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 Entrepôt

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Florinda Violet
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MessageSujet: Entrepôt   Ven 28 Mar - 23:47

Ici sont entreposés différentes marchandises, telles que des armes, des explosifs, etc.
L'entrepôt est le plus grand espace du repère. On y trouve même des véhicules garés çà et là. Il mène aussi à une sortie qui se trouve assez éloignée de la cabine téléphonique, cachée par des arbres, et qu'on ne peut distinguer à l'oeil nu.

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MessageSujet: Re: Entrepôt   Ven 25 Avr - 21:43

denzel y déposa les armes de l'armée.

il alla faire le tour du repère.
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Dimitri Hacksaw
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MessageSujet: Re: Entrepôt   Ven 3 Juil - 17:04

Dimitri avait quitté la salle d’armement au moment où son chef était parti, retrouvant dans le couloir Wilhem. Il ne semblait pas avoir bougé mais le mercenaire remarqua qu’il s’était un peu éloigné de la porte, laissant ainsi plus d’intimité à Florinda et Dimitri. Il était en pleine examinations de ses mains sinueuses. Hacksaw l’interpela pour le sortir de son silence. En le remarquant, Wilhem afficha un étrange sourire, presque forcé, avec une pointe d’interrogation dans ses yeux, comme pour lui demander comment cela s’était passé. Les deux hommes se mirent à marcher, Dimitri un peu en arrière de l’autre $$, les mains dans les poches et la cigarette au bec. Il tira une bouffée et en profita pour lui donner une vague réponse ; il n’avait pas vraiment envie d’en parler. Non pas que Wilhem ne fût pas quelqu’un de confiance, quoique il faisait quand même parti des $$, mais l’état dans lequel s’était trouvé Florinda n’était pas coutumier et Hacksaw était certain qu’elle serait embarrassée et indécise, ou tout simplement en colère, qu’un autre individu ne soit au courant.


-« Je crois que je n’ai pas fait d’erreur, cette fois-ci ... » répondit-il en enfonçant de nouveau ses mains dans ses poches.


Cette courte réponse suffit néanmoins à Wilhem pour lui arracher un second sourire. Mais de la part de Dimitri, cela signifiait qu’il s’était comporté comme un homme conscient de la détresse de son chef, et non comme un boulet ne comprenant strictement rien à la situation. Le duo de $$ déboucha dans l’entrepôt où s’entassaient d’autres armes, de la marchandise et des véhicules. Wilhem demanda à Dimitri pourquoi ce dernier était entré ici. Hacksaw, un fier sourire aux lèvres, s’approcha de l’une des sombres voitures et, s’appuyant dessus, il tapota la carrosserie.


-« Le Boss m’a demandé de l’accompagner à Rush Valley pour une visite de révision de son auto-mail ... »


-« Ainsi, tu as réussi à remonter dans son estime. Je t’en félicite Hacksaw, tu mûris plus vite que je ne croyais ... »


Dimitri, interloqué, dévisagea son confrère. Mûrir ? Qui parlait de grandir ? Il avait juste dit et fait ce qu’il fallait. Du moins, la réaction de Florinda le laissait porter à croire. Il se gratta la tête et laissa échapper un faible grognement. Wilhem, lui, ne bronchait pas, toujours droit comme un « i », les bras croisés, époussetant par moment les manches de son costume dispendieux.

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Entrepôt   Mar 7 Juil - 10:41

C'est non sans une certaine fierté que la jeune chef des Silver Stars quitta les dortoirs, abandonnant Feïnne à sa détresse. A sa suite, Rigardes traînait ses lourdes rangers renforcées, le regard un peu vague, dressant néanmoins la tête tel un souverain. Il tenait à bout de bras un long imperméable beige de tissu vétuste, qu'il se hâta de tendre à Florinda, comme si le manteau lui brûlait ardemment les paumes. La jeune femme s'en empara, l'enfila à la volée, tout en prenant soin de faire revenir en arrière sa chevelure d'un blond presque doré. Tous deux marchaient ainsi dans une inconscience silencieuse, et il fut évident qu'à travers leur mutisme commun, chacun comprenait l'autre. Il suffisait d'un regard, d'un sourire, ou d'une absence de sourire, pour que l'un lise en l'autre comme dans un livre ouvert. Florinda, elle, paraissait plutôt sereine, contrairement à l'accoutumé. Elle alignait paisiblement les pas, les yeux fixés devant elle, pareillement à l'approche d'un avenir incertain, mais qu'elle tâcherait de faire s'avérer radieux. Rigardes, au contraire, avait le faciès et l'attitude d'un homme tourmenté. Il se tenait las, presque courbé, marchant de façon quelque peu houleuse. Son visage était morne, ses yeux éteints, ce que la jeune femme remarqua -bien que cela fût flagrant- en quelque coup d'oeil rapide. Elle ne se rappelait pas l'avoir vu ainsi depuis bien longtemps. Face à ce manque de vivacité, elle lui asséna un violent coup de coude dans les côtes, ce à quoi il répondit par un faible grognement.

- "Quelle équipe de bras cassés vous faites ! s'exclama-t-elle, mécontente. Il n'y en a pas un pour rattrapper l'autre. Il va falloir bien vite vous reprendre en main, je n'ai pas l'utilité de légumes dans ton genre ..."

Rigardes ne broncha pas, se contentant de suivre l'allure alerte de son chef. Chaque montée de souvenirs était pour lui un véritable supplice, bien qu'il n'osait exprimer à Florinda, ou à tout autre d'ailleurs, les raisons de sa souffrance. Cette souffrance qui pourtant portait un nom, un unique nom, "Lucia". Il le savait pertinamment, il faiblissait. Mais que pouvait-il y faire, en fin de compte ? Il n'était pas maître de ses émotions, et de surcroît, il les subissait. Bien que désireux de se montrer fort, digne, inébranlable, le seul souvenir de Lucia parvenait à lui faire courber l'échine sans qu'il ne le désirât. Cependant, Florinda avait raison, il fallait qu'il se reprenne quoi qu'il arrive. Il devait laisser ses souvenirs de côté, et redevenir fort de nouveau, car s'il ne le faisait pas, elle le tuerait comme elle avait tué tous les autres avant lui qui s'étaient montrés trop faibles, et qu'elle considérait comme inutiles à sa cause. Et elle le ferait, malgré toute l'affection sourde qu'elle pouvait lui porter.

- "Veuillez m'excuser, Madame ..."

Ses excuses s'étaient élevées comme une plainte, un faible gémissement poussé à l'agonie par un soldat exsangue. Florinda ne s'en formalisa pas, demeurant de glace aux paroles de son subordonné. Elle continua de longer le couloir ; elle apercevait déjà à son extrémité la pâle lueur qui s'échappait de la porte qui menait à l'entrepôt.

- "Pff, mes oreilles restent sourdes aux regrets des faibles d'esprit. Trèves de salamalecs, nous y voilà."

La jeune femme poussa d'une main assurée la porte métallique, qui s'ouvrit en un grincement aigu. Ils se retrouvèrent alors dans l'entrepôt, si peu ordonné que cela en était presque inconvenant. Çà et là s'entassaient des piles de cartons au contenu mystérieux, tous plus imposants les uns que les autres. Et bien entendu, toutes parfaitement alignées, se trouvaient des voitures civiles à la carroserie noire étincelante. Florinda rejoignit Dimitri, qui semblait flâner en compagnie de Wilhem. Hé bien, elle n'avait pas eu tort de leur ordonner de former une équipe ... Désormais, ces deux lurons étaient copains comme cochons. Arrivée à leur niveau, elle fit volte-face, se dressant ainsi, imposante de force, devant Rigardes à qui la situation semblait échapper.

- "Rigardes, j'ai une directive bien précise pour toi, commença-t-elle, glaciale. Aux vues de tes affinités avec Hoang, j'aimerais que tu formes un duo avec elle. J'espère au moins qu'elle parviendra à te secouer un peu."

Le ton fut alors donné pour le sniper. Il n'avait pas la cote en ce moment auprès de la boss, et il se devait de faire monter cette estime qu'il avait jadis. Bien que l'humiliation fut brève, elle n'en fut pas moins impitoyable et déchirante. Rigardes acquiesça vaguement d'un signe de tête, et se retira aussi rapidement qu'une ombre, se sentant à cet instant bien pathétique. D'autre part, d'un regard assassin, la jeune femme signifia à Wilhem que celui-ci pouvait se retirer, ou plutôt devait se retirer. L'homme reptile serra les dents, puis dans une attitude noble, il emboîta le pas au sniper, sans dire un mot, en ayant pris soin de saluer son collègue et ami Dimitri d'un bref signe de la main. Ayant ainsi congédié ces gêneurs, Florinda prit place au volant de l'une des voitures, invitant par la même occasion Dimitri à s'y asseoir. Le dialogue n'avait pas été amorcé entre les deux jeunes gens, et l'atmosphère en était étouffante.

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Dimitri Hacksaw
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MessageSujet: Re: Entrepôt   Mar 7 Juil - 12:31

Les deux hommes s'étaient tûs. Dimitri fumait en silence, la tête quelque peu baissée et Wilhem ne bougeait presque pas. Cela n'était pas étonnant qu'il soit un tireur d'élite; il avait l'allure pour. Dimitri, lui était plutôt dans le genre à foncer dans le tas. Il n'aimait pas vraiment la discrétion, même si sa silhouette longiligne lui permettait de se fondre facilement dans l'ombre. Soudain, la porte s'ouvrit et entrèrent en scène Florinda, suivie de près d'un homme blond qu'Hacksaw n'avait pas encore eu l'occasion de rencontrer. Il semblait accablé par quelconque tourment. Dimitri écrasa sa cigarette et posa ses yeux carmins sur son Boss. Elle éait de nouveau pleine de vie, elle qui, quelques instants plus tôt, faisait peine à voir. Mais cela mit du baume au coeur du mercenaire qui laissa échapper un soupir amusé. Il l'observa congédier avec froideur Le blond, qui répondait en fait au nom de Rigardes et Wilhem. Apparement, Rigardes allait devoir faire équipe avec Feïnne ... Feïnne ? Feïnne. Un frisson glacial lui parcouru la colonne vertébrale. Rien que de penser à cette folle ailée. Il secoua légèrement la tête et salua Wilhem d'un signe de tête. Une fois seul avec Florinda, il monta à sa suite dans l'une des voiture noire. Il fut étonné qu'elle prenne le volant. N'avait-elle donc besoin d'un chauffeur ? En même temps, Dimitri était loin d'être un as du volant. En vérité, il n'avait même pas passer son permis. Lui confier le volant d'une voiture était donc une situation à risques ...
Dans la voiture, un silenc pesant le mettait mal à l'aise. Non pas qu'il attendait quelconque parole de remerciement de son supérieur. Il trouvait juste qu'une remarque glaciale à la Florinda manquait à l'appel. Lorsqu'ils sortirent de l'entrepôt, il ouvrit sa fenêtre et passa son coude. D'un geste las, il desserra le foulard noir orné de reliures rouges qui ceintrait son cou et se mit de nouveau à jouer avec son briquet, à mesure que la voiture s'éloignait de Central city dans un vombrissement lointain ...

Arrow Rush Valley

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Dimitri Hacksaw
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MessageSujet: Re: Entrepôt   Mer 23 Sep - 17:43

« Moth under the skin »





Une voiture noire se profila à l’horizon, dans un nuage de poussière. Dimitri et Florinda étaient de retour de Rush Valley. Là-bas, le mafieux aux cheveux de corbeau avait récupérer son foulard en silence, écrasant machinalement sa dernière cigarette. Florinda prit le volant et le paysage aride défila à une vitesse folle à la vitre. Sur le chemin, Hacksaw alluma une cigarette qu’il fit durer plus longtemps. Ils pénétrèrent dans la capitale au petit matin. Dans l’entrepôt, un calme fantomatique régnait en maître. Le $$ commençait à être fatigué, il n’avait pas dormi du trajet, c’est-à-dire depuis son voyage au pays des automails. Sans compter les mésaventures d’avant qui l’avaient empêché de fermer un œil. En sortant du véhicule, il s’étira longuement, faisant craquer la moindre de ses articulations. Son corps d’échassier se dressait royalement dans la pénombre du hangar. Il avait remis son foulard autour de son cou. A la seconde même où il le passa à sa nuque, un parfum inconnu lui caressa les sens. Fragrance sucrée d’automne. Une impression, n’est-ce pas ? Il avait déjà senti cet arôme. Mais pas moyen de répertorier quand. Puis, en explorant un peu plus loin, il percevait celui de Florinda, sûrement lorsqu’elle l’avait arraché au corps sans vie de Sagashiteru. Mais ça, Dimitri l’ignorait. Oui, l’effluve aussi froide que le cœur du chef des $ilver $tars était bien là, caché dans les plis du foulard. Il n’avait pu s’empêcher cependant de dévisager son Boss, cherchant à savoir quand et où l’avait-elle ramassé ? Mais l’esprit du brigand était trop embrumé par la fatigue pour y voir clair. Aux moindres mouvements de ces membres engourdis, il lui semblait ressentir la désagréable impression que des papillons de nuit volaient sous sa peau. Cette sensation, il l’avait déjà eu, non ? Bah, il était exténué après tout, il avait le droit, lui aussi de se sentir mal.

Il se retourna en direction de Florinda, afin de prendre congé de sa compagnie. Il remarqua pour la première fois la véritable différence de taille entre eux deux. Il faisait bien deux têtes de plus qu’elle, et encore, l’ample chevelure de la jeune femme lui faisait gagner quelques centimètres. Cependant, malgré cette différenciation était semblable à celle de leur caractère. Lui, était un homme simple d’esprit mais aux tendances calmes et posées, toujours vêtu de noir. Elle, hystérique par moment, impulsive jusqu’au bout des doigts et belle dans sa rage, chef dès son plus jeune âge, elle était claire ; sa peau était laiteuse, ses cheveux blonds comme les blés et ses yeux plus bleus qu’un océan dans la tempête. Ils étaient comme le jour et la nuit. Elle, le soleil. Lui, la lune. Et en ce moment, la Lune souhaitait se reposer. Les papillons de nuit sous sa peau le démangeaient ...

Cependant, il fit un dernier effort. Il passa sa grande main sur son jean noir et sentit le petit paquet qui somnolait à l'intérieur. Il le sortit lentement, comme si chacun de ses gestes étaient empreints d'une immense fatigue et il le tendit timidement à son Boss, comme un enfant.

-"Je me suis permis d'acheter ça, à Rush Valley, Madame ..."

Sa voix grave résonnait dans le hangar vide et se perdait finalement dans l'atmosphère sombre et glacial ...

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Entrepôt   Mer 30 Sep - 21:03

« Pour être aimé, soyez discret, La clef des coeurs, c'est le secret. »
Que le voyage du retour fut éprouvant !
La gêne, impitoyable ennemie, s'était glissée pernitieusement entre les deux êtres, les privant ainsi de tout contact, de toute parole quelle qu'elle fût. Et cette gêne avait une origine simplissime : l'assassinat vengeur de Sagashiteru, exécutée froidement par une Florinda n'agissant que par unique dépit. Dépit ou non, elle ne parvenait à être sûre du terme exact, et de toute manière cela importait peu ; ce qui importait, en revanche, était qu'elle fût assez imprudente pour mettre fin aux jours de cette candide jeune fille uniquement dictée par des sentiments haineux, et d'autre part, que son subordonné pût éprouver des sentiments forts pour cette frêle personne. Sentiments purement amicaux, sentiments amoureux, ou quoi que ce fût d'autre, cela provoquait chez la blonde revêche une colère inassouvie dont elle ignorait encore les origines, et elle ne souhaitait d'ailleurs pas les connaître. Qui sait ce qu'elle aurait pu apprendre en fouillant dans ses propres sentiments ... Plus le temps passait, et plus elle trouvait la relation qui l'unissait à son subordonné d'une contradiction folle. Elle aurait pu la résumer à une phrase simple : « Suis-moi, je te fuis ; Fuis-moi, je te suis. » Et cette relation, bien qu'ambiguë au possible, perdurait pourtant assez naturellement. Les deux jeunes gens, bien qu'aux antipôdes l'un de l'autre, semblaient se rassurer mutuellement, se comprendre, s'attirer pour mieux se repousser. Tout en mesurant bien entendu la domination qu'exécutait Florinda sur l'homme, tout comme cet espèce d'éternel rejet, personne n'aurait été capable de savoir si la jeune femme le persécutait, tout simplement, ou si au contraire, ces marques d'agressivité étaient dues à un sentiment plus fort.

Tandis que ces réflexions infâmes transperçaient la jeune femme de toute part, entraient dans son esprit embrumé pour mieux en ressortir, celle-ci ne quittait pas la route des yeux, ruban d'asphalte qui s'enroulait à l'infini et plongeait dans l'horizon. Les phares blancheâtres du véhicule civil à la carosserie noire éclairait le chemin de bitume glacé tapissé de poussière d'étoile d'une pâle clarté. Les rayons de la lune traversaient voluptueusement le pare-brise pour atteindre les deux globes bleus qui brillaient dans les yeux de Florinda. La belle, impassible, le regard rivé vers le lointain, tenait fermement le volant comme par peur qu'il lui échappe. Quelques mèches de cheveux d'une blondeur tissée de fils d'or barraient ce visage aux traits d'une finesse extrême, et ses deux lèvres charnues demeuraient désespérément scellées, comme un cadenas que seule une clef unique pût ouvrir. D'une façon imagée, la jeune femme renfermait une sorte de trésor inatteignable. Parfois, il lui arrivait de lancer quelques regards furtifs à l'homme qui se tenait assis à ses côtés, tout aussi déterminé à s'enfoncer dans un mutisme mystique. Elle revoyait ses deux mains, enserrant le volant, brisant la nuque de Sagashiteru il y avait quelques heures. Sagashiteru ... Ses yeux exhorbités, ses gémissements suraigus, son sourire de madone ... Florinda se consumait de rage intérieurement, tout bouillonnait en elle. Bien qu'elle savait que la demoiselle avait été réduite de ses propres mains à l'état de macchabées, elle ne pouvait se résoudre à ne pas penser à son visage mesquin et ses manières précieuses. Instantanément, sa mâchoire se crispait, et si Dimitri l'avait remarqué, peut-être aurait-il alors compris le pourquoi du comment de cette sombre histoire ...

Après des heures qui semblèrent interminables sur les routes, l'automobile au noir de geai s'introduit enfin dans le repère, dans un silence glacial. La jeune femme s'empressa de s'en extirper ; y rester confinée en compagnie de son subordonné l'insupportait plus que jamais. Se dressant, majestueuse, en plein centre de l'entrepôt, elle en admira les formes si familières, et poussa un long soupir, sans doute de soulagement. Bien que l'idée de fuir, libre et sans contrainte, lui avait été plaisante, retourner dans ce complexe qu'elle connaissait si bien lui donnait l'impression d'avoir un chez-elle. Ce qu'elle avait eu des années durant, avant que son père et sa soeur bien-aimés ne décèdent tragiquement ... Alors, bien vite, la réalité l'avait rattrappée. Les deux sphères bleutées, semblables à deux saphirs, parcoururent le lieu des yeux. Comme il était sombre, comme il était exigu, ce maudit entrepôt ! Les murs de pierre, les gigantesques cartons entassés çà et là, le plafond relativement haut pourtant, ... Elle n'avait jamais réellement affectionné cette réserve de fortune. En outre, il y règnait un froid glacial, et en cette période de l'année, ce n'était pas des plus confortables, il fallait l'avouer. Devant elle, Dimitri se tenait bien droit, lui tournant le dos. Lorsqu'il se retourna, lui faisant alors face, la seule chose dont il écopa fut un regard plus noir que jamais, où se lisait une indifférence profonde et glaciale. La jeune femme passa une main frêle dans son oppulente chevelure blonde, s'attendant à quelques mots de la part de son subordonné, mais la réaction qu'elle attendait -des excuses, sans doute- se matérialisa d'une forme bien étrange.

Le jeune homme plongea sa main immense, aux doigts longs et fins, dans les profondeurs abyssales de la poche de son jean, et en sortit un petit paquet emballé scrupuleusement dans du papier craft d'un brun châtoyant tirant vers le beige. Paquet qu'il s'empressa de tendre à Florinda, d'une main hésitante, de la manière cérémonieuse que l'on emploie pour offrir un présent.

« Je me suis permis d'acheter ça à Rush Valley, Madame ... »

« Ah ? Espérons alors que cela soit utile, que pour une fois, tu te montres utile. » railla-t-elle, venimeuse, en lui arrachant sans douceur le paquet des mains.

Sa stupéfaction avait gravi des sommets. Voilà que son subordonné lui offrait un présent désormais. Que c'était peu habituel, et mal convenu ! Pourtant, bien qu'elle prenait cette attention avec mauvaise humeur et cynisme, comme à son habitude, une pointe de curiosité s'y était mêlée, peut-être même était-elle attendrie par ce geste. Du moins, elle ne le montrait guère. Les traits de son visage paraissaient hermétiques à toutes émotions pout le moment, et sa collaboration ne s'y prêtait pas. Lorsqu'elle déchira le papier craft qui enveloppait ce trésor qui était désormais sien, et qu'elle découvrit les deux objets qui s'y trouvaient, son visage changea du tout au tout. Ses pupilles océan, de surprise, doublèrent de volume. Elle tenait au creux de sa main un petit cadenas et une clef minuscule, tous deux faits de métal, et retenus par une chaîne massive. Elle considéra longuemet l'objet avec perplexité ; il lui semblait mystérieusement familier ... Et là, dans un éclair de luminosité, cela lui revint subitement en mémoire. Elle se souvint de l'étalage, à Rush Valley, où les bijoux avaient attiré son regard, elle se souvint du vendeur, plein de ferveur, qui avait voulu les lui refourguer à prix d'ami ... Puis elle éclata d'un rire bruyant, d'un rire à gorge déployé, de cette voix ravissante qui était la sienne.

« Bon sang, Hacksaw, tu es à mourir de rire ! hoqueta-t-elle en se tenant les côtes. Le ridicule a des limites, et tu les franchis toutes allègrement. Puis-je savoir ... à quoi tout ceci rime-t-il ? »

Son regard dériva de nouveau vers la quincaillerie, et un sourire énigmatique se dessina sur ses lèvres carmins. Elle secoua doucement la tête de gauche à droite, tandis qu'elle passait autour du cou la chaîne où pendait la clef de métal, qui reflétait la pâle lumière du hangar.

« Non ... Ne réponds pas. Je sais ce que cela signifie. »

Et à ces mots, la jeune femme passa de la même manière la chaîne autour du cou de son subordonné, ce sempiternel sourire accroché aux lèvres. Son visage était désormais tout près de celui du jeune homme, et elle plongea ses iris à l'émail azur dans ceux plus sombres de Dimitri.

« "Que je détiens la clef de ton coeur", c'est ça ... ? »

Elle ne put prononcer les fameux mots sans une pointe de malice, et certainement de moquerie. L'attention était peut-être bouleversante, mais elle trouvait la situation terriblement cocasse.

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Dimitri Hacksaw
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MessageSujet: Re: Entrepôt   Sam 3 Oct - 0:19

« On me paye pour tuer. Mais toi, comme tu es mon ami, je te fais cadeau de cet assassinat »




Il n’était pas dans l’habitude de Dimitri de faire des cadeaux. En fait, il n’en avait jamais eu l’occasion. Dans son enfance, le seul présent qu’il pouvait faire à sa sœur était sa simple présence. Le $$ n’était un garçon très attentionné en dons par le passé, et ce n’était pas vraiment maintenant que cela allait s’arranger. Pourtant, le paquet dont Florinda s’était violemment emparé n’était autre que ce qu’on pouvait littéralement appelé, un cadeau. Comme avait pu le constater le Boss des $ilver $tars, c’était un geste bien naïf de la part de son plus fidèle subordonné. Mais en même temps, un geste relativement logique. Car Florinda le savait si bien, que Hacksaw avait un faible pour elle. Qu’elle était la seule à compter à ses yeux. Alors pourquoi ? Pourquoi être jalouse d’une petite fille du peuple au point de lui ôter la vie sans aucun jugement, aussi juste soit-il ? Elle ne demandait qu’à vivre, Sagashiteru. Et Dimitri, dans son esprit si simple et élémentaire, n’aurait jamais pensé, ne serait-ce qu’une seule seconde, pouvoir ressentir quelconque sentiment amoureux pour cette jeune fille rousse et souriante.



Lui, il aimait Florinda Violet. S’en rendait-il compte ? Peut-être. Ou pas. Cela paraissait si manifeste pourtant. Peut-être qu’à force d’essayer de trop réfléchir, Dimitri ne le savait toujours pas. Ou alors, faisait-il semblant de ne rien laisser poindre. Tout cela devenait si dur. Il aurait bien tout envoyé ailleurs. Cependant, Elle était toujours là pour le ramener, le rappeler à l’ordre en lui aboyant quelconques remontrances. Elle, par sa présence si brûlante, lui disait quoi faire. Aller de l’avant, toujours plus loin. Sans oublier ses souvenirs mais en tentant de vivre avec.



La femme qu’il chérissait tant passa ses doigts laiteux dans sa somptueuse chevelure flavescente lorsqu’il se retourna une dernière fois vers elle, pour lui tendre à bout de bras son achat. Elle se mit à rire. Un rire céleste qui, bien que railleur et malicieux, sembla pour l’homme venir du ciel. Après s’être emparée du petit sac, elle resta longtemps à s’esclaffer de l’hardiesse juvénile de son subordonné. Ce comportement grotesque en aurait vexé plus d’un mais pas notre moumou international. Il resta de marbre, ou plutôt une autre matière plus flasque, à la vue de l’état d’harassement dans lequel il se noyait. Les mains légèrement enfoncé dans ses poches, il dévisageait presque son supérieur qui, finalement, comme toute personne normalement constitué, fut touché d’une pointe de compassion et de curiosité. Elle défit l’emballage et son regard lapis-lazuli, pourtant si taquin jusque là, augmenta de volume. Elle considéra le cadenas et la clé avec stupeur, comme s’ils lui rappelaient quelconques souvenirs. Une nouvelle fois, elle fit résonner son rire strident dans la pièce. Qu’est-ce que cela signifiait ? C’était bien clair, n’est-ce pas ? Florinda ne fut pas longue à saisir le sens de cette mise en scène et, contre toute attente, accrocha soigneusement le pendentif autour de sa nuque opaline, avant de répéter ce geste sur le bandit.



Un peu plus tôt, il avait constaté avec intérêt la différence de taille qui existait entre eux deux. Il fut donc obligé de se pencher et elle de se percher sur la pointe de ses bottes en cuir pour pouvoir scellé le fermoir du cadenas. Lorsqu’après maints efforts, leur visage se trouvait à la même hauteur, les sphères d’océan plongèrent dans celles de flammes de Dimitri. Ce dernier ne bronchait toujours pas. Il préférait se taire, ne perdant pas une seule parcelle du visage de la jeune femme qui venait, chacun, se fondre dans son esprit, prenant peu à peu l’ensemble de son champ de vision et de sa mémoire. Lentement, les traits de Florinda se redessinaient dans ce crâne voilé de mélancolie. Imperturbable, car Dimitri savait que jamais, il ne pourrait dire en face à Florinda ce qu’il avait là, caché, tout au fond de lui, et que leur deux âmes graviteraient sans fin, satellites autonomes et tristes, sur l’orbite de la solitude. Et cette simple idée, lui déchira ce qu’il avait là, caché, tout au fond ... de lui ...

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Entrepôt   Dim 4 Oct - 15:31

« Je T'aime ; Moi non plus.»

*Je détiens ... la clef de ton coeur.* songea-t-elle une seconde fois, cette fois-ci, avec un brin plus de sérieux. Toujours face à son subordonné, se noyant dans le tourbillon flamboyant de ses yeux, elle n'osait effectuer l'esquisse d'un mouvement. Son corps semblait comme entravé, pris dans un étau invisible, qui lui enserrait également le coeur. Son sourire s'était mystérieusement effacé ; les lèvres peintes de carmin s'étaient affaissées, et, comme vaincue par quelque chose de beaucoup plus fort qu'elle, sa nuque s'était courbée, son regard se rivant instantanément vers un sol froid et lugubre. Un mutisme glaçant avait enveloppé les deux jeunes gens ; pas un mot ne s'était profilé sur les lèvres de Dimitri suite à la remarque railleuse et pertinente de la femme à la chevelure blonde qui, superbement fière, s'était résolue à l'humilier plutôt que de perdre la face. Lui, en revanche, posait sur elle un regard protecteur, transi d'un amour trop lourd à porter, se languissant de sa présence et de sa chaleur, tandis qu'elle répondait douloureusement par une tendre indifférence, certes emplie d'une affection modérée, mais qui demeurait froide et distante. Elle avait construit le mur, et l'avait dressé entre leurs deux corps et leurs deux âmes lésées, qui désormais n'étaient destinées qu'à errer inlassablement dans l'espoir de se trouver encore. Ces âmes se cherchaient, plongées dans un désespoir qui les transperçaient ; peut-être au fond formaient-elles un tout, et que de cet amour homogène mais inconditionnel naîtrait un bonheur qui ne connaîtrait aucune faille, ni limite. Bien sûr, l'un et l'autre savaient à quoi s'attendre, et cela leur faisait peur. Lui n'oserait jamais ; quant à elle, elle ne s'en rendait pas encore compte. Sa conscience embrumait ses idées et ses certitudes. Pourtant, plus elle le regardait, tâchant de demeurer aussi flegmatique que possible, plus son estime pour lui dépassait des sommets. Alors, elle le trouva beau, bouleversant de cette beauté pleine de douleur, ce regard baigné de souffrance, et ces lèvres pincées. Même sa chevelure, qui avait repris ses apparences d'antan, semblait un feu ardent d'un brun châtoyant, qui répandait ses étincelles de part et d'autre de son visage calme comme un océan sans vent. Et en posant de nouveau les yeux sur le cadenas massif qui étincelait docilement, un demi-sourire illumina de nouveau son faciès si sombre.

Dimitri n'avait toujours prononcé mot ; Florinda se joignait à son silence. Mais il était inutile, de toute manière, qu'ils parlassent de quoi que ce fût, car leur discussion se faisait uniquement par le regard. Les mots étaient pernicieux, le langage du regard se substituait aux mots avec tellement plus de grâce et de volupté. Et bien que celui-ci n'eût dit ni avoué, Florinda sut alors ce qu'il ressentait. Elle le savait certainement déjà depuis bien longtemps, elle se jouait même desdits sentiments, mais l'ampleur que les émotions de son subordonné prenaient avec le temps la laissait grandement chamboulée. Soit, il l'aimait. Soit, il l'adulait. Mais elle, devant ces effusions silencieuses d'amour et d'affection, qu'était-elle censée faire exactement ? Elle ne pouvait se résoudre à y répondre, cela aurait été contre-nature. D'autre part, elle ne parvenait pas encore à discerner la réelle nature des sentiments qu'elle opposait à ceux de Dimitri, si forts et si conséquents. Elle ne pouvait non plus se résoudre à ignorer simplement le jeune homme. Certes, elle était cruelle, mais la cruauté avait des limites. Renforcer sa souffrance déjà exacerbée n'était point la solution. Alors, la jeune femme se contentait de lui répondre par quelques démonstrations d'affection maladroites, comme par exemple, l'assassinat de Sagashiteru, preuve irréfutable d'une jalousie certaine à l'égard de la frêle demoiselle. Par ailleurs, la blonde au tempérament explosif n'avait jamais été douée quant aux démonstrations d'affection. L'amour ne lui seyait guère, elle s'en rendait compte de jour en jour, et d'autant plus lorsqu'elle revenait sur sa relation houleuse avec Guts Cryps. Elle avait beau fouillé dans sa mémoire, jamais elle n'avait enlacé son père, qu'elle portait pourtant dans son coeur. Jamais elle n'avait dit à sa soeur Iris, son modèle, l'amour réel de sa vie, tout ce qu'elle ressentait pour elle, tout ce que lui inspirait sa personne aux dehors si exceptionnels. Toujours, elle avait agi et réagi avec frigidité, si bien que certains s'étaient demandés si elle avait jamais eu un coeur. Elle avait parfois fait acte de générosité envers certains, comme par exemple cet homme à la chevelure blonde tirant vers le brun, Rigardes, mais ce fut à chaque fois pour mieux les utiliser et les rallier à sa cause. Une conclusion se présenta alors à elle : elle était un monstre. Avait-elle jamais fait preuve d'humanité ? Avait-elle jamais eu quelque état d'âme ? Pas de son souvenir. Elle se demanda alors, pleine de désillusions, pourquoi l'homme qui lui faisait face l'appréciait-il autant ...

Un souffle, un soupir de sa part fendit le silence ...
Son esquisse de sourire, ses lèvres se transformant l'espace d'un instant en croissant de lune doré, venait de s'envoler aussi vite qu'il était apparu. Elle recula brusquement de quelques pas, peut-être deux ou trois, elle ne s'en rendait plus vraiment compte. De nouveau, son visage se leva tranquillement vers son subordonné. La clef qui pendait gracieusement à son cou recevait les palpitations frustrées de son coeur à l'agonie. Son faciès si noir barrait de nouveau ses traits d'une extrême finesse. Elle était admirable, dans toute la noirceur de son âme, belle, même dans l'incertitude. De ses affres, de ses souffrances, de ses doutes, le destin se riait encore et encore. Tant pis, elle n'était pas faite pour aimer, qui oserait lui faire ce reproche ? Florinda Violet n'avait pas vu le jour pour donner la vie, mais pour l'enlever. Ainsi son sort s'était-il défini au fur et à mesure des années, en partie à cause de son illustre géniteur. Une pointe d'amertune se glissa dès lors dans le souvenir qu'elle avait de Sylvain Violet. Un homme sans doute aussi dur qu'elle, qui savait pertinemment le futur qu'il réservait à sa descendance. Une ordure, en somme. Mais une ordure dont la noblesse d'âme n'était pas qu'une illusion. Peut-être qu'un jour, la jeune chef des Silver Stars en aurait assez de voir mourir son monde. Peut-être qu'un jour, elle passerait le flambeau, afin de se retirer dans l'ombre, vers une paix qui lui avait toujours glissé entre les doigts.
Dans le doute, Florinda surprit le regard plein de douleur du jeune homme qui lui faisait face. Durant ces longues minutes de mutisme souffreteux, elle avait glissé une cigarette entre les deux pétales qui lui servaient de lèvres. Voluptueusement, la fumée s'enroulait jusqu'au plafond de l'entrepôt, tandis que l'étincelle rougeoyante qui s'était formée à l'extrémité de la cigarette éclairait docilement son visage torturé. Pleine de sang-froid, elle semblait avoir retrouvé son attitude initiale. Bien droite dans l'obscurité, elle redevenait impassible, glaciale, son regard perçant le pauvre homme qui ne la lâchait désormais plus des yeux.

« Pff. Ta sensiblerie transcendante me dépasse. Il me semble d'ailleurs t'avoir déjà fait le remarque il n'y a pas si longtemps ... Veille à ce que cela ne se reproduise pas trop souvent, que je ne sois pas obligée de te rappeler à l'ordre à chaque fois que tu t'écartes du droit chemin. C'est la pègre ici, bon sang, pas la crèche ! »

Les paroles si sévères de la jeune femme résonnèrent dans tout le hangar. Au-dessus d'eux se trouvait un vide de plusieurs mètres propice à l'écho. L'écho ... En y réfléchissant, cette situation était également un écho. Une situation destinée à se répéter à l'infini, sans limites. Et toujours la même réaction des deux jeunes gens : silence, émotion, colère ... Sempiternellement ...

« Mais soit. J'accepte ton présent, comme un gage de loyauté à ton Boss. Tiens le toi pour dit, Hacksaw. »

Un gage de loyauté, avait dit Florinda. Bien qu'au fond, elle le savait un gage d'amour. Mais l'amour n'avait plus de place dans sa vie, et elle avait beau faire souffrir un homme jusqu'à l'agonie, elle ne parvenait pas à s'éloigner de ses positions. Alors, pour montrer à Dimitri qu'elle savait, pour lui montrer que cela ne la laissait pas indifférente, elle fit appel au langage du regard. Le temps sembla alors s'arrêter, lorsqu'elle plongea le saphir de ses pupilles dans les yeux de cuivre de l'homme. Elle s'y noya presque ; dans son regard de glace brillait une lueur presqu'imperceptible : une lueur de nostalgie, une lueur de tendresse. On pouvait l'interprêter de mille et une manières différentes, mais Florinda savait qu'il comprendrait le sens caché de ce regard. Elle en était même convaincue. Alors, elle se mit en marche, comme aveuglée. Lorsque les deux corps se frôlèrent, elle sentit sa chaleur, son odeur, et cela la rassura. Mais lorsqu'elle le dépassa, son coeur s'arrêta presque, et au moment de passer la porte du hangar, elle prononça un unique mot, un mot sourd, soufflé d'une voix si basse qu'il aurait été difficile de l'entendre :

« Pardon ... »

Sa cigarette s'écrasa contre le sol. Sa lumière s'éteint avec violence. Florinda avait dès lors plongé dans les profondeurs abyssales du couloir, abandonnant Dimitri seul avec cet amour qu'il lui était impossible d'assouvir ...

Suis-moi, je te fuis.
...
Fuis-moi, je te suis.
...

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MessageSujet: Re: Entrepôt   Mer 7 Oct - 20:22

Apprend-moi à aimer ... Pourquoi ?



Regarde ... Regarde bien ses yeux ... Ils sont magnifiques, n’est-ce pas ? Tu n’arrives même pas à les décrire tellement ils t’hypnotisent.

Oui. Dimitri ne trouvait plus les mots. Depuis longtemps. Depuis trop longtemps, il ne savait plus quoi dire. Les lèvres scellées, il se contentait de se fondre entièrement dans le regard de cette femme.


Madame ... Quoi ? J’voudrais vous dire quelque chose ... Pas maintenant, Hacksaw ! Cesse donc de lambiner !

Boss ... Oui ? Bah, en fait, je ... Mais fais un peu attention ! Regarde ce travail ! C’est du n’importe quoi ! Ote tes pieds d’là, tu gênes ! T’es vraiment un incapable !


Voilà ce à quoi se résumaient leurs rares conversations. Etaient-ils donc condamnés à rester ainsi ? Si proche l’un de l’autre physiquement mais si éloignés psychologiquement. Deux satellites autonomes, c’est bien ça ? Mais il n’en voulait pas lui, de ce rôle de satellite ?! Quand est-ce qu’ils allaient enfin se retrouver ? Où ça ? Sur la Lune, par exemple. Mais l’astre est bien loin pour le moment. Et les vaisseaux n'étaient pas prêt de prendre leur envol. Ils étaient cloués au sol. Enchaînés sur la Terre, sphère de vie monstrueuse, tournant sur elle-même, comme si cela eût réglé quelconque problème. Mais leur problème ? Non ... qu’allaient-ils croire. Car Dimitri savait que Florinda souffrait presque autant que lui. ‘Presque’ car sa propre douleur était si insupportable, que personne hormis lui n’aurait pu vivre avec. Depuis son enfance, on le séparait des gens qu’il aimait. Qu’il essayait d’aimer. Et là, il avait appris, il avait grandi. Il savait aimer, maintenant, sauf que la personne à qui il avait offert ce qui lui restait de cœur, refusait de voir les choses en face, de peur de quoi ? Aucune idée. Peut-être que Florinda ne savait pas aimer, elle non plus. Dimitri n’était pas doué au point de le lui enseigner, mais il pouvait au moins lui montrer comment faire. Et ça, il le répétait sans cesse, enchaînant les erreurs, se relevant du mieux qu’il pouvait. Un chemin tortueux qui lui professait la vie, ses hauts et ses bas. Tout cela se résumait à la présence d’une seule personne : Florinda Violet, fille de Sylvain Violet, chef du gang des $ilver $tars. Mais Hacksaw, il s’en moquait de savoir qui était son père, quel était son rôle dans ce monde minable. Tout ce qu’il voyait, c’était qu’elle était Florinda. Qu’elle était belle. Qu’elle était forte. Qu’elle ne savait pas aimé les hommes. Pourquoi ? Trop de questions pour Dimitri. Trop de refus, trop de regards silencieux, trop de caresses imaginaires, trop de tout, trop de rien.


Ah. Ce cri, tu as mal Dimitri ? Je crois ... Je ne sais pas ... Je ne sais rien ... Tu n’as jamais su grand-chose Hacksaw, relève-toi, imbécile !

Boss, est-ce que vous m’aimez ? Pardon ? Je ne comprends pas. Moi non plus. Arrête tes âneries Hacksaw et avance !


La jeune femme avait perdu quelques instants son sourire facétieux. Une fois de plus des regards. Pitié, arrêtez de me regarder ! Vous êtes si belle ... Elle se recula, inspectant le pendentif qu’elle avait accroché au cou de l’homme. Celui-ci passa ses doigts squelettiques sur le métal encore réchauffé par la chaleur d’une main. De Sa main. Florinda exécuta encore quelques pas en arrière, plus brusques et l’air qu’il lui connaissait si bien s’empara de son visage angélique. Voilà, ils étaient repartis. Pendant quelques secondes, les satellites avaient cru se rencontrer, mais l’espace les avait de nouveau séparés. La trajectoire qu’ils devaient accomplir avait repris son droit.


Et de nouveau ses paroles froides, glaçantes qui lui transpercèrent l’estomac, les poumons, le cœur. Elles sonnaient pourtant comme un signe divin. Dieu fait-il du mal ? Non, alors pourquoi elle ? Elle le sermonna et finalement, accepta une bonne fois pour tout son présent. Le $$ hocha faiblement de la tête, ce qui semblait être un quart de moitié de sourire trancha son visage. Elle passa près de lui. Effleurement. Encore ? Non ... L’homme noir redressa la tête, contemplant une fois de plus, une fois de trop, la silhouette de la femme qui se noyait dans l’ombre. Une fois sur le seuil de la porte, il entendit difficilement un mot de plus, un mot de trop.


« Pardon ... » Pourquoi ? Moi ? Tu me demandes pardon ? Je ne comprends pas ... Je ne comprends rien.


Les mains de Dimitri se portèrent à son cou, là où le foulard reposait. Et alors, il comprit. L’odeur qu’il n’arrivait pas à discerner était celle de la Mort. La Mort ? De qui ? ... Cette fille, Sagashiteru, n’était-ce pas après sa rencontre avec elle qu’il avait perdu son foulard ?


Ce qui voulait dire que ... Florinda, Elle, avait ... Non, il refusait d’y croire. Pourtant, plus elle s’éloignait, plus cela semblait devenir clair à ses yeux. Pourquoi ? Une chose pareille ? Pourquoi avait-elle agi ainsi ? Par colère ? Jalousie ? Pour lui ?


Ah ...


Florinda ne savait vraiment pas comment faire pour aimer ... L'heure passait, lentement, mais elle était de plus en plus tardive. Dimitri ne tenait plus debout. Ses longues jambes d'échassiers s'affaiscaient sous son poids et, dans un dernier effort, il quitta l'entrepôt maintenant vide, se rendant avec grand peine dans les dortoirs ...

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