-delà ? Une femme odieuse, un monstre d'insensibilité, son assassin. La victime meurt face à un assassin, et cet assassin se doit de se montrer digne de sa victime. Cette femme sublime à la blondeur ingénue s'était-elle montrée digne de Sagashiteru ? Elle n'était plus là pour en témoigner.

L'assassin, lui, meurt face au monde entier. Florinda, après avoir fait subir ce châtiment un nombre de fois incomparable, ne s'agenouillait pas devant le monde, et n'y comptait pas. Sa fierté si souvent lésée l'en empêchait. D'autre part, aucun sentiment de culpabilité quelle qu'elle fût ne s'immisçait dans son esprit déjà bien tourmenté. Déjà, l'image de Sagashiteru s'effaçait petit à petit, si bien qu'elle lui semblait n'avoir jamais réellement existé. Pourtant, l'amertume qu'elle avait suscité chez la blonde revêche ne se dissipait pas. Enrageant, elle revoyait la candide jeune fille, chevelure flamboyante et éphélides tachetant son visage rose, souriant ingénument à l'homme de ses pensées, lui contant son existence monotone avec une immense ferveur, béate et lumineuse. Bien heureusement, cette étrange aura aveuglante qui l'entourait s'était couverte de nuages sombres, et s'était dissipée comme fumée au vent. L'image de Sagashiteru souriante se consumait dans des flammes ardentes ...

Au loin, Florinda distinguait avec difficulté la voiture à la carosserie noire qui se fondait dans l'obscurité de la nuit, et à son bord, assis nonchalamment, son subordonné. Elle, dégageant une sorte de satisfaction constante, s'approchait à pas résolus du véhicule, irradiant de sa superbe plus que jamais. Elle prit place aux côtés de Dimitri, comme dans un songe éveillé, et dans un silence prostré, posa ses deux mains aux doigts longs et fins sur le volant, le regard vitreux, scintillant de façon éphémère comme une poignée de saphirs, se perdant dans les ténèbres. Au premier abord, elle ne prononça pas le moindre mot. Que dire, de toute manière ? Mais la voix caverneuse s'éleva tout de même avec une certaine maladresse :

« Ta frivolité me sidère, Hacksaw. Quand je parcours la ville au peigne fin pour retrouver ta trace, sombre idiot, tu lambines ... »

Elle le gratifia d'un regard noir, plus noir que jamais, plus noir même que l'obscurité qui s'abattait sur Rush Valley. Son ton s'était fait froid, d'une indifférence provocante, comme à l'accoutumé, mais cette fois-ci, on pouvait y déceler une sorte de rancoeur, de mépris. Plongeant une main dans les profondeurs abyssales de ses poches, elle en sortit le fameux foulard, qu'elle avait saisi sans douceur. Ce foulard qui fleurait bon la mort, et le parfum capiteux et floral de Sagashiteru. Avec un faciès de glace, elle le tendit d'une main assurée à Dimitri, sans même lui jeter un regard.

« Il me semble que ce bout de tissu miteux t'appartient. »

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