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 Bureau de la Boss

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Sam 13 Sep - 22:49

à vos ordres maman

dit-il en souriant.

il se mit en mode invisible et alla voir ce qui se passe ...
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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Jeu 12 Fév - 21:58

La jeune femme s'était négligemment installée à son bureau et s'étirait longuement. Elle n'avait plus le coeur à rédiger des rapports pour le moment, tout en sachant que des ennemis rôdaient aux alentours du repère. Son ennui atteignait des sommets, elle décida donc de jeter un coup d'oeil aux anciens rapports rédigés de la main de son père défunt. Les pages étaient jaunies, fragiles, et toutes remplies d'une écriture droite et soignée. Ici on parlait de l'ouverture d'un casino tenu par la mafia, de meurtres, d'extorsions de fonds, et on y trouvait même une liste d'opposants à éliminer. Ces vieux documents avaient perdu toute crédibilité après la mort de Sylvain Violet, mais gardaient une valeur sentimentale certaine aux yeux de sa fille.
Un craquement attira l'attention de Florinda. Revolver en main, elle se retourna vivement, à l'affût de la moindre intrusion. Là, assis devant elle, Denzel lui souriait, innocent, tandis que la Boss réprimait un soupir.
- "Je vous ai effrayée, Maman ?"
- "On s'en fout ... Dis-moi. Dis-moi ce que tu as vu là-haut", lui ordonna-t-elle d'un ton ferme, en rangeant son arme.
Le petit homonculus hocha de la tête, et son sourire s'effaça.
- "Il y avait ces deux personnes ... Ils avaient ce signe, indiqua-t-il en désignant du doigt le tatouage de l'ourouboros qui ornait son front. Je crois qu'ils cherchaient quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Et avant de partir, l'un d'eux a dit cette phrase ... Je ne me souviens plus ... Quelque chose comme : "Nous allons nous adresser aux personnes concernées" ... Qu'est-ce que ça veut dire, Maman ?"
Florinda avait écouté son discours tout en restant calme, les yeux à demi-clos. Ces intrus étaient des homonculus, et ceux-ci, d'après Denzel, allaient très certainement tenter de s'introduire dans le repère, à la recherche de quelqu'un. Cela ne présageait rien de bon.
- "Ca veut dire qu'il va falloir rester vigilant, Bob."
A ces mots, elle se leva, et passant près de l'homonculus, elle lui ébourriffa amicalement les cheveux. Denzel en fut ravi. C'était le premier geste témoignant de l'affection de sa mère à son égard. Mais à peine ce doux moment terminé, il entendit la porte du bureau se refermer derrière lui ...

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Sam 14 Mar - 21:15

denzel était hors de la piece et se dirigea vers..........euuh bah il se dirige vers un endroit du repère XD il remit son bandeau sur le front qui lui serre à cacher son tatouage....
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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Sam 16 Mai - 21:23

La porte du bureau s'ouvrit à la volée, découvrant le faciès neutre de Florinda Violet, qui tentait de camoufler son affliction tant bien que mal. Celle-ci s'assit face à son bureau, dans un silence presque religieux. Un bref râclement de gorge se fit entendre, alors que la jeune femme allumait une nouvelle cigarette, bien que son cendrier débordât déjà. Wilhem l'avait suivie tel une ombre, se glissant perfidement à la manière d'un serpent, et il en avait d'ailleurs un peu l'apparence. Le cou, recouvert de squames, supportait une petite tête au menton pointu, au nez anguleux, et aux joues creusées. Le crâne formait un ovale parfait, où se dressaient quelques cheveux bruns et ras. Quant à son corps, il était très fin, voire même maigre, et semblait tout à fait inconsistant, car la peau paraissait lâche, souple, au niveau des côtes. Bien heureusement, pour cacher cette physionomie repoussante de reptile, l'homme, dont le regard vide de toute émotion glaçait le sang, avait revêtu un costume des plus élégants, qui avait certainement dû coûter une belle fortune. Cet accoutrement chic jurait avec son allure peu soignée, et lui donnait l'air peu conventionnel. Ainsi, Wilhem affichait clairement son aisance financière, car celui-ci provenait d'une famille de la haute noblesse d'Amestris, qui avait mal tourné ces dernières années. Il était considéré comme le mouton noir du troupeau, ayant plongé dans la décadence depuis son plus jeune âge. Il avait donc rejoint les Silver Stars en quête de repères, et avant tout à cause de sa passion enflammée pour les armes à feu, dont il était le plus fervent connaisseur au sein du gang. Il n'y avait aucune mécanique qu'il ignorât. Rien ne lui échappait, et dans ce domaine, il demeurait sans égal.
Wilhem prit donc place face à son chef, à qui il vouait une réelle et vive admiration. Florinda, quant à elle, regardait tour à tour les trois jeunes gens, puis esquissa un sourire tout en tirant sur sa cigarette, dont les effluves envahissaient la pièce. S'emparant d'un dossier dans l'un des nombreux tiroirs de son bureau, elle le jeta au nez de Wilhem et Dimitri, et croisa ses bras derrière sa tête.



- "Cette femme, c'est Sophie Eschenbach, la directrice d'une banque locale, auparavant complice de nos actions de blanchiment, expliqua-t-elle, l'air grave. Le problème est que depuis quelques temps, elle refuse tout simplement de nous fournir ses services. Nous l'avons menacée moult fois, mais ma patience a des limites ... Elle continua, les paupières mi-closes : Je vous charge donc tous les deux de la faire disparaître dans la plus grande discrétion. Oh, encore une chose ... Elle désigna d'un doigt gracile l'homme sur la photo. Eschenbach a employé cet homme comme garde du corps. Un professionnel dans le métier. Enfin, je me doute que vous n'aurez aucun mal à le défaire."

Florinda replaça une mèche blonde rebelle derrière son oreille, puis aspira profondément une bouffée de cigarette. Elle considéra Wilhem et Dimitri avec la plus grande attention, et leur demanda d'une voix calme :

- "Des objections ?"

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Dimitri Hacksaw
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Dim 17 Mai - 20:15

Hacksaw avait lui aussi suivit son Boss, quoique beaucoup moins discrètement puisque ses pieds chaussés de rangers noirs renforcées avec des plaques de métal résonnaient dans les couloirs. Il jetait par à-coup des regards méprisants à Denzel lorsqu'ils pénétrèrent dans le bureau. Ce fut évidement Dimitri qui se prit le dossier dans la figure. Wilhelm avait pris le soin de l'esquiver gracilement. Le $$ laissa tomber le dossier sur la table dans un grognement et écouta en silence les explications de la Boss. La mission paraissait bien simple et Dimitri se ferait une joie de l'exécuter. Mais un détail attira son attention.

-"Hmm ... Il n'y a qu'une mission et nous sommes deux, enfin trois, se reprit-il en désignant Denzel. On a vraiment besoin d'être autant pour cette exécution ?"

En fait, il n'avait aucune envie de faire équipe, surtout avec ce gamin d'homonculus. Quand à l'autre homme, il n'arrivait pas à le cerner, ce serpent.

Le chien et le serpent ~

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Ven 29 Mai - 22:29

Wilhem avait écouté les directives de son chef dans le plus grand recueillement, ses yeux noirs traînant dans le vague, triturant intempestivement sa cravate de ses longs doigts décharnés. Comme à l'accoutumé, il se murait dans son mutisme. En effet, l'homme aux allures de reptile n'avait pas pour habitude de s'étendre sur des flots de paroles, bien au contraire. Il se contentait de dire le nécessaire, si ce n'était moins. Cette fois-ci, il marmonna un "Non, tout est clair" de sa voix gutturale, tout en regardant le sol, l'air gêné. Cette mission lui paraissait à première vue tout à fait honorable. Il reconnaissait volontiers ses capacités, qui n'étaient pas moindres, mais ignorait celles de son compagnon d'armes, ce cher Dimitri Hacksaw. Les bruits qui couraient à son sujet au sein du repère ne lui paraissaient guère mélioratifs. On disait de lui qu'il était empoté, peu réfléchi, et on se demandait aussi pourquoi le chef le gardait. Pourtant, le Dimitri Hacksaw que Wilhem découvrait en ce moment-même ne lui paraissait pas si idiot. L'homme reptile dévisageait d'ailleurs celui-ci du coin de l'oeil, d'un regard inquiétant au possible.

Florinda, quant à elle, écouta avec une attention toute suggestive la question de son subordonné. Tirant sur sa cigarette en un geste gracieux, elle souffla la fumée au nez d'Hacksaw, qui s'éleva en spirale au-dessus de lui, se mêlant à l'air en une danse effreinée. Puis, la jeune femme lâcha un ricannement narquois. Il en avait, de ces questions, cet Hacksaw ... Son regard bleu cobalt se posa sur le petit Denzel, qui patientait sagement assis sur sa chaise, l'air tout frêle aux côtés des deux autres hommes.

- "Bien sûr que non, Hacksaw. Je réserve au gamin une mission bien plus périlleuse. Ses capacités sont nettement supérieures aux vôtres, entendez-le."

Un homonculus quel qu'il fût surpassait de loin un humain, même si celui-ci se montrait capable des meilleures prouesses, bien entendu. Florinda le savait pertinamment, et c'était pour cette raison qu'elle avait tenu à engager des homonculus au sein de son gang. Bien qu'elle fût réticente au départ concernant l'affectation de Denzel, celui-ci lui paraissant trop immature, elle le voyait désormais d'un autre oeil. Elle ne doutait pas de son sens de la loyauté et de l'obéissance, et au vu des faits, elle savait qu'il lui serait fidèle en toutes circonstances. Cette seule idée parvenait à l'apaiser. Par la suite, l'attention de la jeune femme retourna aux deux hommes, qui tous deux avaient un certain côté bestial. L'un avait l'innocence et la soumission d'un canidé, l'autre semblait aussi taciturne qu'un serpent, prêt à user de son venin à tout moment. Ce contraste flagrant lui soufflait que ces deux-là feraient une bonne équipe. Déjà, une veine saillante palpitait à la tempe de Florinda, qui avait l'air de clairement s'impatienter face au manque d'activité de ses subordonnés. Elle se leva, menaçante et imposante malgré sa faible carrure, et pointa un doigt vengeur dans leur direction :

- "Dites donc, vous n'allez tout de même pas passer votre temps à végéter dans ce bureau ?! Au travail, bande de feignasses !"

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Dimitri Hacksaw
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Dim 31 Mai - 18:04

-"Ah !"

Instinctivement, Dimitri leva une main pour se protéger du projectile que Florinda aurait pu lui envoyer. Puis il se reprit, approuva l'ordre de son chef d'un simple signe de tête et sortit en silence du bureau, suivi de Wilhem, silencieux.
En chemin, Dimitri posa un oeil discret sur son compagon d'armes. En vérité, il lui faisait un peu peur. Il avait vraiment l'air morbide avec tous ces squames à son cou. Un léger frisson traversa toute la longueur de sa colonne vertébrale et il détourna la tête. Wilhem avait sans doute remarqué la réaction d'Hacksaw puisqu'un semblant de sourire barra sa figure squelettique.

Arrow Central city.

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Guts
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Dim 14 Juin - 18:54

Quelqu'un toqua rapidement à la porte du bureau. Mais avant même qu'on puisse dire "entrez" cette dernière s'ouvrit à la volée.
Isidro se précipita vers le bureau de la chef des Silver Stars.

-"HEY ! GUTS EST DE RETOUR !!" hurla-t-il juste devant Florinda.

On aurait pu pensé qu'il s'agissait d'une bonne nouvelle, sauf que le ton sur lequel avait crier le jeune ishbal n'avait rien de joyeux. Bien au contraire, Isidro semblait inquiet, voir carrément paniqué.

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Dim 14 Juin - 20:00

Suite au départ de Wihlem et Dimitri, qui tâcheraient sans aucun doute de remplir leur mission à bien, le plus proprement possible, Florinda demeura seule dans la pièce en compagnie de Denzel. Celui-ci restait immobile et silencieux, assis sur sa chaise, comme pétrifié. Il posa son regard d'enfant sur la jeune femme blonde, puis esquissa un grand sourire qui témoignait de toute l'affection qu'il portait à celle qu'il considèrait désormais comme une mère. La chef des Silver Stars fixait la porte du bureau, le regard vide, tout en terminant sa cigarette, qu'elle écrasa par la suite dans son cendrier, avant de laisser échapper un profond soupir. Dévisageant le jeune homonculus, attendrissant comme jamais, avec une sorte de tendresse refoulée, elle lui rendit un sourire sincère, mais nettement moins déterminé, il fallait l'avouer. Toujours muette, elle croisa les bras sur la table, tout à son aise. Elle réfléchissait à la mission qu'elle s'apprêtait à donner à Denzel. Etait-il à la hauteur de ses espérances ? Car il avait beau posséder des capacités hors du commun, il n'était après tout qu'un enfant, et les enfants ont, dans la majeure partie des cas, une sensibilité à fleur de peau, et une excessive tendance à se laisser dépasser par leurs émotions. Celui-ci parviendrait-il à surmonter cela pour se montrer froid et sans pitié ? Elle se permettait d'en douter.

- "Bien, à nous deux, gamin, lança-t-elle froidement, plongeant son regard bleu dans le sien, qui avait la couleur de la mauve. J'avais une mission pour toi, mais en y réfléchissant, je me demande si tu as l'esprit assez endurci pour la mener à bien. Tu es jeune, naïf, et trop émotif ; il serait bien cruel de te demander de faire une telle chose."

- "Maman ! Je ferais tout pour vous. Je dépasserai mes émotions si vous me le permettez ... Je me montrerai à la hauteur ..."

La voix fluette du jeune garçon s'était élevée comme une plainte. Il se tenait désormais debout devant le bureau, l'agrippant de ses deux mains, et ses yeux brillaient d'une telle motivation que Florinda ne sut quoi en penser. Ses traits durs s'attendrirent un peu face à la dévotion de son protégé, et elle dut capituler. Elle le laisserait faire, elle avait confiance en lui. Plongeant sa main dans l'un des nombreux tiroirs, elle en sortit un revolver de petit calibre en alliage léger, qu'elle fit glisser jusqu'à lui. Le jeune homonculus ouvrit des grands yeux, ne sachant trop quoi penser de tout cela.

- "Dis-moi, sais-tu te serv ..."

La jeune femme se redressa vivement, intriguée. On frappait à la porte, et une fraction de seconde plus tard, celle-ci s'ouvrit avec une violence inouïe, et en émergea l'un des Ishbals, Florinda n'aurait su dire lequel, qui semblait bien agité, voire même complètement angoissé. Il hurla quelque chose, une nouvelle bien inattendue. Soit, Florinda n'appréciait guère le fait qu'on vienne l'interrompre de la sorte. Elle aurait bien laissé éclater sa colère contre cet Ishbal, mais ce qu'il venait de lui dire changeait la donne en tout point. Si Guts était revenu, elle allait enfin connaître le fin mot de l'histoire, et elle n'hésiterait pas à lui passer un savon, bien que soulagée de le revoir en vie. Néanmoins, la façon dont Isidro avait prononcé ces quelques mots, et son attitude en ce moment même, lui semblaient étranges. Pourquoi paraissait-il si préoccupé ? La chef des Silver Stars ne s'attarda pas plus longtemps sur ce détail, et se leva avec un sourire sombre.

- "Oh, vraiment ? Voilà une excellente nouvelle ..." articula-t-elle d'un ton doucereux qui faisait froid dans le dos.

Elle se craqua les doigts, comme lors des prémices d'une bataille, puis quitta son bureau avec légereté, dépassant Isidro et Denzel tel un ectoplasme. Il émanait d'elle une sorte d'aura malfaisante, comme si toute la colère qu'elle emmagasinait à l'égard de Guts depuis ces derniers temps était sur le point d'être expulsée sans préavis.

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Guts
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Dim 14 Juin - 20:30

A la réponse de Florinda, le jeune ishbal gloussa. C'était quoi ce ton sans déconner ?! Cette femme lui fouttait vraiment le jetons. Comment messire Guts pouvait avoir accepté de travailler pour elle et s'était autant attaché à cette femme.
C'est alors qu'elle se leva et fit craquer ses doigts, comme si elle se préparé pour une bonne baston.

-"Hey ! Je crois pas que ce soit le moment !! Messire Guts à l'air fur... HEY ?! VOUS M'ECOUTEZ ?!"

Visiblement non, puisque la jeune femme venait de quitter la pièce. Isidro roula des yeux avant de se mettre à sa poursuite.

-"HEY !!"

Sauf que lorsqu'il la rattrapa il remarqua une nouvelle fois cette tension presque palpable. Il se tut immédiatement. Florinda semblait sur le point d'exploser tel un volcan et il n'avait pas vraiment envie de se prendre toute sa rage sur la figure. Il fit profil bat et suivit la chef des Silver Stars dans le silence le plus total.

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Dim 28 Fév - 2:26

[eh ben... en relisant les quelques derniers messages de ce topic j'ai l'impression que ça fait une éternité que ces deux là ont un problème qu'ils doivent régler d'urgence -_-]

Guts avait demandé aux ishbals de s'occuper de Casca pendant qu'il allait informer la Boss... de quoi d'ailleurs ? Qu'il allait bien et qu'il avait réussi à sauver Casca ? Formidable ! C'est sûr que ça allait surement lui faire très plaisir tiens !
Le guerrier noir se tenait devant la porte sans mot dire. Il se passa lentement la main sur son visage. Affronter Florinda sur ce plan était un combat bien difficile pour lui. Les bastons, les duels, la guerre... tout ça il connaissait, il avait l'habitude. Mais ça... ça c'était une autre paire de manche, un autre combat auquel le mercenaire n'y connaissait rien. Et pour agrémenter le tout pour que ce soit encore plus comique, il était particulièrement gauche dans ce domaine...
Bref les retrouvailles promettaient d'être cocasses. Finalement Guts soupira une nouvelle fois et toqua doucement à la porte du bureau. Il était même psychologiquement préparer à ce qu'une fois qu'il est ouvert la porte la jeune femme se rue sur lui pour lui faire la peau.

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Dim 28 Fév - 19:34

« Si la haine répond à la haine,
Comment la haine finira-t-elle ? »
« Entre. »

Un mot, un unique et lugubre mot. Puis un silence lourd, pesant, insupportable. La voix féminine avait résonné entre les quatre murs du bureau gravement, lancinante, douloureuse, presque imperceptible. Au sein de la pièce qui était en quelque sorte son antre, la jeune femme à l'oppulente chevelure d'une blondeur nacrée demeurait assise derrière son bureau. Une ombre noire, terrifiante, sur le visage, elle revêtait ce masque d'impassibilité qui lui permettait, semblait-il, de contrôler cette colère qui la rongeait. Bien qu'elle eût l'air fort mécontente, elle tâchait de maîtriser cette rage qui la guidait aveuglément. Les yeux bleus qui paraissaient désormais presque noirs se posèrent lentement sur le guerrier noir. Un silence sépulcral s'était dès lors emparé de la pièce, rejoignant le faciès plus que jamais macabre de la jeune femme.

La nouvelle du retour anticipé de Guts avait fait l'effet d'une bombe dans l'esprit de Florinda. "Guts est de retour." Elle s'était répété les paroles du garde encore et encore sans trop de conviction. Elle avait douté de son retour un instant, mais, au fond d'elle, elle savait pertinemment que, comme toujours, il finirait par refaire surface un jour ou l'autre. Ce jour était arrivé, et elle se trouvait bien prise au dépourvu. Cependant, la surprise, l'incrédulité, avait fini par refaire jaillir les sentiments de haine profonde qu'elle avait eu à son égard auparavant ; elle avait même, avant son départ, souhaité silencieusement qu'il ne revienne pas, ainsi, peut-être cesserait-il enfin de la tourmenter perpétuellement. Mais, s'il était revenu, cela ne signifiait qu'une chose : il avait finalement réussi à se défaire de cet homonculus, maître des ombres, et à délivrer Casca. Casca ... Elle ne savait trop ce que cette nouvelle devait provoquer en elle ; cela oscillait entre une fureur bien plus grande encore, ou un soulagement. Dans son état d'esprit actuel, à choisir, elle préfèrait la fureur, la colère, toujours plus de colère qui s'amoncelait bêtement au plus profond de son être. Une colère qui bouillonnait, éructait, explosait en tout sens. Une colère incontrôlable et incontrôlée. Elle s'était sentie bafouer par cet homme, humiliée, blessée dans son orgueil, et Dieu savait combien elle était orgueilleuse ... Elle avait alors entrepris de le haïr, de cultiver cette haine en attendant son retour, imaginant ce qu'elle pourrait alors lui dire, non, lui hurler au visage, quelles horreurs elle choisirait alors d'énoncer pour lui faire comprendre qu'il avait joué le rôle d'un parfait idiot inconscient, comme à son habitude. Elle avait lié mille et un mots entre eux, répété des dizaines et des dizaines de discours moralisateurs, et désormais, elle était prête à les recracher au mot près, tel un sermon funèbre dont sa voix ne serait autre que le glas. Mais, maintenant que l'homme se trouvait en face d'elle, pourrait-elle suffisamment garder son calme afin d'articuler correctement les mots ? Ces mots qu'elle entrevoyait parfaitement clairement dans son esprit ? Elle en douta un instant, car la seule chose qu'elle aurait souhaité alors était de crier d'infâmes borborygmes rendus incompréhensibles par la colère, une colère qui déformait la moindre de ses paroles en parole haineuse, et peut-être bien aussi de lui lancer son bureau à la figure -chose qu'elle se promit d'éviter de faire tout de même. Son regard inquiétant ne quittait plus le guerrier noir, tandis qu'elle repoussait une mèche de cheveux d'un doigt gracile, pour se donner une contenance, puis croisait les bras dans l'indifférence la plus totale.

« Bon retour parmi nous »,
prononça-t-elle clairement, avec un calme olympien plus terrifiant même que si elle avait daigné hausser le ton, et une ironie certaine.

Elle le sondait avec intensité, sans jamais le quitter des yeux, comme si elle tentait de faire pression sur lui. En constatant l'état dans lequel il se trouvait, elle n'avait pas cillé une seule fois. Il portait encore son armure, comme s'il venait tout juste de sortir du champ de bataille, une armure repeinte en rouge par le sang, et ses diverses balafres montraient qu'il ne s'en était assurément pas sorti indemne ; il était même étonnant qu'il arrivât encore à se déplacer dans son état, ne serait-ce qu'à bouger. Oui, vraiment, il était plus que mal en point. Elle s'en était fermement douté. Elle se souvenait d'ailleurs de façon limpide des paroles qu'elle avait prononcées le jour où il avait décidé de partir affronter cet homonculus. "Tu te devras d'être opérationnel et en état de combattre. Je n'aurai aucun scrupule à rompre ton contrat." Voilà ce qu'elle lui avait dit, et en cet instant plus que jamais, elle pensait que cette décision serait juste. En effet, il y avait bon nombre de bémols dans la carrière du guerrier noir au sein des Silver Stars, tellement de bémols qu'elle n'osait plus les lister, d'ailleurs. Son impulsivité et son acharnement lui faisaient défaut constamment, et force était de constater que cette fois-ci ne dérogeait pas à la règle. Et tout ça pour quoi ? Pour protéger cette Ishbale. Quel manque de professionalisme ingrat ... Cela sidérait littéralement Florinda, elle ne comprenait décidément pas et elle comptait bien lui faire payer ce qu'elle considérait comme une traîtrise. Il était fini le temps où elle subissait les coups de tête imbéciles de Guts. Tout était fini.

La jeune femme inspecta le guerrier noir de bas en haut, puis passa un index sur ses lèvres, un air presque faussement interrogateur accroché au visage. Elle leva un sourcil, visiblement perplexe, et demanda à l'homme qui lui faisait face, du ton le plus innocent qui fût :

« Alors, dis-moi, es-tu en état de combattre ... ? »

Non, bien sûr que non. Encore des paroles ironiques au possible. Florinda était bien partie pour continuer ce petit jeu encore un moment, ainsi, elle mesurait sa colère, mais elle n'était qu'une bombe à retardement qui finirait par exploser tôt ou tard. Plus tôt que tard, apparemment. Elle cherchait Guts, elle le transperçait de son regard furieux. Plus le temps s'écoulait dans cette pièce où la tension se faisait palpable, plus sa rage s'accumulait. Elle se disait qu'ainsi, lorsqu'elle laisserait s'épancher toute cette colère contenue, elle parviendrait à se sentir enfin libérée de ce poids qui pesait en elle. En attendant, il lui fallait continuer à jouer du stoïcisme encore un peu. Son visage ne reflètait aucune émotion quelle qu'elle fût, rien qu'un néant absolu, une indifférence sombre et glaciale. Comme si l'impact qu'il avait eu dans sa vie n'avait plus aucune importance. Comme si ce qu'il lui avait apporté ne comptait plus à côté de ce qu'il lui avait pris. Florinda n'était plus une femme, mais une entité belliqueuse et fulminante dont l'âme en ébullition ne cherchait, pour atteindre l'accomplissement, plus rien d'autre que représailles. Une bête entité vivant pour sa colère et par sa colère. Elle respirait la colère, son aura-même n'était plus que colère. Elle avait sombré dans la haine absolue.

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Lun 1 Mar - 0:05

A l'ordre entendu, Guts s'était exécuté. Il avait ouvert la porte, sur ses gardes, prêt à tout éventualité, y compris celle de se prendre un truc sur la tronche. Mais rien ne se produisit. A part une désagréable sensation rien n'atteint le mercenaire. Celui-ci pénétra donc dans l'enceinte du bureau de la Boss, il ferma doucement la porte derrière lui. Il s'approcha lentement de Florinda avant d'arrêter sa marche au milieu de la pièce. Le mercenaire restait silencieux, observant, le ventre noué, la tension palpable qui émanait de la jeune femme. Il gloussa silencieusement. Guts se demandait s'il ne préférait pas au contraire s'être prit directement un truc dessus et une bonne engueulade directe, comme ça s'est fait, plutôt qu'attendre le glas. Cette retenue ne présageait rien de bon. Aux yeux du mercenaire, Florinda ressemblait à une cocotte minute sur un feu ardent. Elle accumulée de la pression et quand celle-ci serait trop importante elle exploserait en un fracas assourdissant et Guts se prendrait tout dessus. Mais après tout c'était naturel. Il avait clairement déconné. Il le savait. Mais qu'est-ce qu'il aurait pu faire d'autre ? S'il n'était pas allé récupérer Casca seul, surement que ce taré de papi ténèbres l'aurait tué. S'il avait laissé trainer cette histoire en longueur, de même. Mais alors qu'il réfléchissait à ce qu'il allait bien pouvoir dire pour se justifier, Florinda prit la parole.

« Bon retour parmi nous »

Ça sonnait faux. Elle était vraiment en rogne. Guts se disait maintenant qu'il n'avait sans doute aucun moyen de rattraper son erreur. Qu'il allait se faire virer. En temps normal cela ne lui aurait rien fait. D'un certain côté ça devrait même l'arranger. Il ne se serait même pas donné la peine de revenir tant son comportement mérité la sanction de se retrouver au chômage. Mais le fait est qu'il était revenu. Il se tenait là, devant elle. Pourquoi au fait ? Pourquoi avait-il tant insisté pour revenir ? Elle avait tant d'importance pour lui ? Il tenait tant que ça à elle ? Merde, il était si fleur-bleu que ça ?! Il n'arrivait plus à savoir ce qu'il foutait là. Il n'était pas maso au point d'aimer se prendre un savon comme ça.
Une scène lui revint en mémoire. Il se rappelait avoir dit à Florinda qu'il était un soldat et que c'était ça aussi, rester malgré les pires moments qu'on traverse. Oui mais là elle ne semblait pas vraiment partager cet état d'esprit. Disons que les passades de Guts semblait l'irrité fortement.

« Alors, dis-moi, es-tu en état de combattre ... ? »

A cette réplique Guts fit la moue. Elle semblait ne pas y croire. Il faut dire que vu son état il était difficile de penser le contraire. Mais bon Guts est comme ça.
Il dégaina son épée et l'abattit dans le vide, la pression du coup fit voler quelques feuilles ainsi que ça cape. Il la tenait fermement, la lame impeccablement parallèle au sol. Son visage ne laissa rien paraitre mais cette simple démonstration lui élança une douleur dans le bras que l'armure se chargea rapidement d'effacer. Il n'était pas au mieux de sa forme c'était évident. Mais il ferait comme si. Il n'était pas revenu pour qu'on le plaigne.
Il rengaina son épée comme si de rien était, comme si cette démonstration n'avait été qu'une simple formalité.

-"Ouais, j'suis en état. C'est juste que... que j'ai pas eu le temps de passer chez le teinturier."

Son ton était habituel, il ne laissait rien paraitre. Il n'avait pas envie d'envenimer la colère de Florinda avec un ton sarcastique. Mais c'était comme ça. Depuis son plus jeune âge, tant que son cœur battait, c'est qu'il était en état de combattre. Généralement cette attitude agacé au plus au point ses partenaires. Mais là c'était pas nécessite. Aucune envie de se faire virer.
Mais Florinda l'inquiété. Elle avait cette espèce de regard, comme si elle n'attendait qu'une chose pour s'en prendre réellement à lui. Là elle ne faisait que s'amuser jusqu'à ce que la limite soit dépassée. Du coup sa petite scène n'était sans doute pas des plus appropriées pour tenter d'apaiser la situation. Mais de deux choses. Premièrement ce n'était pas le genre de Guts de se lamentait "oh regarde ce que le méchant homonculus il m'a fait je serais même plus capable de tenir une épée pendant quelques jours". Secondement, Florinda était dans un tel état qu'il n'y avait sans doute rien au monde qui pouvait la calmer.

Guts la sondait en silence, attendant sagement sa réaction. Elle faisait véritablement peur. La pièce s'était rempli d'une pression inimaginable. Et même s'il restait imperturbable il la voyait se consumer dans la haine.
Alors c'est ainsi. Il devait lui aussi ressembler à ça quand il était possédé par ce sentiment puissant. Un instant, un éclair de compassion mais aussi de tristesse traversa le regard du guerrier noir. Alors c'était ça, elle le haïssait. Il ne pourrait rien faire contre ça. Il venait sans doute de briser quelque chose. C'était finit. Il n'osait le croire mais c'était ça. Elle avait été bien patiente et lui, agissant comme le chien enragé qu'il était, avait tout réduit à néant. Il se sentait si gauche, si stupide. Mais la situation dans la quelle il s'était retrouvé ne lui avait guère laissé de possibilité.

-"
désolé..." marmonna-t-il.

Un retour en arrière était sans doute impossible maintenant.

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Lun 1 Mar - 23:59

« Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur ;
Le souvenir de la douleur est de la douleur encore. »
La haine, sentiment frénétique incontrôlée. La haine était l'unique chose qui faisait palpiter ce coeur lésé, d'un noir d'encre, qui s'embourbait avec peine dans un tourbillon émotionnel infernal. La haine submergeait tout, noyait chaque être dans un océan de peine, le faisait s'enfoncer dans de nouvelles ténèbres d'où l'on ne pouvait s'extirper. Les flammes de la haine consumaient les âmes les plus tenaces, réduisaient toute chair à l'état de cendres infâmes, s'emparaient des esprits impies, et brûlaient, crépitaient, frétillaient dans les esprits des faibles ainsi que des coléreux. La haine était partout en ce monde, elle habitait même les coeurs prétendus purs, les créatures chastes et prudes, les hommes candides et immaculés, tout être enfouissait, quelque part dans de sombres recoins de son âme, une part de haine qui jaillirait un jour ou l'autre, titillée par une vive souffrance, une douleur insoutenable. Trahison. Abandon. Parjure. Tout était prétexte à la haine, ici bas. Chaque nouveau jour que Dieu faisait, la haine s'incrustait partout, telle un parasite, injectait son poison dans chaque entité, sans aucune exception, créait de nouveaux conflits, de nouvelles catastrophes. Les guerres, les joutes armées, les combats sanglants étaient des produits de cette haine répugnante qui se frayait un chemin des abysses jusqu'aux coeurs des hommes, souillant tout ce que ceux-ci possédaient de bon, enlaidissant la beauté, calomniant la noblesse, abrutissant la sagesse et le savoir, ironisant les paroles justes, et reniant les actes honnêtes. Rien n'échappait plus à la haine. Les années passaient lentement, et la haine resserait peu à peu son emprise absolue sur le monde terrestre. La haine, funeste fléau, arrachait la vie aux vivants, engendrait un chaos d'une noirceur terrifiante, volait à chaque fois un peu de lumière, conférait petit à petit une ombre glaçante. Ô haine tendrement haïe, tu détruisais l'oeuvre des hommes, tu guérissais les maux par d'autres maux. Viendra-t-il un jour où tu te décideras à te replier, et à cesser de vouloir gâcher le bonheur des hommes ? Mais, sans cesse, sempiternellement, la haine répondait par la négative, et descendait traquer d'autres âmes délicieuses. Qu'est-ce qui pouvait bien arrêter la haine, si ce n'était la haine elle-même ... ?

En cet instant, c'était sur Florinda Violet que la haine avait jeté son dévolu, la rendant plus venimeuse encore qu'elle ne pouvait l'être à l'accoutumé. La jeune femme, suite à sa précédente question, avait préféré se claquemurer dans un silence de mort, un silence indicible que rien n'aurait su transpercer. Ses deux yeux aux pupilles azuréennes plus que jamais agrippés au corps du guerrier noir, elle analysait le moindre de ses gestes, comme dans l'espoir d'y lire quelque émotion susceptible de lui permettre de le descendre méthodiquement. Cependant, Guts demeurait calme, trop calme pour son état de colère à elle, et cela avait le don de l'irriter davantage. Pour le moment, il n'avait prononcé aucune parole, sans doute honteux de son attitude antérieure, sans doute décontenancé par la froideur pesante qu'elle lui servait sur un plateau tranchant. Il était certainement conscient que son comportement lui avait porté préjudice aux yeux de son chef, un chef qui n'avait dès lors plus la patience ni la bravoure de supporter son impertinence. Mais, interrompant soudainement les pensées en vrac de l'alchimiste, la lame de la gigantesque épée de Guts fendit l'air en un sifflement strident qui vint dissiper le silence qui règnait plus tôt dans la pièce. Il avait, devant elle, au centre parfait de la pièce, dégaîné son épée comme il savait si bien le faire, et son visage n'avait alors exprimé aucune émotion quelle qu'elle fût, s'en était presque louche. Florinda n'émit d'abord aucun commentaire sur sa performance. Bien sûr qu'il pouvait faire cela, qu'elle s'était montrée idiote de lui poser la question de savoir s'il était ou non en état de se battre. Elle était consciente que, tant qu'il aurait encore un souffle à donner, il s'en servirait pour terrasser ses ennemis. Elle le connaissait si bien, au fond ... Elle l'avait vu continuer à se battre, même lorsque la situation semblait désespérée, même lorsque son corps ne le lui permettait plus. Quoi qu'il pût arriver, il était fin prêt, et elle devait bien reconnaître que son ardeur au combat était une qualité bien propre à sa personne. Elle se souvenait que, inconscient, ayant succombé à ses blessures, il n'avait pas lâché le manche de son épée, comme s'il avait souhaité continuer la bataille, même s'il ne le pouvait plus. Un léger soupir de Florinda se fit percevoir dans la pièce suite à la remarque de son interlocuteur. Non, elle n'était vraiment pas d'humeur à avaler ce genre de paroles sarcastiques, vraiment pas. Il n'y avait pas de place pour ne serait-ce qu'une infime once d'humour dans son état d'esprit actuel.

Quelle cruauté dans ce regard qui transperçait Guts de toute part ... Chaque trait du visage du guerrier noir était profondément gravé dans sa mémoire. A dire vrai, elle avait de bons souvenirs en sa compagnie, des souvenirs très doux, emplis de cette chaleur rassurante qui dissipait toutes ses peurs et tous ses doutes. Des souvenirs tendres, caressants, qui lui faisaient parvenir à l'oreille une sublime symphonie de mille couleurs. De la joie, un bonheur à l'état pur, de l'amour aussi, certainement. Oui, avant tout de l'amour, il était un temps où elle avait ressenti de l'amour pour cet homme, un amour pur et une passion dévorante. Elle se remémorait, non sans un flot de nostalgie, les paroles confiantes susurrées tendrement, les baisers échangés avec fougue, les étreintes qui réunissaient les amants éplorés, ce lien lumineux et indestructible qui les unissait, à une époque. Indestructible, elle l'avait cru, certes, mais au final, qu'en était-il aujourd'hui ? Le lien s'était-il détruit pour de bon, tandis que cette haine avait achevé de l'habiter ? Car le bonheur avec Guts n'était plus qu'un souvenir, un douloureux souvenir enfoui quelque part dans les tréfonds de cette mémoire qui l'accablait. Leur relation avait été destructrice ; ils s'étaient détruits tout en souhaitant se guérir l'un l'autre des maux infligés par une existence ingrate. C'était donc cela ... Chaque souvenir qui respirait le bonheur était troué d'une amertume morne. Puis la douleur refaisait surface, lancinante, entêtante, ineffaçable. Elle n'aurait su dire si les mauvais souvenirs étaient plus nombreux que les bons, mais une chose était sûre, les mauvais souvenirs prenaient le dessus avec une facilité déconcertante sur ces beaux souvenirs plein de bons sentiments. Tout cela la répugnait, et cela dut se lire davantage dans son regard obscurcit par la haine.

Guts dut sans doute s'apercevoir de sa colère, de la haine que Florinda cultivait à son égard, car ses yeux à lui, ses yeux d'ébène, se voilèrent d'un linceul de tristesse et de regret. Elle n'en ressentit que la plus grande indifférence, une indifférence cruelle. Alors, il prononça un mot à voix basse, un mot qu'elle entendit à peine, mais qui était bien là, affligé, bouleversé.

« Désolé ... »

Sa réaction fut immédiate, frénétique. Elle fronça les sourcils, crispa les mâchoires : c'était bien la seule chose qu'elle ne pouvait tolérer d'entendre ! Brutalement, elle abattit ses deux mains sur son bureau, et le son lourd et grave fit écho dans la petite pièce dans laquelle ils se trouvaient. Elle avait réellement l'air furieuse, son visage était teinté d'obscurité, sa chevelure s'ourlait gracieusement de chaque côté de ce même visage, donnant l'impression d'être un fin voile tissé d'or.

« "Désolé" ?! C'est donc tout ce que tu trouves à me dire ?! C'est la plus belle ineptie qu'il m'ait été donné d'entendre ! Tu crois qu'il te suffira d'être "désolé" ?! Qu'il te suffira d'être désolé pour tout arranger ? Pour compenser ton attitude odieuse et foncièrement stupide ? Je n'ai que faire de tes minables excuses, Guts Cryps, tu peux te les garder ! Rien ne pourra arranger les choses, que tu les regrettes ou non. Je ne sais pas si tu te rends bien compte de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Quoi que tu dises, quoi que tu fasses, rien n'effacera ce que tu as fait, rien. »

La jeune femme, dans sa rage, avait hurlé ses mots, les lui avait craché à la figure pour le mettre face à la sombre vérité, pour tenter de le faire culpabiliser, ce qu'il faisait certainement déjà. Elle aurait souhaité qu'il souffre, qu'il souffre autant qu'elle avait souffert, qu'il ressente la déception qui l'avait envahie, entant que patronne, entant que femme, entant qu'être humain. Mesurant ses paroles à la fin de son discours, se calmant autant qu'il lui était possible de se calmer, elle avait finalement baissé les yeux durant un laps de temps très court, puis les avait de nouveau posé sur son interlocuteur. Ensuite, ses deux lèvres s'étaient étirées en une moue de poupée boudeuse dont elle avait le secret lorsqu'elle se sentait insatisfaite. Au final, dans un silence qui s'était fait moins pesant, elle avait contourné lentement son bureau, avait fait face à l'homme, digne, superbe, plus belle que jamais dans son impassibilité de femme blessée. Elle avait posé une main ferme sur le torse métallique, avait approché son visage de son oreille, et avait susurré quelques mots d'une voix baignée de menace, cette voix au timbre inquiétant et doucereux qui trahissait toute sa haine :

« Cette armure ... Peux-tu la retirer ? »

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Ven 5 Mar - 21:30

A peine eut-il prononçait le mot fatidique que Florinda partie au quart de tour. L’incendiant de tous les maux possibles. Tentant de le déstabiliser, de le faire regretter d’avantage. Le mercenaire avait l’impression que de toute manière quoi qu’il ait pu faire avant elle aurait réagit de la sorte, essayant de la noyer dans ses fautes. Comme si, tout ce qu’il faisait était une erreur, une faute impardonnable. Elle lui jetait littéralement sa haine au visage. Ceci eut pour effet de le braquer. En réalité il n’aurait jamais toléré qu’on lui parle ainsi. Il se serait soit énervé, soit il serait parti. Mais il serra la mâchoire, puis les poings. Il prit sur lui. Il ne disait rien et son regard avait changé. Ce n’était pas du défi qui se reflétait dans l’ébène de ses yeux, mais une flamme bien différente. Une flamme complexe, faites de colère, de tristesse, de haine et quelque part d’amour. Un regard sombre, glacial, mais douloureux et souffrant. Il ne voyait pas comment il devait réagir. Il ne savait pas. Ce n’était pas dans sa nature de s’excuser, pas de la sorte. Mais si cela n’avait pas fonctionné, qu’est-ce qu’il le pourrait ? Et il avait beau se questionner rien ne venait et elle, elle continuait à débiter son flot de haine contre lui. Petit à petit elle arrivait à percer sa carapace, son armure, cette haine se transmettait comme la peste. Il tentait de la contenir mais lui aussi était au bord de l’explosion. Quelques secondes de plus et…

Mais tout ce stoppa. Si nettement que ça en était violent. Florinda avait terminé. Elle avait finit sa tirade sur des mots qui résonnaient encore dans la tête du guerrier noir. « Quoi que tu dises, quoi que tu fasses, rien n’effacera ce que tu as fait, rien. » Et au fond de lui il entendit un souffle, un ricanement moqueur, Elle était là. Trop faible ou pas assez enragée pour refaire surface immédiatement mais le malaise que l’humain ressentait en son cœur, en son âme, était une bien jolie faille, une porte ouverte pour laisser la Bête se réveiller et se déchainer. Lentement, doucement il la fit taire de nouveau. Ca faisait un moment qu’Elle ne s’était pas manifestée… Et toujours quand il était dans des situations compliquées comme celle-ci. La vie est tellement plus simple que quand la seule chose qu’on ait en tête ce soit : comment tuer !

La chef de Silver Stars en avait profité pour contourner lentement le bureau. Elle s’avançait vers lui digne, superbe. Quelque part très séductrice. Mais il n’avait pas échappé au mercenaire cette flamme noire qui brûlait toujours dans ses yeux azurés. Maintenant elle ressemblait à un fauve face à sa proie. Un prédateur qui désire s’amuser avant de se remplir la panse. Mais Guts était loin, très loin d’être une proie…
Elle déposa une main sur son armure et approcha lentement son visage de son oreille, comme pour lui susurrer un secret.

« Cette armure ... Peux-tu la retirer ? »

Guts resta incrédule. Ces mots, ils auraient pu être doux mais le ton sur lequel elle venait de les prononcer n’avait absolument rien de tendre. Ils avaient été taillés, acérés dans la haine. Telle une lame extrêmement tranchante. Oui, Florinda ressemblait bel et bien à un prédateur sadique. Elle essayait quoi au juste ? De le faire culpabiliser ? Qu’espérait-elle donc comme réaction de sa part ? Qu’il fonde en larmes et la supplie de lui pardonner ? Si c’était ça elle pouvait se gratter. Elle venait d’obtenir l’effet inverse. Elle venait de lui transmettre sa colère, sa haine. Comme une contagion malsaine.
Il se redressa, plongea son regard dans le sien. Et prononça lentement, très lentement, d’un ton surnaturellement calme :


-"Qu’est-ce que ça peut te foutre hein ?!... et puis tout parti comme un boulet de canon annonçant le prochain assaut de l’artillerie lourde. Que je puisse la retirer ou non, on s’en branle, non ?! Tant que je peux me battre, me battre pour toi, ça ne devrait rien te faire ! Rien !"

Il faisait bloc. Soutenant son regard avec ardeur. Il y voyait encore cette flamme noire. Ceci l’irrita d’avantage. La colère, la haine, ces sentiments monter en lui avec la rapidité qui était propre à sa personnalité si impulsive. Mais un sentiment en particulier lui transperça le cœur bien plus rapidement et bien plus intensément, provoquant une douleur insoutenable, mais le mercenaire n’arriva pas à l’identifier. Mais ce n’était pas ce qui allait l’arrêter sur sa lancée. Au contraire. Ces sentiments douloureux et particulièrement celui-ci étaient les moteurs de sa haine. Et ce fut à son tour d’exploser et de cracher tout ça. De l’expulser au visage de cette femme qu’il avait aimait mais qui, maintenant, n’arrivait plus à savoir s’il l’aimait encore…

-"Eh puis quoi ?! T’essaye de me faire culpabiliser là ou quoi ?! Me faire culpabiliser de quoi d’abord ?! T’as pas eut besoin de moi pendant ce temps là que je sache ! C’est bon ton superbe QG n’a subit aucune attaque ! Je suis même allez botter le cul à celui qui avait réussit à s’introduire ici ! Alors quoi ?! Qu’est-ce que tu veux me reprocher ?! D’être parti secourir Casca ?!... Ouais c’est ça ! Exactement ça ! Mais c’est quoi ton problème à la fin, merde ?! Si ça avait été toi j’aurais agit pareil ! T’as vécu ça comme une trahison ?! Laisse-moi rigoler ! Actuellement c’est qui qui a une attitude odieuse ?!"

De nouveau il laissa un temps. Pour se reprendre. Ne pas en venir à une violence d’avantage marquée. Il soupira. Plus pour lui-même que pour elle.

-"Chier ! J’ai l’impression que tout ce que j’ai pu te dire jusque là est passé à la trappe en quelques secondes à peine…"

Mais ceci ralluma sa colère, embrasa sa haine.

-"Mais réponds moi franchement ; Quand tu m’engueule là, qui est ce qui parle ? La femme ou le Boss ?... J’en ai marre de ces conneries ! Je sais parfaitement que j’ai merdé sur le plan professionnel. En théorie je ne me serais même pas donné la peine de revenir ou alors juste pour résilier mon contrat. Pourquoi je suis revenue hein ?! Pose-toi la question merde ! J’ai beau être un chien enragé je…
EH PUIS MERDE !! Si mon attitude n’as pas été la bonne très bien !! Dis moi ce que TOI tu aurais fait ?! J’ai agis comme un abruti, c’est vrai ! Mais alors comment une personne sensée aurait-elle dû réagir ?!
"


Au fond de lui, Elle entrouvrit les yeux et l’observa. Ce ricanement ne la lâchait pas. Elle s’en lécher déjà les bambines. Qui sait, elle pourrait peut-être tirer profit de cette situation ?...

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Mar 9 Mar - 23:05

« Au fond, la solitude, bien qu'elle soit douloureuse
Est encore préférable à la destruction appliquée
De l'un par l'autre. »
La main blême et frêle déposée sur le plastron de l'armure grisâtre se retira de par elle-même, très naturellement, comme si la situation imposait qu'il n'y eût aucun contact entre les deux jeunes gens dont les auras noires de colère se défiaient ardemment, entraient en colision dans des remous volcaniques et brumeux, se chevauchaient, à bout de souffle. L'atmosphère semblait plus tendue que jamais, comme négligée sur un fil métallique prêt à se fendre en deux, et si l'on tendait l'oreille, on pouvait percevoir les vagues crissements des violons rendus fous par la tension palpable des lieux. Les regards haineux se cherchaient, se défiaient. La joute invisible qui opposait cette femme, petite, mince, à la chevelure blonde auréolée, et cet homme, grand, imposant, à la chevelure d'un noir de jais brillant, venait de commencer, et ni l'un, ni l'autre ne semblait prêt à jeter l'éponge, ou à trouver quelque concession, au contraire : l'un comme l'autre s'était jeté dans la mêlée corps et âme, bien décidé à ne pas lâcher prise et à sortir dignement victorieux. La nervosité les gagnait. Ils haussaient la voix, s'électrisaient presque. La haine avait atteint de ces sommets que l'on qualifie d'inatteignables, des montagnes d'irascibilité, des pics de mauvaise humeur, qui dépassaient sans peine les nuages cotonneux et immaculés de la nostalgie et des beaux sentiments. Leur énergie n'était plus concentrée que pour une chose : se battre, se défier, montrer sa contrariété jusqu'au bout, et tant pis si l'autre pouvait en être lésé. N'était-ce pas le but de cette bataille silencieuse ? Faire souffrir l'autre ? Le couvrir de remords ? Savait-on encore réellement ce qui motivait les deux combattants, si ce n'était leur haine respective, une haine dévastatrice qui les consumait et réduisait leur coeur au triste état de cendres incandescentes. Quoi qu'il en fût, il était évident que le combat battait son plein. Ils se provoquaient tous deux ouvertement, de la manière la plus ostentatoire qu'il fût, comme s'ils cherchaient tout simplement à se détruire mutuellement. La destruction ... Engendrée par la haine, elle règnait en souveraine sur cette répugnante terre peuplée d'hommes belliqueux. La destruction ... Elle les menait tous à leur propre perte.

Florinda patientait, lasse. Elle attendait la réponse de son interlocuteur, plus provoquante que jamais, elle enveloppait son corps de l'océan bleu cobalt de ses yeux. Elle espèrait le faire réagir, obtenir plus qu'un simple "désolé" murmuré d'une voix ridiculement plaintive. Il lui fallait tellement plus que ça, tellement plus ... Et là, le guerrier noir soutint son regard avec force, avec autant d'intensité qu'elle, et en voyant briller dans ses yeux cette lueur qu'elle lui connaissait bien, un sentiment teinté d'amertume lui envahit le coeur et l'esprit. Ce regard, ce silence lancinant. Cela ne présageait rien de bon, bien au contraire, elle avait le mauvais pressentiment que cela n'était d'autre que le calme avant la tempête, la bourrasque, l'ouragan en furie. Elle se dit alors qu'elle ne le supporterait pas, elle ne supporterait tout simplement pas une crise de colère vengeresse de la part de Guts. Mais au fond, elle s'y était préparée, elle s'y attendait. Elle attendait son hystérie comme on attend le train, impassible, désabusée. A quoi bon encore croire sottement que les choses pouvaient se régler calmement entre eux ? Balivernes. Sottises inconsidérées. Une routine furieuse s'était installée. Une routine, il fallait l'avouer, qui n'avait rien, absolument rien d'agréable.

Evidemment, avec une ponctualité presque rassurante, la colère au combien présivible de l'homme explosa. Il se répandit en un flot de paroles plus haineuses les unes que les autres. Il répondit à sa question de manière violente ; de toute évidence, il était dans le dénit, cela ne signifiait qu'une chose : il se trouvait dans l'incapacité de retirer son armure. Prévisible, encore une fois. Il avait tenté de manoeuvrer habilement et de lui faire croire qu'il était en état, mais visiblement, tout portait à croire le contraire absolu. Son état physique était-il, à l'heure actuelle, si pathétique ? Florinda connaissait trop bien la spécificité de cette armure très spéciale, conçue par le forgeron Godot. Cette armure effaçait la douleur. C'était une illusion, une simple illusion qui permettait à un combattant acharné de persister dans sa lancée, et ce peu importent les dégâts reçus. Elle devait bien admettre que cette invention était fort ingénieuse dans l'idée, mais son utilisation lui paraissait de plus en plus malsaine. La situation actuelle ne faisait que confirmer son jugement.


Gardant en premier lieu le silence, la jeune femme écoutait attentivement chaque mot prononcé par Guts, chaque mot exagéré par le mépris. Elle tâchait de mémoriser chaque argument dirigé contre elle afin de mieux pouvoir les contrer. Elle laisserait son interlocuteur se défouler contre elle seul, elle le traiterait avec une indifférence sourde, et ne répondrait à ses provocations qu'une fois qu'il se serait calmé. Pour l'instant, elle se contentait de jouer les muettes, d'écouter, de retenir, la mâchoire crispée, le regard sombre, subissant les assauts du guerrier noir sans jamais rechigner. Elle prenait énormément sur elle ; à l'accoutumé, elle aurait déjà mille fois rétorqué, elle se serait fait violence pour combattre les hurlements incontrôlés de l'homme qui lui faisait désormais face, mais là, elle se contentait de ne rien répondre à ces provocations, passant au travers des pics qui lui étaient lancés avec une brutalité bestiale. Guts semblait lui reprocher de faire preuve de jalousie envers l'Ishbale, il lui faisait entendre qu'en cet instant précis, c'était elle qui avait failli, se montrant plus venimeuse que jamais. Il lui donnait le rôle de la femme lésée dans son orgueil qui agissait uniquement par pur dépit. Oui, ses paroles n'étaient que reproches envers son attitude présente. N'agissait-elle pas de la façon la plus normale qu'il fût ? Mais, à vrai dire, ce qui l'agaça le plus fut qu'il pointa du doigt le fait qu'au fond, elle n'était qu'une femme dépassée par son humanité. C'était faux. Pour le moment, elle portait ce masque de chef de gang, rien de plus, elle n'était pas une femme, rien de tout cela, rien qu'un chef de gang. « Dis moi ce que, toi, tu aurais fait ? » La voix de Guts résonnait inlassablement dans son esprit, comme un vieux disque usé.

« Ça y est ? Tu as fini ? »

Elle le dévisagea, dure, imperturbable. Son discours achevé, sa voix s'était éteinte, cédant la place à un silence qui cette fois-ci semblait morose. Chaque parole qu'avait prononcée Guts sonnait comme une agression à son égard. Comme si c'était à son tour de la faire culpabiliser.

« Comment oses-tu me blâmer ? Je n'ai fait que te mettre sous le nez ton erreur : tu as failli à ton poste entant que Silver Star. Point. Peu importe le fait qu'il ne se soit rien passé pendant ton absence. Je me contente d'accuser ton manque de conscience professionnelle. Je me fiche pertinemment de ce qui n'est pas arrivé, ou de ce qui aurait pu arriver. Le fait est que tu as failli. C'est ton tort, pas le mien. Alors ... de quel droit ? De quel droit te permets-tu de m'incendier de la sorte, moi, ton Boss ? »

Cette fois-ci, Florinda ne s'était pas emportée. Elle avait dit cela d'un calme olympien, tout à fait neutre, avec une sérénité presque glaçante. Et, profondément contrariée, elle continua, tout aussi sereinement, et chacun des mots qui traversaient ses deux lèvres roses paraissaient articulés à l'extrême :

« Tu me demandes si c'est la femme ou le Boss qui parle. Je peux te répondre en tout honnêteté. C'est le Boss, depuis le début. J'ai muselé la femme quelque part au fond de moi pour qu'elle se taise pour de bon. Je la sens encore remuer, se débattre de mon emprise. Mais je ne céderai pas. Le Boss a maté la femme une bonne fois pour toute.
Il arrivera un temps où toi aussi, Guts, il te faudra choisir entre te battre entant que Silver Star, te battre pour moi, ou te battre pour tes intérêts personnels. Ce choix viendra sans doute plus tôt que prévu. Je ne peux plus me permettre de continuer ainsi, tu as dépassé les bornes. Ma patience a des limites, tu sais. Il semblerait malheureusement que ma patience soit à bout ... »


Durant un laps de temps fugitif, les paupières lisses et nacrées voilèrent les deux grandes pupilles bleu cobalt. Florinda, fatalement, avait achevé ses dires ainsi, puis le silence s'était de nouveau installé. Quelque part au fond d'elle, la femme hurlait de douleur, lui broyait le coeur de sentiments trop forts pour elle. Mais, inexorablement, le Boss luttait pour la contrer, l'empêchait de s'épancher inutilement. Il était vrai que sa patience avait atteint le seuil critique. Guts avait suffisamment joué avec cette patience, l'avait suffisamment piétinée. Désormais, il devait se plier à son bon vouloir, ou partir. Telle était la décision qu'il avait à prendre, une décision d'une importance capitale. Florinda, levant les yeux vers Guts, eut un léger pincement baigné de mélancolie. Son regard, sévère pour la forme, s'était voilé d'une sorte d'émotion mystérieuse. La dureté de ses propos lui martelait encore l'esprit, tandis qu'elle considérait son interlocuteur avec une certaine amertume, un malaise à l'âme.

«
Peut-être aurait-il mieux valu que tu ne reviennes pas ... »
Souffla-t-elle, et sa voix, quasi-imperceptible, fut recouverte par un silence douloureux.

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Dim 14 Mar - 0:18

Oh Darling ! You are a million ways to be cruel...


Elle n’avait pas broché. Elle ne l’avait pas interrompu. A aucun moment. Le laissant se déchirer tout seul. Se laissant se consumer seul. Elle l’avait observé durant tout ce temps comme si elle portait un masque, comme si l’indifférence qu’elle lui portait était totale. Peut-être qu’il s’était trompé. Peut-être qu’il l’avait perdu depuis bien plus longtemps qu’il ne le pensait. Qu’il avait été stupide... et le pire c’est qu’il l’était encore. Et il avait l’impression, non il savait ! Il savait qu’il continuerait à l’être. Qu’il ne réaliserait son imbécilité juste après qu’elle est blessée ceux à qui il tenait. Mais pourquoi ? Pourquoi il n’arrivait pas à rester ? Pourquoi fallait-il sans cesse qu’il blesse ? Ses ennemis c’était une
chose, ça allait de soit. Mais pourquoi ? Pourquoi blessait-il aussi ses alliés, ses amis, ses amours ? Pourquoi tout autour de lui devait se terminer par des sentiments violents, par de la haine ?... Le surnom de Berserk lui allait donc si bien. Il le définissait. Il n’arrivait pas à se détacher de cette image. C’était ce qu’il avait toujours était. La seule chose qu’il sache faire...

Les propos de Florinda raisonnèrent en lui. Ils avaient été si indifférents, si détachés. Cela était bien plus douloureux que s’ils avaient été acérés, haineux… Cette indifférence dont elle faisait preuve à son égard le faisait bien plus souffrir que sa haine précédente. Il était perdu, désorienté. Comme un enfant qui ne peux choisir. Il avait cru vainement pendant quelques temps qu’il pourrait concilier les deux. Qu’il était capable de suivre Florinda et de poursuivre sa vengeance, les deux à la fois. Quelle cruelle utopie. Il avait rêvé !

Il avait commençait par rejoindre Florinda et le Silver Stars pour obtenir des informations sur les homonculus. Uniquement dans ce but. Mais de fil en aiguille il était devenu bien plus qu’un simple mercenaire. Il s’était particulièrement attaché au gang. Peut-être parce qu’il lui rappelait la Troupe du Faucon. Ou peut-être parce qu’en réalité c’était à leur Boss qu’il s’était attaché. Et bien plus qu’il le croyait. Et à partir de là il avait commençait à se détourner véritablement de son objectif premier : la vengeance. Et Casca était réapparue pour le détourner d’avantage. Dès l’instant où il l’avait retrouvé, il s’était jurer de ne plus commettre la même erreur que dans son passé. Il avait juré de ne plus l’abandonner. Et pour compliquer le tout il avait juré la même chose pour Florinda. Maintenant il se rendait compte qu’il ne pourra jamais tenir toutes ses promesses. Maintenant il était au pied du mur et ne savait plus quoi faire. Quel chemin devait-il emprunter ? Lui-même
l’ignorait. Il était comme un chien enragé qui avait été adopté et qui s'était enfuis. Et maintenant il ne savait plus s'il devait retrouver sa liberté ou bien sa loyauté

Il fut un temps, où il ne serait même pas revenu après une telle faute, un tel manque à
son professionnalisme de mercenaire. Il fut un temps, où il aurait frappait violemment le mur après que son Boss eut de tel propos à son égard et où il serrait partit en claquant la porte avec une brutalité à faire s’écrouler le mur. Il fut un temps, plus ancien encore, où une telle situation n’aurait même pas était envisageable, où il serait resté la bête sauvage enragée qu’il était, et se serait délecté dans le sang de ses ennemis. Il avait tant changé que ça ? Il était si « fleur-bleue » que cela ? Il se tenait là, debout sans bouger, dans le bureau de cette femme et qui était également son employeur. Qu’est ce qu’il foutait là ? Pourquoi il était revenu comme ça ? Comme un cheveu sur la soupe. Maintenant il se rendait compte de son attitude égoïste. Que son tempérament violent et imprévisible causé la souffrance autour de lui. Que Florinda que ce soit le Boss ou la Femme, avait toutes les raisons du monde de le détester, de le haïr. Qu’elle avait un million de raisons d’être cruelle envers lui. De lui faire payer son égoïsme, sa stupidité, son imprévisibilité, son arrogance, son insolence… tout ce qu’il était finalement. Elle avait raison. Il n’avait aucun droit de la blâmer. Le seul fautif ici c’était lui. Lui seul. Elle avait vécu son départ comme une traitrise et elle avait bien raison.
Pourquoi il ne réalisait ces choses là qu’une fois qu’elles étaient perdues ? Pourquoi
ne réalise-t-on la valeur des choses qu’une fois qu’elles ont disparu ?

Pour la première fois de sa vie il était prêt à faire des concessions. A s’excuser véritablement. Il venait enfin de comprendre où étaient ses erreurs ô combien multiples. Ses fautes impardonnables, comment pouvait-il les effacer ? Comment pouvait-il se faire pardonner ? La rédemption, voilà ce qu’il cherchait maintenant. Et une seule personne maintenant était capable de la lui donner. Il releva les yeux, plongeant son regard d’ébène si brillant dans celui de la jeune femme qui lui faisait face. Ses yeux trahissaient tout. Son attitude odieuse, fière s’effaçait sous ce regard empli de tristesse, de regrets. Et même en y cherchant bien de désespoir. En cet instant précis il aurait pu s’agenouiller devant elle, lui demander pardon, pleurer toutes les larmes de son corps. Il aurait put lui montrer ses faiblesses les plus refouler. Oui il aurait pu tout lui montrer. Il aurait fallu un seul mot de sa part et il se serait abandonner entièrement, il aurait arrêté de se cacher, il
aurait enlevé la carapace, l’armure qui le recouvrait et il lui aurait tout dis... Mais les mots qu’elle eut à cet instant furent les pires. Ils jetèrent de l’huile sur le feu qu’il avait réussi à éteindre.

« Peut-être aurait-il mieux valu que tu ne reviennes pas ... »

A cet instant quelque chose se brisa en Guts. Au bruit que cela fit et à la douleur qu’il ressentit, il en conclu qu’il s’agissait de son âme... Et au plus profond de lui, dans le noir, Elle se délectait. Elle ricanait. Cette situation amusait étrangement la Bête. Elle se disait qu’elle allait enfin pouvoir se débarrasser de ce côté « fleur-bleue » qu’avait le mercenaire. Se débarrasser de tous ce gêneur qui l’avaient détourné de son objectif. Qu’il allait enfin pouvoir s’adonner entièrement à Elle. Et Elle avait des projets. Elle savourait cet instant comme la promesse d’une victoire. C’était comme si elle avait déjà

gagner. Comme si maintenant il était entièrement en son pouvoir. Elle allait de nouveau pouvoir ne faire qu’un avec le guerrier noir. Ils allaient être réunis une nouvelle fois. Ils allaient pouvoir se débarrasser de tous ses cailloux qui encombrer leur chemin et se concentrer sur le véritable but de leur existence...
Et pour ça, rien de plus simple. Il suffisait de tourner les talons. De s’en aller simplement, sans se retourner. Après tout, ça ne servait à rien. Regarde ça ! Tu as faillit tout lui donner. Il y a quelques secondes à peine tu étais prêt à te révéler entièrement. Te mettre véritablement a nue comme tu ne l’avais jamais fait depuis cette nuit de cauchemar ! Et elle ? Qu’est-ce qu’elle t’offre en échange ? Tu lui demandais simplement le salut et elle te crache au visage qu’elle n’a plus besoin de toi. Que tu n’as plus d’importance à ses yeux qu’un simple de ses soldats ! Que tu n’aurais pas du revenir ! Et tu devrais être le seul à faire des concessions ? Tu vois, elle ne te mérite pas ! Va-t-en ! Laisse-la ! Ca ne devrait rien lui faire que tu t’en aille maintenant...
NON ! Réitérer la même erreur ? Certainement pas ! Il n’allait pas partir. Il avait déjà fait l’erreur. Plusieurs fois même. Et cela s’était toujours terminé en problèmes, en situations complexes, désastreuses même pourrait-on dire. Hors de question de recommencer ! Non, pas ça, pas de lâcheté ! Casca, il l’avait abandonné la première fois car elle s’était détournée de lui. Allait-il encore commettre la même erreur ? Non. Les défaites sont faites pour s’améliorer. Il avait enfin réalisé certaines choses. Et même si elles étaient perdues maintenant il s’accrocherait et continuerait de se battre pour elles. Il n’abandonnait pas un combat. Eh bien il n’avait qu’à faire pareil maintenant. Quelque chose au plus profond de lui, encore plus profond que la Bête, lui interdisait d’abandonner. Il se redressa. Plongea son regard brillant de détermination mais aussi de sentiments plus forts dans les yeux cobalt de Florinda.

-"Tu as raison. Il laissa un petit temps s’écouler, pesant tout les mots qu’il allait dire. J’ai merdé. Et je n’aurais pas du revenir. Mais maintenant je suis là. Je me tiens devant toi. J’ai choisit. Choisit pourquoi je me bats. Maintenant c’est clair là dedans déclara-t-il en pointant sa tempe de son index. Chaque mot était prononcé lentement, comme s’ils avaient été murement réfléchit avant d’être sortit de la bouche du mercenaire. Je suis prêt à prendre la responsabilité de mes actes. Je n’étais qu’un chien enragé qui s’était égaré. Mais maintenant c’est bon, j’ai compris. Et si... si tu veux toujours de moi à ton service malgré les fautes que j’ai commise je suis prêt à tourner mon épée où tu me le diras."

Il se tenait droit comme un « i » mais pas dans une attitude de défi comme précédemment. Mais dans une attitude humble, de respect. S’il s’adressait à la Boss, il n’y avait pas d’autre attitude à avoir...

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Ven 19 Mar - 23:34

« I could say you that I don't care.
But the truth is I'd follow you anywhere. »
Immobile face à son interlocuteur, n'effectuant pas un seul battement de cils, Florinda était semblable à une statue de marbre d'un blanc très pur, elle en avait même la sculpturale beauté. Enveloppée par un silence amer, elle réalisait, au plus profond d'elle, toute l'ampleur de la situation, combien elle avait pu être déchirée par les propos qu'elle avait tenus précédemment. Si elle remuait ciel et terre dans son coeur pour paraître la plus indifférente possible, elle ne pouvait complètement dénigrer les échos émotionnels de son palpitant, qui s'emballait d'une merveilleuse façon contre sa poitrine, toujours un peu plus frénétiquement, toujours un peu plus fort. Après tout, elle n'était pas qu'une simple chef de gang, qu'une simple combattante dont le corps demeurait scarifié par les épreuves du temps, elle était avant tout un être humain, une femme, et envers cette part d'elle-même, elle avait quelque devoir. Cependant, cette part d'elle-même, cette part de l'autre qui demeurait ensevelie sous de fausses apparences, elle la haïssait plus que tout. Cette faiblesse, cette sensibilité stupide la faisaient flancher et l'empêchaient parfois de raisonner comme elle l'aurait souhaité, la noyant sous des flots d'émotions incontrôlables et furieuses, qui déferlaient à l'image de la pluie, et chaque goutte de cette pluie torrentielle achevait d'inonder son âme au supplice. Comme elle aurait aimé mettre de côté ses états d'âme et ses sentiments dociles, les brûler et les faire se consumer dans le brasier de sa colère et de son ambition, les empêcher une bonne fois pour toute d'entraver sa manière d'agir, sa manière de penser, tout ce qui faisait qu'elle était elle. Pourquoi devait-elle être une femme ? Pourquoi ne pouvait-elle pas se contenter d'être une combattante, ainsi qu'une dirigeante ? Si certaines femmes revendiquaient leur humanité et leurs sentiments, Florinda, elle, condamnait fermement ce fait, se préférant à adopter une attitude froide et désintéressée. Pour rien au monde elle ne désirait être une femme. Pour rien au monde elle ne désirait être heureuse ou comblée, comme une femme aurait sans doute souhaité l'être. Elle désirait simplement ne pas connaître de handicap par rapport à cette facette de sa personnalité, museler la femme pour ne pas avoir à répondre de ses sentiments enfouis. Mais elle avait beau dire cela, elle avait beau se répéter avoir muselé la femme, en était-elle réellement capable ? Pouvait-elle véritablement faire une croix sur les diktats de son coeur ? Le doute persistait au plus profond de son être, dans cette antre noire qu'était son âme. Et, de son côté, elle appliquait une impassibilité complète et cruelle qui apaisait le tourbillon émotionnel qui l'habitait. Après tout, on dit que le contraire de l'amour n'est pas la haine, mais l'indifférence. L'indifférence l'aiderait-elle à combattre l'amour ?

La crispation s'était emparée du corps de Florinda, muette mais belle et bien présente. Elle se retenait presque de respirer, comme si elle se doutait pertinemment de ce qui allait se passer, de la façon dont le guerrier noir allait réagir. Elle le pressentait, elle imaginait et entrevoyait déjà la scène qui allait se dérouler : il achèverait de se détruire dans sa haine, s'emporterait plus que jamais, puis quitterait la pièce avec fureur, tel une bourrasque infernale, claquant la porte avec d'autant plus de force qu'à l'accoutumé. Prévisible. Vraiment trop prévisible. Alors, elle aurait certainement vaincu, elle aurait eu ce qu'elle cherchait. Il serait parti, ne serait jamais revenu, et elle aurait été enfin libérée de son joug psychique. Peut-être était-ce simplement ce qu'elle souhaitait. Ou peut-être que ce qu'elle souhaitait réellement n'était autre que le contraire absolu de ce qu'elle laissait froidement transparaître. En souhaitant silencieusement qu'il ne revienne jamais, elle cultivait sans doute les espoirs vains qu'il revînt un jour ou l'autre. Ne pouvait-elle donc jamais se montrer sincère avec elle-même ? Pourquoi ignorait-elle de la sorte les appels à l'aide de son coeur à l'agonie ? Il viendrait un jour où il lui faudrait pour de bon ouvrir les yeux sur ses propres faiblesses. Il lui faudrait les accepter. Elle avait des faiblesses, des failles. Elle, comme tous les autres. Après tout, elle n'était qu'humaine, et elle demeurait l'esclave de sa condition. Quoi qu'il arrive, ce fait demeurerait fondé, et il lui fallait se montrer lucide. Elle devait cesser de voir en son humanité un fardeau. Elle devait en faire une force.

« J'ai choisi. Choisi pourquoi je me bats.
Si tu veux toujours de moi à ton service malgré les fautes que j'ai commises, je suis prêt à tourner mon épée où tu me le diras. »

Les mots de Guts la tirèrent avec brutalité de sa torpeur, et la ramenèrent à la triste réalité, tandis qu'un frisson parcourait frénétiquement son corps, en seulement une fraction de seconde, un moment éphémère et d'une briéveté folle. Elle leva lentement les yeux vers lui, une lueur pleine de surprise traversant son regard azuréen. Tout son visage brillait d'une stupeur contenue. Ses sourcils s'étaient légèrement froncés dans son incompréhension, ses lèvres s'étaient tordues en une moue teintée d'une perplexité ostensible. Les mots qu'elle venait d'entendre étaient-ils réels, ou les avait-elle tout simplement inventé, tiré de son inconscient délirant ? La pureté de la voix de Guts ne pouvait cependant la confondre ; il avait en effet prononcé ces mots, ces mots d'une importance capitale que son âme réclamait depuis déjà si longtemps que c'en était intenable. Elle s'attendait à tout, sauf à cette réaction de la part du guerrier noir. Lui qui avait fui vers de lointaines contrées durant ces derniers mois, combattant de tout son être pour ce qu'il estimait juste, se fichant éperdument de ce qu'elle pouvait ressentir alors, n'imaginant même pas à quel point sa fierté en avait souffert, tout comme son amour, et combien sa haine s'était mise à bouillonner et éructer au fond d'elle, il était finalement revenu, comme si de rien n'était, et voilà qu'il lui tenait ce discours, qu'il lui faisait cette promesse à coeur ouvert. Et Florinda ignorait ce qu'elle devait lui répondre. Elle ignorait si elle devait le renier une bonne fois pour toute, ou alors accepter son retour avec bienveillance. Elle se contentait pour le moment de le dévisager de ses deux grandes pupilles tâchetées de bleu, muette, trahissant toute cette consternation silencieuse qui l'empêchait de faire quoi que ce fût. Cette fois-ci, son coeur criait au supplice, et la femme enchaînée tentait désespérément de briser ses chaînes. La jeune femme à la chevelure tissée d'or se perdait dans un flot de pensées, littéralement submergée par des doutes et des interrogations intérieures, tiraillée par une décision qu'elle pensait ne jamais avoir à prendre. S'il ne tenait qu'à son amour-propre, elle aurait certainement déjà répondu du tac-au-tac que cette situation l'indifférait au plus haut point, qu'elle n'avait que faire de lui ou de ce qu'il lui arriverait par la suite, qu'elle voulait le voir disparaître et que plus jamais elle ne répondrait de ses actions. Voilà ce qu'elle aurait voulu dire. Mais le moindre mot peinait à se frayer un chemin jusqu'à ses lèvres. Sans doute parce qu'inconsciemment, elle en avait assez de ce mensonge perpétuel, elle était lassée de se montrer fausse envers sa propre personne. Que ressentait-elle, au fond ? Elle-même avait le plus grand mal à se le figurer.

« Bien. Je mentirais si je te disais que cette décision ne me satisfait pas. Je me complais de ce choix, il est bon que tu aies enfin réalisé dans quel but tu souhaitais te battre. Cependant, je ne suis pas prête de me guérir de ma rancoeur, ni d'oublier quoi que ce soit. Avance en te disant qu'au moindre écart, je ne serai plus en mesure de t'offrir la rédemption. La moindre faute te sera fatale. Comprends-le bien. Je ne pourrai me permettre de me montrer aussi laxiste que j'ai pu l'être par le passé. »

Cela fut prononcé avec une sorte d'impassibilité d'automate, bien que le ton et le timbre de la voix de Florinda s'étaient visiblement radoucis. Comme elle l'avait souligné, cette rancoeur, cette amertume sévère qui habitait et enflammait son coeur de haine ne pourrait s'envoler ainsi, avec facilité, cela demanderait pas mal de temps pour se remettre de ce qu'elle avait entrevu comme une trahison pure et simple. Cependant, elle devait admettre qu'elle avait besoin de la force du guerrier noir. Plusieurs fois, il s'était montré utile et acharné au combat, c'était une qualité qu'on ne pouvait lui ôter. Mais, pourtant, il lui paraissait inconcevable de considérer cet homme uniquement à l'image d'un simple pion, loyal et soumis à son bon vouloir, sur son grand échiquier, cet échiquier qu'elle était en droit de changer comme bon lui semblait. Chaque pièce de bois moulé finement se faisait une place entre ses doigts fins, des doigts qui contrôlaient habilement l'avenir de centaines d'hommes. Lui n'était pas qu'un pion, au fond, elle s'en rendait compte. Il faisait partie de cette minorité d'hommes et de femmes qu'elle estimait tout particulièrement, et qui occupait une place majeure dans son estime. Et bien que Guts ait chuté de cette place de choix, les doux souvenirs qui montaient en elle l'éloignaient parfois quelques instants de sa rancoeur. Ils s'étaient aimés, s'étaient consumés, s'étaient détruits et blessés dans leur orgueil. Que restait-il à sauver désormais en eux ? Pouvaient-ils encore se délivrer de leurs souffrances, comme ils le faisaient auparavant ? Florinda refusait d'y croire, de se bercer à nouveau de stupides illusions mièvres. Elle faisait taire sans préavis les inepties douteuses qui lui parcouraient le crâne. Juste ainsi. Avec une étrange facilité.

La jeune femme enveloppait toujours un peu plus le corps du guerrier noir d'un regard qui se faisait davantage pénétrant. Elle venait de remarquer que l'attitude qu'il exhalait s'était transformée du tout au tout devant ses yeux. Il semblait s'être soudainement calmé, assagi, comme si les paroles de son interlocutrice l'avaient ramené à la raison brutalement, et elle sentait en lui un respect qu'elle ne lui connaissait pas, qu'elle ne lui connaissait plus. Quant à elle, ses pupilles bleues paraissaient vides de toute émotion, elle semblait ailleurs, lointaine, hors de la situation présente, mais on ressentait sans peine la fatalité qui la traversait et la transperçait de toute part. Pas un sourire n'avait frôlé ses lèvres délicates depuis le début de leur entretien, et il n'aurait pas été présomptueux d'admettre qu'elle n'était vraiment pas d'humeur à sourire, cela se lisait sur son visage qui ne renvoyait rien d'autre qu'une indifférence glaciale, bien que la haine avait finalement cessé de prendre possession de son corps déjà bien las. Finalement, après avoir prononcé ses précédentes paroles, elle balaya son oppulente chevelure blonde ornée de boucles du revers de sa main, et tourna les talons sans un bruit. Elle eut sans doute l'intention de rejoindre son bureau, tentant d'indiquer que cet entretien était clos, mais elle demeura immobile, interminablement debout près de ce bureau qui l'appelait. Comme pour se rassurer, elle passa une main sur le bois rèche et glacée, et sur ce même meuble, elle croisa le regard factice que lui renvoyait la photo d'Iris, déposée savamment dans un cadre de bois vétuste. Celle-ci la fixait intensément, et son sourire avait quelque chose de malsain, de railleur, que Florinda releva avec un sentiment aigre. Dans le silence pesant, elle avait baissé les yeux. Son faciès s'était fait plus sombre que jamais, et bien qu'elle tournait le dos à son interlocuteur, la tension palpable qui émanait de son corps frêle était telle qu'une aura noire s'était déposée sur ses épaules. En premier lieu, elle ouvrit la bouche, mais aucun son ne traversa ses lèvres. Pourtant, il lui fallait parler, il lui fallait se délivrer de cette oppression qui l'entravait, et ce coûte que coûte.

« Je suis désolée. J'ai certainement moi aussi mes torts. J'en suis consciente. Mais ... A quoi t'attendais-tu en revenant ici ? Tu t'attendais peut-être à ce que je te saute dans les bras, que je fasse éclater ma joie de te revoir sain et sauf ? Foutaises ... Elle laissa échapper un soupir de dépit avant de reprendre : J'ai beau m'y adonner corps et âme, j'ai encore énormément de mal à faire taire la femme qui est en moi. J'ai des souvenirs, des souvenirs incontrôlables dont ma mémoire m'assaillent, et je ne peux lutter contre ces souvenirs. Mais je ne veux pas de tout ça. Je ne veux pas être une femme, je ne veux pas répondre de ces sentiments. Pourquoi ... Pourquoi ne puis-je pas simplement me comporter de façon professionnelle ? »

Elle avait tourné la tête. Elle avait posé son regard plein de douleur sur son interlocuteur, comme si elle cherchait, dans le désespoir, la réponse à ses questions dans le regard d'ébène qui lui était si familier.

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Dernière édition par Florinda Violet le Mer 14 Avr - 18:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Dim 11 Avr - 18:16

A l’instant où il prononça ces paroles il remarqua qu’un bref frisson parcouru Florinda. Mais cela ne dura à peine plus d’un seizième de seconde. Peut-être avait-il rêvé. Il semblait impossible au mercenaire que cette femme, qui se tenait là devant lui, dans une sorte de fierté majestueuse, qui rayonnait d’un orgueil incomparable, l’embellissant au possible, puisse tressaillir de la sorte. Pourtant, quelque chose au fond de lui indiquait qu’il ne s’était pas trompé, qu’il avait bien vu. Les mots qu’elle avait eux tantôt lui revinrent alors en mémoire, avec violence, comme un choc électrique. Qu’avait-elle dit déjà ? Qu’elle avait muselé la femme au fond d’elle, qu’elle la sentait remuer et se débattre, mais qu’elle tenait bon. Cette situation lui rappela étrangement la sienne. Lui aussi tenter de museler une part de lui-même. De l’enfermer au plus profond pour qu’Elle ne blesse personne. Ce parallèle lui laissa un goût amer au fond de la bouche, de la gorge, dans ses entrailles les plus impénétrables. Quelle cruelle analogie. Ils étaient tout deux si différents et semblables à la fois, ça en donné mal au cœur. Comme s’ils étaient contraints, par une force supérieure, à répéter le même schéma, se tourner autour, s’entrainer l’un l’autre, mais au grand jamais à se croiser... C’était une sensation désagréable. A refiler la pire des migraines. Un sentiment notoire, insupportable et douloureux. Mais comme si elle refusait de voir elle aussi cette réalité elle se ressaisit immédiatement. Et Guts aussi. La fatalité était une notion qu’il ne supportait absolument pas. Se laisser affliger par les évènements ce n’était pas son genre. Mais il y avait aussi une autre raison qui l’avait fait se ressaisir aussi rapidement. Celle qui se tenait devant lui n’était autre que le Boss. Et on se doit de rester respectueux devant le Boss.

Cependant malgré toute la conviction qu’elle y mettait elle ne pouvait trahir son regard qui marqué la surprise face à se retournement de situation. Il y avait probablement de quoi. Elle ne devait certainement pas s’attendre à une telle réaction de la part du guerrier noir. Il faut reconnaitre que ça l’avait surpris lui-même. Mais d’une certaine façon c’était une bonne chose. Guts imaginait bien que ce nouveau choix devait la mettre mal à l’aise. Encore une fois il revenait comme si de rien était et imposait encore sa présence.
Les mots finirent par sortirent d’eux même de la bouche de Florinda. Comme si elle les avait longtemps répété à l’avance mais que sur le moment elle n’était pas arrivée à se souvenir de son texte.


-"Cependant, je ne suis pas prête de me guérir de ma rancœur, ni d'oublier quoi que ce soit. Avance en te disant qu'au moindre écart, je ne serai plus en mesure de t'offrir la rédemption. La moindre faute te sera fatale."

Il acquiesça silencieusement, d’un simple et bref singe de tête. Ne la quittant pas des yeux. Il avait choisi la rédemption. Il avait accepté de payer les conséquences de ses actes. De part le fait il avait consenti à ce genre de chose. Il savait pertinemment qu’il n’avait plus le droit à l’erreur. Qu’elle ne lui pardonnerait plus le moindre faux-pas. Qu’au prochain écart c’était définitivement finit. Il ferait tout pour que cela n’arrive pas. Il avait suffisamment déconné comme ça. Il devait avoir suffisamment appris de ses conneries pour ne pas réitérer les mêmes erreurs... Ca c’était le côté professionnel. Celui qu’il devait montre au Boss. Il avait dit qu’il avait compris, il devait le montré. Et comme précédemment il garda cette attitude fière mais à la fois humble et respectueuse, ne laissant rien paraitre du trouble qui l’agitait. Car si le guerrier en lui était au plus clair, l’homme lui était en plein désarroi, se posant mille et une questions.

Tu t’attendais à quoi, crétin ?! Qu’elle te saute dans les bras peut-être ? Conneries oui ! Tu étais trop occupé à te battre, à jouer de l’épée, pour te soucier de ce qu’elle pouvait bien ressentir elle ! Pas une seconde, alors que tu faisais tournoyer ta lame dans un bain de sang, tu n’as songé à elle ! C’est normal, quand tu te bats tu vide ton esprit, tu ne pense qu’à la seconde présente et tu n’envisage rien d’autre. Ce n’est pas le moment. C’est vrai. Mais c’est aussi pour ça que tu te retrouves toujours dans des situations pourries comme celle-ci. Tu ne penses pas aux autres, à ce qu’ils peuvent penser, ressentir... une seule chose t’importe et rien d’autre... Et tu t’étonnes de blesser les gens autour de toi ? De leur faire du mal ? De les faire souffrir ? La bonne blague tiens ! Comment veux-tu concilier les deux ?
Alors qu’il se posait toutes ses questions elle se tourna comme pour clore la conversation. Peut être était-ce vraiment fini. Guts avait tout de même un certain mal à le croire. Que les choses se finissent de la sorte entre eux lui laissait un goût amer.
Cependant elle ne bougeait pas d’un cil. Elle restait là, dos au mercenaire, et n’agissait plus, comme perdue dans des pensées trop tourmentées. Une sorte de tension malsaine s’empara de nouveau de la pièce. Le guerrier noir gloussa silencieusement. Elle semblait en plein conflit intérieur et il ne fallait mieux pas l’interrompre. Ce fut elle qui rompit le silence si pesant que venait de s’installer.


-"Pourquoi ... Pourquoi ne puis-je pas simplement me comporter de façon professionnelle ?"

Il la contempla, les yeux grands ouverts, une expression de réelle surprise sur le visage. Visiblement il ne s’attendait pas à de tels propos. Il cligna des yeux pendant quelques secondes, comme si cela pouvait lui permettre d’analyser plus facilement ses mots et les comprendre plus rapide. Finalement il soupira en souriant légèrement. Il releva le regard, plongeant dans ses yeux cobalt.

-"Tu demandes ça au type qui a commis la plus grande faute professionnelle de sa vie ?... Mais je vais te dire ce que j’en pense. Il laissa un temps s’écouler, réfléchissant à ce qu’il allait dire, et calmement il reprit. Tu sais pourquoi je suis aussi acharné au combat ? Tu sais ce qui fait ma force en combat ? C’est précisément ça. Je suis un homme. Un être humain. Fait de chair et de sang et avec tout le ramassis de sentiments qui va avec. Et c’est précisément ça qui fait ma force. Regarde les homonculus, ceux qui se prétendent des sur-hommes, ceux qui se disent sans sentiments. Ils ne sont pas capables de faire preuve d’autant de volonté. Ils sont incapables de dépasser leurs limites... La différence est là. C’est ça qui nous fait avancer. Alors c’est vrai des fois... hum... souvent en fait, on fait de la merde, on fait n’importe quoi. Mais c’est comme ça qu’on apprend, et qu’on évite de refaire les mêmes âneries. Renier sa nature ne mène à rien. C’est humain. Mais c’est grâce à sa qu’on peut se surpasser et défier le reste du monde... Être une machine sans cœur ni âme ne permet pas de vaincre. Et la clé de la victoire c’est de se dépasser et ce qui le permet c’est la volonté et les sentiments...C’est du moins ce en quoi je crois."

Il avait dit cela sans la quitter des yeux. Cette flamme, cette détermination n’avait pas quitté son regard d’ébène. Il s’étonnait lui-même. Lui qui préférait l’action aux grands discours venait d’en déballer un avec une aisance particulière qui lui était inconnue. Mais il ne pensait pas qu’un tel discours suffirait. Il fallait illustrer le tout par un argument de poids et il n’en voyait qu’un seul. Il laissa un temps, comme s’il réfléchissait. Puis lentement il fit glisser ses mains sur les bords de son armure, détachant chaque lanière, doucement, prenant son temps. Il ne la quitta pas du regard. Soutenant toujours ses yeux avec ce respect incessant. Il n’en démordait pas et la considérait toujours de la même manière humble.
Il laissa alors apparaitre son torse meurtri par la dernière bataille qu’il avait mené. Les bandages étaient rougis par ses multiples blessures toutes aussi profondes les unes que les autres. Malgré cette attitude respectueuse et fière dans un certain sens, il ne pouvait s’empêcher de tressaillir. Enlever son armure c’était ressentir la douleur de toutes ses blessures. S’était invraisemblable qu’il puisse tenir debout avec de telles blessures. La souffrance devait être particulièrement violente car il n’arrivait pas à masquer certaines grimaces douloureuses.


-"Tu vois, si je peux résister à tout ça, si je peux encore tenir debout et porter mon épée, c’est précisément grâce à ses sentiments, cette volonté de fer qui est mienne et qui est le propre des humains..."

Il laissa un petit temps. Cette douleur lui rappelait sa détermination. A quel point il était acharné au combat et ce en quoi ce pouvait être déroutant pour ses alliés. Il comprenait sans doute mieux pourquoi il blessait ceux qu’il aimait. Il ne se soucier de rien et se laisser infliger de telles blessures. Pas étonnant qu’il blessait tout autour de lui.

-"Bon allez. Je fanfaronne mais ça fait quand même mal..."

Il eut un sourire gêné, il n’était pas dans ses habitudes de reconnaitre ses tords. Là ça faisait beaucoup en peu de temps. Il commença à remettre son armure, effaçant la douleur, chassant ses fautes comme on tourne la page d’un livre... Peut être que ce n'était pas la bonne attitude à adopter. C'était même fort probable mais de toute manière il ne voyait pas comment faire autrement.

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Mer 14 Avr - 22:33

« Le blanc sonne comme un silence.
Un rien avant tout commencement. »
Florinda demeurait dos à son interlocuteur, comme si sa gêne eût été tellement grande qu'elle ne pouvait davantage soutenir son regard, comme si elle tentait ainsi de fuir et de lui cacher son plus profond désarroi, un désarroi qu'on lisait sans peine dans son regard bleu qui semblait pâlir et se ternir de minute en minute. Elle était perdue, véritablement perdue dans l'abîme de son propre être, noyée dans son subconscient sans aucun moyen de remonter à la surface. Et tout ce qu'elle attendait désormais était qu'on lui tende une perche afin de lui permettre de s'en sortir, ni plus, ni moins. Elle avait tant tenté de lutter contre ses sentiments, des sentiments humains et naturels, qu'elle ignorait dorénavant comment réagir, comment se comporter, hormis laisser paraître une austérité cruelle et incisive, parfois même baignée d'un cynisme désiré. Chacun de ses gestes, chacune de ses paroles demeuraient entravés par une retenue lourde. Oui, la jeune femme était sans cesse dans la retenue, contrôlant chaque pensée qui traversait son esprit, bridant chaque désir, chaque envie, s'interdisant à elle-même le bonheur et la plénitude. Pourquoi ce besoin perpétuel de jouer la fille de l'air face à l'ébauche de la plus infime once de bonheur ? Pourquoi cette auto-destruction, cette nuisance qu'elle provoquait à son propre être ? Elle ne se permettait plus aucune liberté dans ses agissements, tout était vu, revu et corrigé. Son comportement placide, impassible, n'était-il qu'une façade pour camoufler vainement ce dont elle avait réellement envie ? Mais de quoi avait-elle réellement envie, à l'heure actuelle ? Elle en vint à se dire que si elle le savait, elle ne chercherait pas à se torturer l'esprit de la sorte. Si elle le savait, tout serait plus simple. Mais le fait était qu'elle persistait à souffrir de sa condition. Ces sentiments, elle n'en voulait pas, elle les reniait inexorablement. Et, elle avait beau se répéter que rien n'y changerait, qu'elle le veuille ou non, elle resterait pour de bon une femme, rien n'y faisait. Elle demeurait la prisonnière lésée de ce cercle de douleur, de dépit, de désespoir souffrant. Et ce, quoi qu'elle fît, quoi qu'elle pensât de bon, elle en venait toujours à cette fatale conclusion. Tel était le labyrinthe inextricable de la vie.

Elle sentit un silence glisser contre ses épaules frêles. Voilà qu'elle avait tenté de chercher des réponses dans les yeux sombres du guerrier noir. Qu'y avait-elle vu ? Trop de choses. Elle n'avait pas eu le loisir ni le courage de décrypter tout cela. Cependant, elle avait la profonde certitude qu'il trouverait une réponse à lui fournir, une réponse qui dissiperait ses doutes un tant soit peu. Il avait toujours eu des réponses pour elle, quoi qu'il arrivât, quelles que furent ses questions. Ils s'étaient mutuellement enseignés les rudiments de la vie, au fond. Mais désormais, que restaient-ils de leurs enseignements ? Avaient-ils été oubliés au fur et à mesure du temps, tandis que les sentiments s'envolaient, et que les blessures achevaient de se refermer pour laisser place à de nouvelles cicatrices ? Certainement. Ou peut-être que ces enseignements demeureraient intensément gravés dans l'âme de l'un et de l'autre, à l'image d'un précieux gage de tendresse. Et, tandis que Florinda se languissait silencieusement des futures paroles de Guts, des paroles en lesquelles elle plaçait des espoirs gargantuesques, sa main demeurait déposée sur la surface glacée du bureau, inerte, comme sans vie. Le plus étonnant était qu'elle avait la sensation de sentir le bois palpiter au creux de sa paume, et ses palpitations folles semblaient s'accorder avec les battements de son coeur. Alors, la voix de Guts lui parvint, douce, comme une délivrance.

« Tu demandes ça au type qui a commis la plus grande faute professionnelle de sa vie ? ... Mais je vais te dire ce que j'en pense. »

Alors, les paupières pâles de Florinda se déroulèrent lentement sur l'océan azuréen de ses yeux, tandis qu'elle concentrait toute son attention sur le moindre mot articulé par son interlocuteur. Il lui sembla que celui-ci parla bien plus longtemps qu'à l'accoutumé, et sur ses paroles, le temps qui s'écoulait lentement auparavant paraissait s'arrêter toujours un peu plus, s'étendre à l'infini. Et Florinda, quant à elle, demeurait stoïque, inlassablement immobile, refusant toujours de faire face au guerrier noir, se laissant emporter par le flot de ses mots, des mots éclatants de vérité, bercée par le timbre rauque de sa voix ourlée, comme dans quelque univers onirique dont elle ne connaissait l'existence.

Les sentiments font la force des êtres humains. Renier son humanité ne mène à rien. Les sentiments permettent de se surpasser. Voilà donc quel était son point de vue ? L'alchimiste ne savait guère quoi en penser pour le moment, elle demeurait profondément sceptique quant à la vérité énoncée par son interlocuteur. La force des êtres humains ... Etait-ce donc là tout le potentiel des sentiments, des émotions qui filaient à travers son âme ? Ainsi donc, les sentiments n'étaient pas que de vulgaires ornements destinés uniquement à rendre les êtres humains dépendant de leur condition ? Les sentiments n'étaient pas que faiblesses chez l'être humain ? Guts avait insisté sur le fait que les sentiments humains donnaient naissance à la volonté, et que seule la volonté permettait de se surpasser et de vaincre. S'était-elle donc laissée leurrer durant tout ce temps ? Elle qui avait véritablement souhaité renier son humanité, elle qui avait prôné la force et l'indifférence, qui avait littéralement refusé de voir en face ses faiblesses et de répondre de ses sentiments. Telle était sa plus grande tare. A vouloir toujours garder la tête froide, on finit par se laisser dépasser. Oui, Florinda se sentait réellement dépassée par ce que venait d'énoncer son interlocuteur. Elle réalisait de plus en plus son erreur, la façon dont elle s'était laissée berner, et ce uniquement par la faute de sa stupide fierté. Elle avait été bien lâche et bien idiote de se croire capable de lutter contre ses sentiments. On ne peut éternellement fuir face à ses émotions, elle s'en rendait compte davantage compte de jour en jour. Devant la destruction de ses illusions, rongée par l'amertume, la jeune femme n'effectuait pas le moindre mouvement, jusqu'à ce qu'elle perçoive derrière elle un cliquetement sourd, certainement provoqué par la lourde armure du guerrier noir. Elle rouvrit les yeux en un éclair, se retournant vivement, tombant nez-à-nez avec le regard frénétique et déterminé de Guts, qui la fixait avec plus d'intensité que jamais. Elle le considérait avec un grand sceptiscisme, une lueur sombre scintillant dans ses pupilles bleutées. Celui-ci achevait d'ôter le plastron de son armure ; qu'espérait-il lui prouver en faisant cela ?

Brutalement, la vérité se fraya un chemin jusqu'à son esprit. Le dernier argument en faveur de la théorie de Guts se trouvait devant ses yeux. Florinda ne cilla pas, resta de glace devant le nombre impressionnant de balafres qui couvraient le torse du guerrier noir, preuves marquantes de la difficulté de sa dernière bataille. Des cicatrices qui demeureraient à jamais gravées sur son corps, derniers témoignages de cette fameuse volonté dont il avait parlé. Ces blessures ... Elle n'osait imaginer la douleur qu'il devait endurer, maintenant qu'il avait retiré son armure. Une douleur si intense, si virulente, qu'elle s'étonna qu'il puisse y résister de cette manière. Encore une preuve de ladite volonté, sans doute.

« Tu vois, si je peux résister à tout ça, si je peux encore tenir debout et porter mon épée, c'est précisément grâce à ces sentiments, cette volonté de fer qui est mienne et qui est le propre des êtres humains ... »

Et ? Etait-ce sa façon de clore le débat ? Il venait de lui prouver, une fois de plus, qu'elle avait encore beaucoup à apprendre sur la condition humaine. Pourquoi s'évertuait-elle à agir de la sorte ? Etait-ce simplement dans l'idée de camoufler ses faiblesses ? Ou ses raisons étaient-elles plus profondes que cela ? Cherchait-elle à s'isoler du monde extérieur pour ne plus souffrir comme elle avait souffert par le passé ? Le départ de sa mère, la perte tragique de son père, la disparition de sa soeur aînée, la trahison des Silver Stars puis l'éradication de ceux-ci à deux reprises, la déception qu'avait engendré l'amour qu'elle avait porté à Guts ... Ces événéments avaient tous contribué à la rendre aussi aigrie qu'elle l'était aujourd'hui. Et plus elle observait le corps balafré du guerrier noir, plus il lui rappelait le sien. Ce corps, ces cicatrices innombrables, cette ultime bataille ... Tout cela était la preuve indéniable de son amour pour Casca. A cette pensée, son regard se voila d'une tristesse immense. Au fond, peut-être espérait-elle, elle aussi, parvenir un jour à engendrer une cicatrice sur ce corps. Furtivement, elle se surprit à baisser les yeux, s'avouant une bonne fois pour toute vaincue, trop éreintée pour continuer à lutter, certainement ...

« C'est bon, il suffit. J'ai compris où tu voulais en venir. Nul besoin d'aller plus loin ... » l'interrompit-elle d'un ton à la fois sec et résigné.

A ses mots, elle ne put réprimer un long soupir douloureux. Silencieusement, avec la grâce d'un oiseau blessé, elle fit volte-face et reprit place derrière son bureau, enfilant de nouveau le masque du Boss, abandonnant la femme quelque part, sur d'autres rivages lointains. Machinalement, elle glissa une cigarette entre les pétales de rose qui lui servaient de lèvres, comme elle le faisait à chaque fois afin de s'apaiser lorsqu'elle se sentait déroutée. Les volutes de fumée qui s'enroulaient voluptueusement dans l'air, ainsi que l'odeur si familière et cet éternel goût âcre, lui permirent de se redonner un tant soit peu de consistance. Croisant ses bras sur sa poitrine, son regard se posa derechef sur le guerrier noir, qui avait revêtu son armure. Son regard redevenait dur, impitoyable, plein de regrets également. Son visage semblait, par ailleurs, plus livide qu'à l'accoutumé, comme si le précédent discours de Guts l'avait franchement chamboulée. Elle avait réfléchi, et elle avait beau reconnaître que la vérité se trouvait dans les propos de son interlocuteur, elle refusait de se l'avouer. Elle se réfugiait une fois de plus dans son indifférence pour ne pas être blessée, pour ne pas avoir à se dévoiler réellement.

« Bien. Je pense que cet entretien est désormais terminé, hum ? Tu peux disposer. Je te laisserai le temps nécessaire afin de te remettre entièrement de ta dernière bataille, alors mets-le à profit comme il se doit. »

Son ton s'était fait froid. Elle avait tiré sur sa cigarette et lui avait lancé un regard entendu, rien de plus. Son indifférence semblait avoir repris le dessus. Etait-ce donc ainsi que les choses devaient se finir entre eux ? Sur de simples paroles de circonstance ? Il était évident que non. Mais Florinda n'avait décidément plus le courage de continuer ainsi. Peut-être était-ce mieux de la sorte, après tout ... La situation avait été tellement compliquée, elle en avait eu de terribles maux de tête. Elle était fatiguée de tout cela. Elle voulait trouver le repos, rien qu'une fois ... Mais, au fond d'elle-même, une voix lui criait que ce n'était pas ce qu'elle désirait. Ce qu'elle désirait était tout autre.

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Dim 25 Avr - 3:00

Elle l'interrompit brusquement comme s'il avait touché quelque chose qu'elle refusait d'admettre. Comme s'il venait de montrer une vérité qu'elle préféré fuir. Elle avait une nouvelle fois balayé la conversation comme on tourne la page d'un mauvais bouquin. Mais le soupire qui s'en suivit prouva que cette conversation ne l'avait pas laisser aussi indifférente qu'elle n'y paraissait. Elle semblait épuisée par une bataille interminable, résigné à un point que Guts n'aurait jamais soupçonné. Il avait encore merdé ? Il avait encore manqué de tact ? Râh ! La prise de tête ! Comment il fallait s'y prendre alors ?! Il avait essayé de multiples façons et n'en voyait pas vraiment d'autre. Et tandis qu'elle regagnait son bureau, le mercenaire, remettant son armure ne cessait de cogiter. Quelle était la bonne attitude à avoir ? Il l'ignorait complètement et la situation et Florinda ne semblaient pas vouloir arranger les choses. Il avait l'impression que quoi qu'il fasse ça ne changerait rien. Pire s'il tentait d'améliorer les choses, elles empiraient. Il lui semblait qu'ils se trouvaient dans un cercle vicieux, une mélasse qui ne leur laissait aucun répits. Qu'ils s'étaient empêtres dans des sables mouvants et que le moindre de leur mouvement les enfoncés d'avantages, les engloutissant petit à petit dans les ténèbres.

-"
Tu peux disposer."

Ces mots avaient tiré Guts de ses pensées. Alors c'était ainsi ? Ca devait se terminer ainsi entre eux ? Comme une simple conversation professionnelle ? Non. Le guerrier noir avait du mal à avaler cela. Finir sur ces mots si froids, si détachés, cela lui laissait un goût d'une amertume fatale au fond de la bouche. Mais visiblement Florinda coupait court à toute autre discussion. Son ton, son regard, tout en elle ne semblait aspirer qu'à une seule chose, la paix, le silence. Guts pouvait parfaitement comprendre cela. Il exécuta une sorte de salut militaire. Puis, tourna les talons, se dirigeant vers la porte, laissant sa Boss en paix comme elle venait de lui demander...
C'est vraiment ce que tu veux ? Tu veux vraiment terminer les choses comme ça ? Rester sur des mots aussi indifférents ? Faire comme si rien jusque là n'avait existé ? Non. Non, pas comme ça. Pas de cette façon en tout cas.
Alors qu'il était juste devant la porte il fit rapidement volte-face et se dirigea vers le bureau. Il s'arrêta net, plongeant son regard d'ébène dans les yeux bleu cobalt de la jeune femme. Et pour la première fois, dans le regard si déterminé du mercenaire, on pouvait y déceler de la tristesse. Oui c'était exactement ça.

-"Ecoute... Peut être que la Boss et le soldat ont fini leur discussion, mais je pense sincèrement que la femme et l'homme ont encore des choses à se dire... Tu ne crois pas ?"

Le ton de sa voix, doux et tendre reflétait parfaitement la tristesse qui inondait ses yeux. Pourtant, le guerrier noir ne semblait pas se laisser dépasser. Il se contenait parfaitement et mis à part sa vois et son regard rien ne pouvait trahir son état émotionnel actuel.

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Mer 23 Juin - 21:39

« Toutes ces secondes de tendresse
Dérobées à nos portes pièces
Toutes les claques, les maladresses
Pour que ça dure, pour que ça cesse. »

Être seule, voilà l'unique chose que désirait la jeune femme en cet instant précis. Ainsi, elle pourrait mornement se replonger dans ses paperasses, faire le point, peut-être même parviendrait-elle à se remettre en question ou à réfléchir et mettre le doigt sur ce qui la tourmentait tant. Le visage de Guts, sa présence, son aura ... Tout cela la brusquait, la prostrait intérieurement, elle n'aurait exactement sur dire la raison de cette douleur qui lui remuait le coeur d'une façon toute aussi brutale que délicieuse. Son visage à elle demeurait figé sur une expression de constante impassibilité sans vie, les paupières baissées sur des pupilles luisantes, comme une ancienne photo délavée par le temps où l'on ne voyait plus rien qu'une ombre indistincte, une silhouette floue dessiner ses contours dans la lumière de l'objectif. Se faisant violence, elle écrasa ce qu'il restait de sa cigarette au centre de son cendrier, avec une sorte de rage silencieuse qui bridait le moindre de ses gestes. Une cigarette consumée, tout comme son coeur l'était. Consumé, lui aussi. Il n'en restait que quelques pauvres cendres à peine incandescentes qui se perdaient dans l'abîme de son amour perdu. « Tu peux disposer » lui avait-elle froidement signalé en lui lançant un regard courroucé et insistant, indiquant d'un bref et presque imperceptible signe de tête la porte massive de son bureau qui se dressait derrière lui. Et c'était tout. Elle n'avait rien d'autre à ajouter, elle ne voulait rien ajouter en vérité. Car elle aurait eu tellement à dire, tellement de choses qui lui oppressaient l'âme et la rendaient neurasthénique durant ses heures perdues. Elle ne devenait que le triste et pâle reflet d'elle-même. Une femme en noir et blanc qui n'aspirait qu'à progresser vers le technicolor, intime objectif ultime de son existence fânée. Mais elle ne voulait plus de ces sentiments infâmes, alors elle les balayait comme on balaie une mèche de cheveux qui nous chatouille le visage. Elle soufflait gracieusement dessus, et les sentiments, à défaut de s'envoler comme elle le désirait profondément, se cloîtraient et s'imprégnaient davantage dans son âme. La fatalité la rattrappait chaque fois un peu plus, à pas mesurés, d'une allure qui semblait toujours aller crescendo. Que ferait-elle de cette fatalité, au final, lorsqu'elle l'aura rejointe ? Se plierait-elle docilement à ses volontés ? S'abandonnerait-elle à elle, impuissante et surtout éreintée ? Elle ne pouvait l'affirmer avec certitude, mais elle se refusait pourtant fermement à se laisser faire de cette façon, en particulier face à cet ennemi invisible qu'était la fatalité. Alors, amère, elle se disait que les maux immatériels étaient sans doute les plus dévastateurs, qu'elle le voulût ou non.

Quelque chose en Florinda s'était éteint, mais elle bluffait habilement son entourage et s'efforçait de ne rien montrer, paraissant de jour en jour plus forte, plus assurée, plus confiante, à l'image d'une statue de pierre solide que rien ni personne ne pouvait ébranler. Elle ne cillait ni ne tremblait jamais, toujours imposante, jamais imposée. Elle ressemblait à ces grands chênes centenaires qui, même durant les tempêtes les plus coriaces, ne ployaient jamais au vent violent, ne s'affaissaient jamais sous le grondement des éclairs qui pourfendaient vaillamment le ciel noir. Ainsi, elle s'affublait de ce masque imperturbable pour cacher le fait qu'au fond, elle souffrait le martyr. Avait-elle donc mérité d'être l'injuste proie de la douleur ? Elle l'ignorait, mais les faits étaient bien là. Peu à peu, elle voyait toute la mesure du mal qui l'accablait, et parvenait à lui donner un nom, murmuré un peu honteusement dans son esprit. Elle s'était bêtement laissée aller à aimer, et voilà dans quelle situation pathétique elle se trouvait désormais. Elle constatait avec dépit que l'épave de son amour se perdait dans les flots de la solitude, et qu'elle, simple naufragée, s'accrochait désespérément à la bouée sans pour autant parvenir à regagner la rive. Elle se construisait des métaphores pour ne jamais avoir à dire les choses de façon crue, de façon vraie, et pour ainsi continuer à se complaire dans son mensonge, sans jamais refuser d'affronter la réalité. Pourtant, il lui faudrait bien lui faire face un jour, à cette maudite réalité ... Au fil du temps, elle s'était trouvée prise au piège de ses propres facéties. Quelle bêtise d'aimer ! Quelle grossière erreur ! Cet amour n'avait fait que l'entraver. Il l'avait empêchée d'avancer, l'avait rendue faible. Désormais, tout ce qui touchait ou ressemblait à de l'amour, elle le fuirait purement et simplement. Elle avait assez à faire de ses soucis personnels et professionnels, alors en plus, s'abaisser à quelque d'aussi médiocre et inutile que l'amour ... Très peu pour elle. Voilà la raison pour laquelle elle désirait mettre un terme à ces retrouvailles aussi vite que possible, de peur de devoir de nouveau exprimer une émotion quelle qu'elle fût. Et ce même si elle devait se résoudre à se montrer sèche et exécrable. Le retour de Guts ne lui inspirait que du regret. Elle aurait aimé chasser les regrets, le dépit, d'un simple revers de la main, s'éloigner, et continuer son chemin apaisée. Mais hélas, les choses ne sont jamais aussi simples ...

Ses deux yeux pervenche ne quittaient pas le guerrier noir, afin de s'assurer qu'il quitterait bien son antre sans demander son reste. Elle le vit faire volte-face, faire quelques pas en direction de la sortie. Douce délivrance ! Elle baissa furtivement les yeux sur quelques dossiers déposés négligemment sur son bureau et se retint de pousser un soupir de soulagement. Le son cliquetant des pas de Guts se faisait de plus en plus lointain, rapprochant lentement Florinda du silence et de la paix intérieure. Puis, brutalement, le bruit cessa, un silence foudroyant se posa dans la pièce. Florinda ne put réprimer une moue plus agacée qu'à l'accoutumé ; son habituelle petite veine palpitait et frétillait sur sa tempe droite. Et bien, quoi ? Pourquoi ne quittait-il pas la pièce ? Avait-il encore une idiotie à ajouter, une dernière tirade mélodramatique qui ajouterait de l'effet à sa sortie ? Visiblement mécontente, elle releva les yeux, furibonde. Alors, elle tomba nez-à-nez avec le visage de l'homme, un visage qu'elle ne connaissait que trop bien. Il avait plongé son regard ourlé dans le sien, et un frisson invisible parcourut son échine malgré elle. Son faciès dès lors si courroucé se métamorphosa en un temps record. Ses traits empruntèrent l'habit de la surprise. Ses paupières battaient d'appréhension et ses lèvres frémissaient très légèrement, comme sous l'effet de l'adrénaline ou d'une peur mystérieuse. Quelles étaient donc ces étoiles qui dansaient dans les yeux si sombres du guerrier noir ? De la tristesse, une immense tristesse comme elle en avait rarement vu. Que signifiait tout cela ? De quel droit l'importunait-il encore avec ses yeux tristes et sincères ? Elle aurait voulu le prendre violemment dans ses bras, ou même lui asséner une bonne droite pour le réveiller de sa torpeur langoureuse. Mais au lieu de cela, elle demeurait immobile, irrémédiablement accrochée à ses lèvres qui prononcèrent quelques mots inattendus :

« Ecoute ... Peut-être que la Boss et le soldat ont fini leur discussion, mais je pense sincèrement que la femme et l'homme ont encore des choses à se dire ... Tu ne crois pas ? »

Immédiatement, la jeune femme prit la mouche. Ses yeux se foncèrent, sa mâchoire se raidit, ses sourcils devinrent furieusement obliques sous l'effet de la colère. Comment osait-il ?! Décider ainsi de faire remonter les vieux démons de Florinda, cela ne demeurerait en aucun cas impuni. Elle voulut de nouveau illustrer sa colère en tempétant, en abattant bruyamment ses mains sur le bois rêche, en hurlant des paroles blessantes, mais sa rage demeura silencieuse. Elle se contentait de dévisager son interlocuteur avec un mépris froid, une condescendance sans nom, tout en triturant les feuillets de son dossier pour tâcher de se calmer un tant soit peu. Plantant son regard aussi aiguisé qu'un poignard dans le sien, elle reprit d'un ton faussement innocent :

« Ah ? Vraiment ? Je ne vois absolument pas vers quel chemin tu souhaites nous mener, Guts Cryps. Au contraire, je pensais avec certitude que nous en avions fini avec ces babillages imbéciles. »

Malfaisante, elle crachait ces paroles comme une vipère aurait craché son venin. Elle aurait tellement aimé lui asséner ses quatre vérités sans pitié, mais cela aurait voulu dire qu'elle se prêtait volontiers à son petit jeu. Elle préfèrait se détacher clairement de cette affaire, et le lui montrer. « Désormais, je me fiche de la femme en moi » contait son attitude cruelle. Mais elle ne pouvait totalement se jouer de ses sentiments, et de ceux de celui qui lui faisait désormais face, triste au possible, et dont les yeux lui faisaient silencieusement chavirer le coeur. Elle prit la décision de se montrer complaisante, ne serait-ce qu'un peu. Se vêtissant d'un air plus serein, qui demeurait un minimum prostré, elle ajouta d'une voix blanche :

« Mais soit, il me semble que toi, tu as quelque chose à dire. Alors, parle, je t'écoute. »

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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Jeu 22 Juil - 22:34

Au moins elle avait accepté de l'écouter. Mais le ton et les mots employés étaient encore trop formel. Elle ne laissait plus rien paraitre. Plus rien d'autre que la Florinda froide et ténébreuse qui régnait d'une poigne de fer sur ce gang de malfrats qu'était les Silver Stars. Elle avait vraiment fait taire la femme en elle. Depuis quand le mercenaire n'avait-il pas vu cette femme là ? Maintenant qu'il s'en rappelait, le cruel souvenir de leur dernier échange dans l'armurerie lui revint. Il l'avait une fois de plus blessé, moralement et physiquement. Son regard se posa sur l'avant bras de la jeune femme. Il se remémorait comment il avait enserrer ce bras si frêle avec sa force démesurée par la rage. Et tel une piqure de rappel, l'arrière gout acre et coupable de la fois où, dans les grottes de la Troupe du Faucon, il l'avait étranglé... Plus il se souvenait de ce qui s'était passé entre eux dernièrement plus il réaliser à quel point il avait pu la faire souffrir. Elle avait été patiente, compréhensive à son égard. Lui pardonnant tout ses tords et ses travers insensé. Et qu'avait-elle eut en retour ? Un abandon. A cet instant précis, Guts se trouva pitoyable. La culpabilité se mit à le ronger avec une violence insoupçonnée. Il ne la méritait pas. En revanche, lui méritait ce qu'elle lui faisait actuellement. Il espérait quoi ? Qu'elle le pardonnerait à nouveau ? Et que tout reviendrait comme avant, dans le meilleur des mondes possibles ? La mauvaise blague ! La vérité c'est qu'il avait fait déborder le vase et qu'il avait atteint le point de non retour... Quel con !

Son regard déborder de tristesse. Pour un peu on pourrait jurer qu'il allait se mettre à pleurer. Qu'est ce qu'il s'en voulait ! Combien il pouvait se trouvait lamentable.
Il se prit doucement la tête dans les mains, se massant le front du bout des doigts, comme pour rassembler son esprit. Il n'arrivait plus à penser. Sa tête allait exploser. Son coeur également, rongeait par le remord, les regrets mais surtout par la culpabilité. Il soupira profondément, essayant de se calmer, de regrouper ses idées, ses pensées. Que pouvait-il faire maintenant ? Que pouvait-il dire ? Rien. Mis à part qu'il se trouvait stupide, et que le mot lui semblait trop faible.


-"Je... Je ne sais pas... Je... Je suis juste un con fini."

Il s'assit brusquement, le visage toujours caché dans ses mains. Il avait honte. Honte de réaliser seulement maintenant à quel point il avait un... monstre.

-"Je vois pas ce que je pourrais dire... Je... Je suis désolé, bien évidemment... mais ça ne suffit pas... J'ai été monstrueux avec toi et tu as eu la patience de me supporter... Mais j'ai été stupide... je n'ai pas vu la chance que j'avais... Et j'ai tout fait basculer... Je suis vraiment un abruti. Et je ne m'en rend compte que maintenant... C'est pathétique... je suis pathétique..."

Il avait parlé doucement, d'une voix brisée par la tristesse et le remord. Son ton hésitant venait principalement du fait que lui même ne savait plus où il en était. Il avait voulu se battre sur tout les fronts et longtemps il avait cru y arriver. Mais cruelle utopie ! Finalement il avait perdu toutes ses batailles... Il avait perdu sur tout les fronts. Et il se ramener comme ça, la gueule enfarinée, bourré d'une fierté mal placée, et il allait pensé qu'on allait l'acclamé pour ça ?! Tu rêve mon pauvre vieux ! Tu finis par récolter ce que tu as semer ! Et cette fois tu ne peux t'en prendre qu'à toi même.

-"Je suis désolé. Désolé pour tout ce que je t'ai fait. Je sais que ça ne changera rien mais je suis désolé. Mais je suis un idiot. Et j'en suis désolé"

Pour cette dernière concession il avait redresser la tête et avait plonger son regard dans le sien. Il lui devait au moins ça : des excuses les yeux dans les yeux...
Il se sentait mal. Affreusement mal. Il n'avait jamais autant souffert qu'en cet instant précis. Toutes ses erreurs venaient de lui apparaitre au grand jour, tel un poignard en plein coeur. Et même s'il se tenait droit et humble devant Florinda, une douleur sans nom l'élança en plein coeur. Maintenant il comprenait parfaitement ce qu'elle avait put ressentir et ce qui l'avait poussait à se retrancher derrière ces ramparts de froideur et de mépris, à enchainer, entraver la femme qui était en elle. Et maintenant qu'il avait prit conscience de tout cela, il réalisa qu'il n'avait pas le droit de la juger...


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"fear leads to anger, anger to hate, hate to ... guts"

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Florinda Violet
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MessageSujet: Re: Bureau de la Boss   Lun 2 Aoû - 23:40

« Quand on cherche des excuses ;
On a déjà péché dans son coeur. »
Un silence venant se glisser dans la discorde, comme un frisson dans la tempête. Les mots de Florinda Violet résonnèrent pendant un instant, durs, lancinants, dans le vide intemporel de la pièce glacée. Son interlocuteur les réceptionna avec une certaine amertume, le regard perdu dans une infinité emplie de pénombres peu rassurantes. Il lui fallait savoir qu'en s'engageant dans cette voie, il marchait sur un lit d'orties, il s'attaquait à un coeur pétri d'épines aiguisées. Des épines qu'il avait lui même enfoncé par le passé. Dorénavant, il ne récolterait que le fruit de ses erreurs ; une femme qui n'était guère plus une femme, puisque la femme avait capitulé en s'enfonçant toujours un peu plus dans sa résignation profonde. Il ne restait de cette femme qu'un corps, une bien jolie enveloppe qui ne contenait qu'un esprit fermé à toute concession. Une âme torturée prise dans un étau glacé. Un mental d'acier fermement décidé à se défaire de ses états d'âme. Pour autant qu'elle s'en souvînt, les états d'âme avaient toujours mené les êtres qui lui étaient chers à leur perte. Son bien aimé géniteur, qui avait développé cette maladie dévastatrice tant il était rongé par le départ, l'absence, le manque de cette femme qu'il aimait plus que lui-même. Sa soeur aînée, son modèle, qui avait péri de sa négligence et de son désir si intense de voir revivre ce père de famille qui les avait abandonnées, livrées à elles-mêmes. De même, ses subordonnés étaient si remplis de ces états d'âme qu'ils leur arrivaient de perdre de vue leurs objectifs, leur force, voire leur détermination. Rigardes, le sniper, qui flirtait avec le fantôme de sa dulcinée, assassinée froidement de ses propres mains. Denzel, ce tout jeune enfant devenu monstre immortel contre son gré, torturé par la perte de ses parents, et qui en compensation se complaisait dans sa fragile candeur. Elle avait beau se donner des exemples, se chercher des excuses, elle en revenait toujours à son propre cas. Cas qu'elle peinait maintenant à évoquer tant cela l'affligeait d'une tristesse sourde. Mais voilà où elle cherchait à en venir ; les états d'âme n'étaient pas bons pour ceux qui se prétendaient des guerriers. Il n'y avait de place ni pour l'amour, ni pour la paix en ce monde. Ce monde de fureur qui de jour en jour s'enfonçait dans l'agressivité, et voyait se répandre le sang à grands flots. En choisissant de s'engager dans un tel combat, pouvait-on réellement se permettre d'avancer en flânant, docilement, tout sourire, sans penser au lendemain ? Pouvait-on sérieusement compter fleurette en buvant du thé au coin du feu, tandis que de sombres complots se négociaient dans l'ombre ? Aux yeux de la chef des Silver Stars, la réponse découlait d'elle-même.

Pourtant, Guts était en face d'elle, et son regard lui parut si triste, si douloureux, qu'elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un léger pincement au coeur. Difficile à se figurer lorsqu'on constatait à quel point son faciès semblait sombre et dur à la fois, dépourvu de toute humanité. Quand l'avait-elle vu affligé à ce point ? Peut-être lorsque, hors de lui, il l'avait étranglée sans ménagement dans l'entrepôt de la Troupe du Faucon. Il s'en était tant voulu ; elle se rappelait avec une clarté indicible ces larmes tièdes qui, lentement, étaient venues humidifier ses pommettes. A l'époque, elle lui avait pardonné, sans réfléchir, comme si cela s'imposait tout naturellement. Aujourd'hui, elle ne pouvait plus prétendre en être capable. Ce souvenir, au contraire, titillait méchamment son orgueil. Au fond, les choses ne s'étaient jamais réellement bien déroulées entre eux. Ils avaient entretenu une relation à la fois tendre et chaotique, se consumant dans le feu dévorant de la passion, jouant à un jeu fort dangereux. Cet amour les avait guéris, mais les avait avant tout détruits. Quelle terrible erreur ... Et voilà que le guerrier noir se tenait là, humble dans son désespoir, comme si tout pouvait renaître en un battement de cils. Et Florinda, quant à elle, demeurait stoïque à son chagrin, le regard mort, les lèvres scellées, plus tendre pour un sou. Et dans cette même indifférence poignante, elle le vit enfouir son visage triste à mourir dans le creux de ses mains. Elle perçut également quelques mots de sa part. Des paroles hésitantes, troubles ... Troublées, peut-être.

« Je ... Je ne sais pas ... Je ... Je suis juste un con fini. »

Florinda haussa un sourcil blond, soudainement intriguée par le discours de son interlocuteur, certainement aussi un tantinet blasée. Il émanait de lui une aura bleu nuit de tristesse insensée. Tout son être suintait la douleur, la souffrance absolue, tant dans sa voix tremblante que dans son regard humide. Et tandis qu'il s'asseyait en silence, comme si ses jambes n'étaient plus capables de porter son fardeau désormais trop lourd, la jeune femme n'avait de cesse de se questionner. Etait-ce de la culpabilité, du regret qu'elle percevait dans ce ton résigné ? Probablement, et il semblait, après toutes ses facéties, avoir une bien basse opinion de lui-même. Mais en contre partie, Florinda n'était pas du tout d'humeur conciliante, et ne désirait guère y mettre du sien. Lui pardonner après ses multiples affronts n'était pas même un revers imaginable. Non pas que la belle eût la rancune tenace, ou quoi que ce fût de ce genre. Elle refusait simplement de s'avouer que cet homme, en lui vendant du rêve pour mieux l'abandonner, lui avait fait du mal, avait blessé la femme en elle. Elle tenait trop à son orgueil et à sa fierté de chef pour ne serait-ce que se le figurer. Non, elle n'était pas blessée, rien de tout cela. Elle n'en avait que faire, dorénavant. Cette situation, au lieu de la percuter de plein fouet, lui passait très nettement au-dessus du front. La prétendue culpabilité que pouvait ressentir son subordonné la laissait placide, amère. Pourtant, malgré des dehors froids et désintéressés, elle avait toujours fait preuve de compréhension et d'égard envers ceux qui demeuraient sous ses ordres. Elle avait tendu la main aux uns, aidé les autres à se relever de situations difficiles, à grimper de nouveau la pente. Fort caractère, pilier insurmontable, elle s'était élevée en icône grondante mais bienveillante derrière un masque de cruauté. Cependant, cette fois-ci, elle faisait preuve d'un mépris indéfectible. Sa compréhension passée s'était envolée, son égard était passé à la trappe. Seule restait la cruauté, comme un caillou entêtant dans le fond d'une chaussure. Et face à cette cruauté, Guts s'acharnait contre vents et marées. Ses paroles glissèrent contre le silence pour atteindre les oreilles de cette femme condescendante à la chevelure d'or. Attentive, celle-ci avait joint ses deux mains à la pâleur laiteuse, entrelacé ses doigts fins, puis déposé gracieusement son menton à la place promise, le visage soudain rayonnant de sérénité. Non, en réalité, ce n'était en rien de la sérénité. Plutôt une torpeur langoureuse, une quiétude de circonstance, par respect pour son interlocuteur, sans doute. Immobile, elle ne pipait mot, remuait à peine des paupières, et les mots de Guts tombaient dans un néant abyssal. Elle l'écoutait malgré tout. Cela l'intéressait de constater à quel point la culpabilité pouvait ronger un homme qui se montrait à l'accoutumé si fort, si entêté. Et il achevait de se répandre en plates excuses, de se dénigrer totalement. Sa voix avait perdu de son entrain, de sa confiance. Il parlait désormais avec une sincérité poignante qui ne touchait pourtant pas celle à qui lesdites paroles étaient destinées. Puis un silence, une note à vide, comme un soulagement. Puis nouvelle salve d'excuses, sempiternellement.

« Je suis désolé. Désolé pour tout ce que je t'ai fait. Je sais que ça ne changera rien, mais je suis désolé. Mais je suis un idiot. Et j'en suis désolé. »

Violons. Clap de fin. Rideau. Au vu de son matraquage, Florinda commençait à comprendre qu'il était "désolé", et elle se le disait avec un cynisme mesquin. Il faisait preuve d'un tel mélodramatisme ... Mais là, il plongea son regard dans le sien, et elle put y lire toute son affliction, tout son dénûment. Elle réalisa combien il était perdu, livré à lui-même dans cette situation qui lui pesait. Elle comprit sa douleur muette, celle qu'il ne disait pas, mais qu'elle ressentait avec certitude. Alors, seulement à cet instant, durant quelques secondes fugitives, elle se permit de flancher. Elle se redressa, toujours empêtrée dans son silence, et ses grands yeux d'un bleu très pur se voilèrent de tristesse, de nostalgie, comme si cette même tristesse qui oppressait Guts était communicative. Mais cela ne dura qu'un moment, un moment très bref qui s'enfuit bien vite. Le faciès de la jeune femme changea du tout au tout, il redevint dur, impitoyable. Voilà qu'il lui avait fait part de sa culpabilité, comme elle l'avait pressenti. Elle comptait bien à son tour lui faire entendre son point de vue. S'autorisant un long soupir qui sembla durer une éternité, elle considéra son interlocuteur sans sentiment, mais ses lèvres tremblaient de ne pouvoir lui communiquer ce qu'elle avait réellement sur le coeur.

« Cesse donc de répéter que tu es désolé à tout bout de champ ! Certes, tu es un idiot, et après ? Le passé est le passé. Tout cela n'a plus d'importance désormais. »

Ni violence, ni mépris dans les propos de Florinda. Juste un peu de fatalité, de résignation. Son air s'était fait plus grave, plus sombre. Elle s'érigeait en juge suprême, suprême condamnatrice des maux. Elle qui, en temps normal, se serait naturellement irritée, aurait pris la mouche, répliquait avec un calme à glacer le sang. Et quand la jeune femme se montrait calme, cela n'augurait rien de bon. En réalité, elle était éreintée de toujours monter sur ses grands chevaux. Elle avait décidé d'examiner la situation avec pragmatisme cette fois-ci. Peut-être s'était-elle enfin décidée à se montrer conciliante. D'épargner à Guts ses colères dévastatrices. Juste une fois. Une unique fois. Elle se devait, entant que dirigeante, de l'aider à avancer, car elle n'avait besoin que d'une chose : qu'il se batte de son côté. Elle ne demandait rien de plus. Du moins, plus maintenant. Alors, plus diplomate qu'elle ne l'avait jamais été, elle enchaîna d'une voix blanche :

« Je ne suis pas en train de te pardonner. Je ne suis pas en train de te donner l'absolution. Je veux seulement que tu assumes les conséquences de tes actes. Tu n'as rien fait. Tu ne me devais rien. Si tu estimes que tu as bel et bien commis une faute, avance en considérant cette erreur. Comme tu l'as toujours fait. Ne reviens pas là-dessus. Tu n'as pas à te sentir coupable de quoi que ce soit ... »

Et, à son tour, elle plongea son regard dans le sien. Des yeux bleu cobalt striés de gris, comme une mer calme qui s'agiterait docilement sous la brise. Des yeux à la fois très doux et très durs. Un regard mystique et envoûtant dont elle avait le secret.

« Je te demande juste de me prêter ta force. C'est la seule chose qui m'importe. Tes états d'âme ... Tes états d'âme me laissent de glace. Ils n'ont pas leur place ici. »

Oui, désormais, elle ne désirait que sa force. Par le passé, tout cela était différent, tellement différent. Elle avait voulu plus, elle avait voulu trop. Elle avait tellement espéré qu'elle avait été déçue. Elle avait finalement compris qu'espérer ne servait à rien, qu'elle se devait de garder la tête froide en toute circonstance. Certes, après tout, elle n'était rien d'autre qu'une femme, une humaine qui vivait en communauté. Mais ne pouvait-elle pas simplement mettre cette facette de sa personnalité de côté ? Oublier qu'elle était comme les autres. Humaine. Pourquoi se voiler la face plus longtemps ? Le guerrier noir lui avait prêté sa force par le passé, mais il avait toujours fini par lui échapper. Elle lui offrait une seconde chance, une dernière chance sur un plateau d'argent. S'il la saisissait, tant mieux. S'il la bafouait, elle n'aurait d'autre choix que de rompre leur contrat. En finir une bonne fois pour toute. Cette idée ne la réjouissait guère. Après tout, il avait toujours été un atout majeur dans son camp. Un pion fort mal rangé pourtant. A cette pensée, Florinda baissa les yeux. Ses paupières, telles des longs rideaux de soie blanche, se déroulèrent sur l'océan azuréen. Et ses lèvres s'entrouvrirent pour laisser échapper quelques mots semblables à des murmures soufflés au vent.

« Au fond, je sais que tu ne te battras jamais pour moi. Même si tu me le répètes, même si tu me le prouves. Tu ne te bats pour personne. Tu te bats parce que tu te le dois, parce que tu as des choses à accomplir. Et ce, quoi que je fasse, quoi que je dise ... Tu ne m'appartiens pas. »

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