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 Chambre de Kerrigane Ziegler

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Alice Ziegler
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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Sam 30 Aoû - 15:51

Alice pénétra la chambre de sa compagne à pas feutrés. Le silence religieux qui régnait dans la caserne ce soir-ci montrait le sérieux des militaires, et cette idée lui arracha un sourire. Décidément, rien n'avait changé depuis l'époque où elle exerçait en se faisant passer pour une alchimiste. Elle, en revanche, avait beaucoup évolué, et dans le bon sens, fort heureusement. Elle allait d'ailleurs ne pas tarder à se marier, avec une humaine qui plus est. Un sort étonnant pour une homonculus.
Le regard sombre d'Alice se dirigea vers la pendule. Avec la faible lumière de la lune qui traversait la fenêtre, elle distinguait mal l'heure exacte, mais approximativement, elle aurait dit qu'il était minuit passé. Elle n'avait pas vu le temps passer.
Progressant silencieusement vers le lit, elle s'y assit, obervant sa compagne dans l'obscurité. Elle ne discernait qu'une vague silhouette, mais cela lui suffisait amplement. S'étirant longuement, elle laissa échapper de ses lèvres entrouvertes un soupir de bien-être.
- "Il y a quelque chose qui me tracasse en ce moment. De plus en plus d'images se frayent un chemin vers ma mémoire. Des images du passé de Julia, j'entends. Ce n'était encore jamais arrivé."
Elle s'exprimait à voix basse, si bien que sa voix semblait un simple souffle de vent dans la nuit noire. Alice n'avait pas fait part de ces flash-backs à répétition à Kerrigane. A chaque fois qu'un élément similaire à la vie de Julia se produisait dans sa vie, un souvenir remontait doucement. Maintenant, elle avait l'impression de mieux comprendre cette femme qu'elle avait été il y a longtemps.
- "Peut-être que je finirai par savoir dans quelles circonstances elle a été tuée ..." murmura-t-elle encore plus bas que la fois précédente.
La jeune homonculus, perdue dans ses pensées, finit par s'allonger sur le lit, les yeux rivés vers le plafond.

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Kerrigane
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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Lun 1 Sep - 21:21

Kerrigane s'était assise sur le bord du lit et avait écouté les paroles de sa compagne dans un silence respectueux. Elle trouvait étrange que l'homonculus ne lui avait pas fait part de ses souvenirs plutôt, mais elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle pouvait parfaitement comprendre qu'Alice ne souhaitait peut être pas l'embêter avec de telles histoires, bien que cela n'embêtait point l'alchimiste. Bien au contraire, elle était heureuse que celle ci lui fasse partager ce genre de chose. Elle lui prit tendrement la main et la caressa longuement, comme pour la remercier de lui faire part de ses doutes et de ses interrogations. Entrelaçant ses doigts avec ceux de sa compagne, elle porta la main de l'homonculus à ses lèvres avant de lui répondre dans un murmure.
-"Si ces souvenirs remontent maintenant c'est peut être qu'ils veulent te faire comprendre quelque chose. Je peux comprendre qu'avoir les souvenirs d'une personne différente puisse être déroutant et dérangeant... Je suis sure que lorsque tu auras fait la lumière sur le passé de Julia ça ira mieux et ses souvenirs ne t'embêteront plus ...
L'essentiel c'est que, quoi qu'il arrive, tu te rappelles toujours de qui tu es toi. C'est important"
Elle s'allongea aux côté de sa compagne, continuant de lui caresser la main. Elle finit par se blottir contre l'homonculus, enfouissant son visage dans la nuque d'Alice.
Elle non plus n'avait pas vu l'heure passer, mais à la différence de sa fiancée, son corps commençait à ressentir un peu de fatigue et l'alchimiste n'allait pas tarder à sombrer.


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Alice Ziegler
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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Dim 7 Sep - 21:34

La jeune homonculus acquiesça en silence. Elle espérait bien que ses souvenirs cesseraient de la hanter. Ses souvenirs qui commémoraient une vie simple mais heureuse, qui avait du s'achever de manière tragique pour une raison qu'Alice ignorait. Une bien sombre raison ...
Se laissant bercer par les paroles et les gestes attentionnés de sa compagne, elle ferma lentement les yeux, se plongeant dans une obscurité nouvelle, où tous ses autres sens s'éveillaient. Elle passa la main dans les cheveux de sa compagne avec beaucoup de tendresse.
- "Oui, c'est important. Mais je ne peux pas me comparer à elle, nous sommes trop différentes", souffla-t-elle d'une voix douce.
En effet [V.8 !], Alice se sentait à des kilomètres de Julia. Elles n'étaient pas constituées de la même façon, elles ne ressentaient pas les mêmes choses et ne partageaient pas les mêmes pensées. Et tout cela ajouté, elles étaient comme le soleil et la lune.
Rouvrant les yeux, l'homonculus se leva, atteint le côté droit du lit et tira les draps. Jetant un regard bienfaisant à Kerrigane, elle passa la paume de sa main sur le matelat, et un sourire paisible vint illuminer son visage.
- "Allez, au lit ! Un militaire se doit d'être en forme en toutes circonstances, et si tu es trop fatiguée, cela se fera sentir."
Alice s'assit sur le bord du lit, après avoir minutieusement battu l'oreiller en plumes d'oie pour assurer le plus grand confort à sa fiancée.
- "Si tu te couches bien gentiment, je te chanterai une chanson", ajouta-t-elle en riant discrètement.

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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Dim 7 Sep - 22:17

A la réponse de sa compagne, un doux sourire se dessina sur le visage de Kerrigane. Elle n'avait pas connu cette Julia mais elle était persuader des différences entre l'humaine et l'homonculus. Deux antipodes. Elle faisait suffisamment confiance à sa partenaire pour savoir que celle ci disait vrai.

Lorsque Alice lui demanda de se coucher en lui promettant une chanson, le visage de l'alchimiste s'illumina. Elle leva les bras au plafond et déclara gaiement:
-"OH OUAIS ! UNE CHANSON !"
En un rien de temps le colonel Ziegler fut prête à partir pour le pays des songes. Se glissant joyeusement dans les draps elle observa sa fiancée avec une lueur enfantine au fond des yeux, suppliant du regard l'homonculus de lui chanter la berceuse.
Une des souvenirs que les deux femmes avaient en commun était cette chanson qu'Alice chantait souvent à sa compagne. Depuis la première fois où ce son était sortie des lèvres de sa fiancée, l'alchimiste l'avait gardé en mémoire. Cette chanson avait quelque chose d'apaisant et de passionnant. Chaque fois qu'elle l'entendait, Kerrigane ne pouvait s'empêcher de penser à tout les bons moments qu'elle avait passé avec Alice.
La simple évocation de ce chant lui rappella tout ces instants. Comme pour remercier l'homonculus, l'alchimiste de foudre déposa tendrement ses lèvres sur celle de sa compagne, avant de l'embrasser passionnément. Puis elle se recoucha, se cachant presque sous les draps tel une enfant qui attend que sa mère lui conte une histoire.

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Alice Ziegler
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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Sam 13 Sep - 22:50

Alice observa sa compagne se coucher bien docilement, telle une enfant. Toujours assise sur le bord du lit, elle la borda avec affection, un large sourire aux lèvres. Puis le silence se fut, paisible, magnifique. De ce silence, une douce mélodie revint en mémoire à l'homonculus, une chanson aux accents étrangers, une chanson qui faisait voyager. Elle laissa cette mélopée la bercer un instant dans son esprit, tandis que des souvenirs défilaient. Elle ferma les yeux doucement, se laissant submerger par le passé de Julia.

Flash-Back

Cela se déroule quelques semaines avant le décès prématuré de Julia.
La jeune chanteuse travaillait depuis plusieurs mois sur une chanson écrite dans une langue étrangère. Elle tenait beaucoup à cette chanson, car elle l'avait composée pour son fiancé et futur-mari, Jean Havoc. Lors du dernier concert de sa courte vie, la cantatrice l'interpréta avec tout son coeur, pour une seule et unique personne.

Les applaudissements fusèrent quand l'idole entra sur scène, telle un ange dans sa robe blanche, micro en main. Elle avait un drôle de sourire aux lèvres, qui ne la rendait pas moins charmante. S'avançant sur scène sous les cris d'adulation de ses groupies, elle approcha le micro de ses lèvres, fixant un point précis de la salle, au premier rang.
- "Bonsoir, prononça sa voix céleste. La première chanson que je vais interpréter ce soir est dédiée à une personne qui m'est chère."
Elle tendit le bras, le doigt pointé vers un homme debout, l'air admiratif et profondément ému. Son sourire s'élargit ; elle était lumineuse.
- "Jean, cette chanson est pour toi ..."
Les premières notes du piano s'élevèrent, magnifiques et touchantes. Le silence se fit dans la salle. Chaque spectateur retenait son souffle, attendant avec impatience le moment où la voix féérique se ferait ouïr dans toute sa splendeur. Et là, Julia ouvrit la bouche et articula les premiers mots de la chanson. La magie se produit, et la femme ne fut plus qu'une voix. Son timbre enchanteur laissait ses auditeurs coits. Mais le plus touché de tous était sans nul doute Jean, qui en frémissait au premier rang.
Au refrain, Julia s'approcha de lui et, tendant sa blanche main, lui sourit tout en prononçant une ribambelle de mots incompréhensibles. L'homme la regarda sans trop savoir comment réagir. Au final, il saisit la main qu'on lui présentait et la serra très fort, se hissant sur la scène, un peu intimidé. La chanteuse plongea son regard dans le sien, sous les yeux attendris du public. Sa main d'une douceur irréelle se glissa dans la nuque de son compagnon, et elle colla son front au sien, continuant sa chanson de tout son coeur, de toute son âme. Jean sentait le souffle chaud de Julia sur ses lèvres. Ses yeux brillaient d'émotion.
Lorsque les dernières notes de la chanson retentirent et que la voix s'éteignit, Jean serra sa compagne contre son coeur et lui souffla un "Merci" intense au creux de l'oreille. Les deux amants, emprisonnés dans leur bulle d'amour, ne remarquèrent même pas les applaudissements acharnés et admiratifs qui résonnèrent de part et d'autre de la salle de spectacle.

Ce concert fut le dernier de l'existence de Julia Fushiyi ...

Fin du Flash-Back

Les yeux de la jeune homonculus se rouvrirent brusquement. Elle semblait légèrement perturbée, comme à chaque retour en arrière qui se produisait dans son esprit. Cet état second ne dura que quelques secondes. Son doux sourire revint bien vite, et son regard se posa sur sa compagne, emmitouflée dans les draps.
- "Eh bien voilà, j'ai trouvé quelle chanson j'allais te chanter. C'est une très belle chanson, sois attentive ; elle a tout une histoire ..." souffla Alice, un brin mélancolique.
Elle prit une profonde inspiration, les yeux clos, et la chanson tant chérie par Julia s'éleva dans la chambre, plus vraie que nature, comme pour lui rendre hommage.

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Kerrigane
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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Dim 21 Sep - 0:44

[je préviens tout de suite : j'ai pas vraiment d'inspi ce soir ... en plus je viens de me mater un film de tueur en série donc je suis pas vraiment en mode so romantic... donc je ne sais pas trop ce que ça va donner ^^']

L'état de fatigue de l'alchimiste ne lui permit pas de déceler les quelques secondes de flash back de sa compagne. Elle se blottit tendrement contre sa fiancée, cherchant la position la plus confortable possible.
Alice n'eut même pas besoin de préciser que cette chanson ci était si particulière, Kerrigane comprit aux premières notes que ce chant était spécial et porteur d'histoire. Elle écouta entièrement la chanson, sans rien dire, sans rien prononcer, se laissant simplement emporter par l'air envoûtant et magique. Se ne fut qu'à la dernière note que l'alchimiste s'endormit paisiblement. S'ennivrant de sa compagne avant de sombrer dans le pays des rêves.

[ouais ben je suis fatiguée me too je vais me pieuter comme Kerri tiens !]

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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Dim 28 Sep - 21:31

Il était tard dans la nuit, mais Black-Hayate se balladait dans les couloirs du QG, sa maîtresse en partant avait oubliée de lui laisser un endroit pour dormir, et quelqu'un pour s'occuper de lui. Il marchait lentement et ne trouva jamais personne, ni aucune odeur pour lui indiquer que quelqu'un se trouvait dans les environs.
Soudain, un faible odeur lui caressa le museau, et il la reconnu tout de suite. La femme aux batons, Kerrigane n'était pas loin.
Tout en suivant l'odeur, Blacky trottina dans les couloirs sombres pour arriver devant une porte d'où une faible lumière filtrait sous la porte. Le chien dressa les oreilles; il avait entendu un voix sortir de l'interieur de la piece.
Black-Hayate ne jappa pas, mais gratta un peu à la porte, en essayant de ne pas trop griffer celle-çi pour ne pas se faire gronder par la suite. Il esperait vivement que quelqu'un lui ouvrirai la porte.
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Alice Ziegler
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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Sam 4 Oct - 21:57

La voix d'Alice s'éteint et se perdit dans la nuit. Kerrigane venait de sombrer ; le silence règnait désormais, paisible et inaltérable. La jeune homonculus se pencha pour déposer un tendre baiser sur le front de sa compagne, puis la borda avec une attention toute particulière. Ensuite, elle se leva et traversa la chambre à pas feutrés, tâchant de faire le moins de bruit possible. C'est alors qu'elle remarqua un faible bruissement régulier qui venait de l'extérieur de la chambre. Elle ouvrit la porte et tomba nez-à-nez avec ... Black-Hayate, le chiot du lieutenant Hawkeye.
- "Mais qu'est-ce que tu fais ici, toi ? demanda-t-elle à voix basse, tout en soulevant le petit animal par la peau du cou. Tu sais que c'est mal de traîner dans les couloirs à une heure si tardive ?"
Elle plongea ses yeux dans ceux de Black-Hayate, puis finalement, un sourire chaleureux se dessina sur ses lèvres. Elle prit le chiot dans le creux de ses bras, et lui gratouilla la tête affectueusement.
- "Allez, je vais te tenir compagnie, puisque ta maîtresse n'est pas là. On va se promener, Blacky, d'accord ?"
A ses mots, elle quitta la chambre en fredonnant, prenant de soin de bien fermer la porte derrière elle. Une fois dehors, l'obscurité ne la gênait guère, et sans hésiter une seule seconde, elle prit l'allée à droite, avançant avec ferveur.

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Alice Ziegler
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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Jeu 10 Sep - 21:34

« Un peu de jalousie éveille un amour heureux qui s'endort. »


De dos, la silhouette discrète aux allures harmonieuses longeait vaillamment les couloirs, sa jupe ample virevoltant autour de ses jambes graciles, dont la peau semblait aussi blanche que les pétales d'une tubéreuse. La longue chevelure noire, elle aussi, dansait et se changeait en bourrasque dans le dos de la jeune femme, au fur et à mesure que son allure, au départ lente mais éveillée, ne devienne rapide, un tantinet nerveuse. Un long gilet clair la couvrait des épaules jusqu'aux hanches, ne parvenant à cacher pourtant sa taille extrêmement frêle. Dans les bras, Alice Tsuhiya, futurement Ziegler, serrait tout contre sa poitrine menue un énorme classeur relié, dont le cuir râpeux renvoyait docilement la lumière. A cette heure-ci de la journée, les couloirs de la caserne demeuraient extrêmement calmes, si ce n'était déserts, et l'homonculus ne pouvait s'en plaindre, car ainsi, elle parvenait à échapper aux ragots désobligeants qui ne cessaient de la poursuivre et de la hanter. Ses petites chaussures faisaient résonner chacun de ses pas sur le sol glacé, et déjà, elle apercevait la porte qu'elle attendait au loin. Son coeur, si tant est qu'elle en possédait un, battait la chamade, et tout son être s'enflammait à l'idée d'enfin revoir la personne aimée. Ses pensées ne se focalisaient plus que sur elle, son corps ne se mouvait plus que pour elle, elle vivait uniquement par elle, et elle seule. Elle se languissait de se blottir dans ses bras enamourés, de la couvrir de baisers passionnés, car cela faisait déjà pas mal de temps qu'elles ne s'étaient retrouvées toutes deux. Les retrouvailles promettaient une réelle chaleur.

Alice approcha enfin du lieu béni, ouvrit la porte comme par magie, avec un soin presqu'irréel, et s'engouffra dans la chambre, aussi rapide que l'éclair, par crainte qu'on ne l'ait vue. Lorsqu'elle fut enfin arrivée à bon port, elle s'adossa à la porte et poussa un long soupir de soulagement. Elle avait beau savoir que l'armée la tolérait au sein de leur quartier général, elle ressentait tout de même de la gêne à errer ainsi telle une malpropre. D'autre part, ces locaux faisaient remonter à la surface tant de souvenirs douloureux ...

« Quoi ? Ziegler n'est pas là ? »

La jeune homonculus frémit de surprise à l'entente de cette voix masculine et raillarde qui venait à l'instant de prononcer le nom de sa promise. Par curiosité, elle appuya son oreille contre la porte de bois froid. Les ricannements reprirent de plus belles ; des hommes semblaient bien s'amuser à l'extérieur.

« Bien sûr qu'elle n'est pas là ! D'après ce qu'on m'a rapporté, elle aurait accepté un rendez-vous galant avec ce bourreau des coeurs de Mustang ... »

« Mu ... Mustang ? Mustang et Ziegler ? »

De nouveau, des ricannements, et plus tenaces que la fois précédente. Alice, quant à elle, était devenue plus blanche qu'à l'accoutumé. Se pouvait-il que son ouïe l'ait trompée ? Avait-elle réellement entendu ce qu'elle avait cru entendre ? Roy Mustang et Kerrigane Ziegler, en rendez-vous galant ? La jeune femme déglutit à cette pensée. Comment ... Comment cela se faisait-il ? Pourquoi avait-elle accepté un rendez-vous avec cet homme ? Soit, Alice n'était pas de nature jalouse, mais elle se surprit néanmoins à douter. De qui, de quoi, elle n'aurait su le dire, mais ses sentiments s'en trouvaient tout chamboulés, et son amour, comme son amour-propre d'ailleurs, venait d'en prendre un sacré coup.

Encore tout étourdie de la nouvelle, elle se laissa tomber lassement sur le lit, s'y allongea, fixant ses yeux sur le plafond dont la blancheur infinie la laissait rêveuse. Le classeur, qui lui était tombé des mains au moment fatidique, gisait désormais à même le sol, et elle ne semblait pas l'avoir remarqué. Ses paupières s'étaient refermées sur l'obscurité de ses yeux, paisiblement, et elle paraissait s'être endormie.

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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Dim 28 Fév - 3:46

A cette heure-ci largement bien avancée de la soirée personne n'arpentait les couloir de la caserne. Ils devaient tous dormir. Tant mieux. Kerrigane n'avait pas vraiment envie de croiser des militaires avides de racontars et de "on-dit". Elle n'aspirait qu'à une chose retrouver Alice. Cela faisait un bon moment que les deux femmes ne s'étaient pas retrouvé. Pour Kerrigane ce laps de temps semblait être une éternité. Alice lui manquait cruellement. Surtout que l'alchimiste n'avait pas eut le temps de prévenir l'homonculus au sujet de ce soir. Elle espérait grandement que sa fiancée n'ai pas entendu des rumeurs.

Alors qu'elle était perdu dans ses pensées, méditant sur l'être aimée, elle fut interrompu par deux militaires qui faisaient leur tour de garde. Manque de chance elle n'était qu'à trois pas de sa porte.

-"Alors Colonel ? Comment s'est passé votre rendez-vous avec Mustang ?!"

-"Seriez-vous enfin, la future madame Mustang ?!"

Kerrigane du se retenir de ne pas leur hurler dessus.

*Il y a des personnes qui dorment ici... Ne nous emballons pas ! Mais enfin ! En voilà des manières !!*

-"Exécrable ! Roy Mustang est un véritable goujat ! Je crois que je comprends mieux pourquoi on ne le voit jamais avec la même femme ! C'est un malappris sans aucune manière !!"

Les deux militaires échangèrent un regard interloqué. Le Colonel Ziegler semblait très irritée. Malgré les efforts qu'elle faisait pour ne pas hurler, on sentait bien qu'elle n'avait qu'une seule envie : vociférer un maximum d'insultes à l'égard du Général Mustang et de la soirée qu'elle venait de passer.

-"Maintenant... Ne me reparlez plus de cette histoire !"

A ces mots elle dépassa les militaires et s'engouffra dans sa chambre. Elle s'adossa contre la porte et attendit qu'ils s'en aillent avant de pouvoir se détendre.
Les deux soldats n'insistèrent pas, n'ayant aucune envie de déclencher la tempête Ziegler. Ils continuèrent ainsi leur tour de garde en racontant bien sûr à tout les collègues qu'ils croisèrent ce que l'alchimiste venait de leur révéler. Évidemment tout cela fut répété, amplifier et déformer...

De son côté Kerrigane put enfin souffler. Elle n'avait pas pris la peine d'allumer la lumière. Mais maintenant que ses yeux étaient enfin habituer à l'obscurité elle remarqua la personne allongée dans son lit.

-"Alice ?" murmura-t-elle avec tendresse.

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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Dim 14 Mar - 14:36

« Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre.
Encore que la vivre, ce soit encore la rêver. »
Une douce rêverie d'hiver s'était emparée du corps las de l'homonculus, qui, étendue sur les draps blancs du lit de sa compagne, se complaisait dans sa torpeur. Un phénomène fort étrange la prenait en traître à chaque fois qu'elle s'autorisait à fermer les paupières, généralement dans le désir ou le besoin de se détendre, de s'éloigner de la triste réalité. Lorsque ses paupières fines couvraient alors ses pupilles sombres d'un voile de satin, elle entrevoyait des milliers et des milliers d'images qui traversaient vaillamment le passé pour rejoindre le présent, son présent. Cela n'avait de cesse de se produire, sempiternellement, comme le son étouffé et intempestif d'une horloge qui la suivrait dans le moindre de ses déplacements. Elle se mettait dès lors à cultiver une haine incomparable pour sa mémoire défectueuse, pour ses souvenirs intrus, pour Julia, son alter-ego qui occupait tellement de place dans son existence que c'en devenait insupportable. Mais elle ne pouvait se permettre de renier cette femme qu'elle avait été dans une vie antérieure, cette femme qui faisait véritablement partie d'elle. Julia n'était autre que son humanité, cette part humaine cachée dans les plus sombres recoins de son âme. Avait-elle vraiment le droit de s'en détourner ? Elle, Alice, n'était que le fruit de ce qu'avait été Julia. Elle connaissait ses émotions, ses ressentis, sa façon de penser, elle avait même hérité de son talent. Et Julia, qui cherchait revanche, ne cessait de la tourmenter, et semblait à même de lui envoyer des messages lorsqu'elle s'assoupissait un instant. Elle souhaitait qu'Alice accomplisse son salut, qu'elle lui permette enfin de reposer en paix, l'âme limpide. Alice subissait donc les caprices de sa mémoire qui se manifestait à travers Julia, sans nullement broncher, et cherchait non sans peine à interprêter les images qu'elle lui montrait. Elle n'avait plus peur de ses souvenirs, bien au contraire, elle les attendait avec une avidité contenue. Elle constatait chaque jour, profondément bouleversée, que cette femme qui lui ressemblait tant avait été auparavant heureuse, comblée d'un bonheur infini, mais que ce bonheur lui avait été repris brutalement, sans même qu'elle n'ait eu le temps de s'en apercevoir. Alice en ressentait une profonde affliction, elle entendait, impuissante, l'appel au secours de Julia du plus profond de son âme, et pour le moment, elle demeurait dans l'incapacité d'y répondre. La mort de Julia était-elle liée au destin, à la fortune, au douloureux hasard ? Ou alors était-ce prémédité depuis longtemps, calculé de façon fourbe et cruelle ? Elle l'ignorait, mais elle comptait bien le découvrir.

Et même à cet instant où elle s'autorisait un tantinet de détente, ce qui ne lui arrivait guère souvent, il fallait qu'on la torture avec ses souvenirs. N'avait-elle donc pas droit au repos ? Pourtant, elle se sentait terriblement apaisée ainsi allongée, les joues collées aux draps tièdes. Son corps ne cherchait plus à remuer, et s'abandonnait à cette douce sensation. Autour d'elle, plus rien ne semblait exister. Elle n'entendait ni ne voyait plus rien. Alors, dans ce cocon de rêverie qu'elle s'était créée, elle se laissa aller, permettant à ses pensées de voguer dans ce monde de calme et de sérénité absolue.

Bientôt, son univers se brouilla, sombra dans un flou complet et infini. Tout se renversa, se désintégra, disparut littéralement sous ses yeux, et elle se trouva dans un néant peu rassurant, un univers où règnaient des ténèbres moites. Elle avait beau ciller encore et encore, elle ne distinguait que cette obscurité qui semblait se prolonger sans fin. Lorsqu'elle voulut jeter un bref regard à ses mains, s'assurer qu'elle existait bel et bien toujours, elle rencontra un corps translucide qui se confondait presque avec la tension sombre qui l'avait comme happée. Elle se sentait définitivement légère, presque inexistante, et si la sensation pouvait paraître agréable, elle s'enquit de savoir ce qui lui arrivait alors. Elle rêvait. Cela ne pouvait être qu'un rêve. Et comme elle se disait cela, le néant fit place à une pâle lueur ; son univers se reconstituait.

Désormais, elle se trouvait dans une ruelle exiguë du centre ville. En face d'elle, un homme vêtu d'un costume gris taupe froncé guettait l'arrivée d'une tierce personne, semblait-il. Grand et imposant, il avait un air de tueur à gages, des épaules larges, et des cicatrices profondes tailladaient son visage à la peau blême. Ses cheveux d'un brun chaud brillaient sous la lumière faible des réverbères et formaient des boucles minuscules de part et d'autre de son visage. L'homme, qui jusque-là paraissait s'impatienter, haussa brièvement les sourcils, comme si son attention s'était soudainement tournée vers un point fixe. Alice jeta un regard en biais pour apercevoir une silhouette féminine s'extraire de l'ombre. Gracieusement moulée dans une robe de lin blanche, elle dégageait une sorte de lumière mystérieuse, à dire vrai, elle rayonnait. Elle avait à la main un attaché case de cuir noir qui poussait à se questionner à propos de son contenu. Arrêtant sa marche à quelques mètres de l'homme à qui elle faisait désormais face, droite et digne sous les réverbères, Alice s'étonna de ne pas l'avoir reconnue plus tôt. Son oppulente chevelure parsemée de boucles tirant vers un blond pur, ses deux grands yeux bleus voilés de tristesse, cette grâce divine et la finesse des traits de son visage. La femme qui se tenait debout dans la ruelle n'était autre que Julia, frémissante de beauté. Elle échangea avec l'homme quelques mots d'une froideur de circonstance qu'Alice ne put percevoir distinctement, puis lui tendit l'attaché case. L'homme la considéra avec une tendre indifférence, s'empara de l'attaché case, et sembla la remercier, fier de l'efficacité d'un deal si rondement bien mené. L'entretien ne dura qu'une fraction de seconde, mais la tension était palpable à un tel point qu'il sembla à Alice qu'il avait duré une éternité. Julia, après avoir esquissé un sourire énigmatique au possible, fit volte-face et emprunta le chemin inverse, faisant résonner les talons de ses chaussures contre les dalles glacées de la ruelle. L'homme l'immita, tourna à l'angle, et s'introduisit dans une voiture d'un noir luisant où quelques compères l'attendaient avec un sourire muet. La voiture n'eut pas même le temps de démarrer qu'elle explosait déjà dans un fracas métallique, engloutie en un temps record dans un tourbillon de flammes qui crépitaient furieusement.

Seules deux personnes étaient au courant de ce qui s'était passé cette nuit-là. Julia et un homme qu'Alice ne connaissait pas. Le décor venait de nouveau de changer. Cette fois-ci, la scène tenait lieu dans une pièce à vivre luxueusement meublée. L'atmosphère était chaleureuse et triste à la fois, un feu brûlait en silence dans la cheminée centrale. Assis à la table de la salle à manger, le visage dans les mains, un homme affligé déversait des flots de larmes. A ses côtés, une main tendrement déposée sur son épaule, Julia semblait vouloir le consoler, y mettant tout son coeur et sa bonne volonté.

« Pourquoi ... Pourquoi as-tu fait cela ? Pourquoi prendre tant de risques inconsidérés ? Pourquoi ... Pourquoi ... Tu n'aurais jamais dû ... Jamais ... »

Il articulait ces quelques mots péniblement entre deux hoquets. Sa voix vibrait d'émotion. Julia, toute aussi émue que lui, entoura son corps en proie à de violents soubresauts de ses bras frêles, et déposa avec une douceur inouïe sa tête contre son dos. Alors, elle murmura des paroles qu'Alice n'entendit pas, mais elle sut, au vu du sourire triste qu'esquissa l'homme, qu'elles étaient très douces ...

« Alice ? »

Une voix familière ramena Alice à la réalité, malgré les questionnements qui persistaient de lui marteler violemment l'esprit. Elle rouvrit les yeux, se redressa vivement, et malgré l'obscurité, elle parvint à reconnaître cette silhouette qu'elle connaissait par coeur, celle de l'être aimé. Un sourire ravi illumina ses traits, tandis qu'elle tâchait de se remettre de ses émotions précédentes sans pour autant dévoiler le trouble qui l'habitait. Elle résoudrait les questions qui fusaient au fond d'elle plus tard, pour le moment, elle n'avait pas le coeur d'achever de se tourmenter, pas en présence de Kerrigane.

« Tiens, bonsoir, articula-t-elle d'une voix chaleureuse. Alors ... Ce rendez-vous s'est-il bien passé ? »

Il n'y avait rien de plus que de la plaisanterie dans sa voix. Au fond, la situation l'amusait beaucoup, bien qu'elle aurait aimé savoir le fin mot de cette histoire, et de ce rendez-vous, qualifié de "galant" par les soldats, avec l'exécrable colonel Roy Mustang.

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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Dim 14 Mar - 22:29

Malgré la nuit, ses yeux ne s'étant pas encore tout à fait habitués à l'obscurité, elle devinait seulement la silhouette de sa bien aimée, mais cela suffisait à la rassurer, à réchauffer son cœur. Elle sourit tendrement. Cela faisait un moment qu'elles ne s'étaient pas retrouvées. Alice la salua chaleureusement et plaisanta sur sa soirée avec Mustang. Kerrigane se sentit extrêmement gênée. Elle aurait préféré lui apprendre elle même la nouvelle et que l'homonculus ne l'apprenne pas par les commérages des militaires. Elle soupira , trahissant son embarras quant à cette situation.

-"Ah... tu es au courant... Je suis désolée... Je voulais te le dire avant que ce rendez-vous n'est lieu, mais on ne s'est pas croisées. Je suis désolée. J'avais des choses à révéler à Mustang... et cela ne pouvait se tenir dans un bâtiment militaire. Je... aaaah !"

Elle avait voulu se rapprocher de sa promise mais avait glisser sur le classeur qui trônait au milieu de la pièce. Avec l'obscurité ambiante elle n'avait pas remarqué l'ouvrage ni même pu soupçonner son existence.
Elle se redressa tant bien que mal en se frottant la tête. Son front avait heurté le parquet dans un bruit sourd. L'alchimiste espérée juste qu'elle n'avait pas réveillée ses voisins avec son cri de surprise. Elle tendit l'oreille mais aucune agitation ne lui parvint. Visiblement ils dormaient encore. Elle s'installa aux côtés de sa bien aimée sur le bord du lit, frottant toujours son front meurtri par le choc.


-"Ça doit être ma punition... Encore une fois je suis désolée mon Amour. Mais ne t'inquiète pas."

Elle lui sourit tendrement avant de déposer un doux baiser dans le cou d'Alice. Elle en profita pour lui murmurer à l'oreille.


-"C'était purement pour la forme ce rendez-vous "galant". Je n'y ai pris aucun plaisir..."

Elle se redressa et observa sa compagne en souriant à pleine dent, très fière de ce qu'elle allait annoncer.


-"A part peut-être quand je l'ai affublé d'une coupe afro ! Là, j'admets que j'ai pris mon pied héhé !"

Elle se retint de ne pas rire, la vision de Mustang avec une telle coupe de cheveux provoquer en elle une hilarité certaine. Elle se reprit doucement. Son regard se posa sur la porte. Se rappelant qu'elle était tombée il y a de cela quelques minutes à peine.

-"Au fait, c'était quoi le truc sur lequel je me suis cassée la figure ?... On aurait dit un classeur où un truc dans le genre..."

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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Sam 3 Avr - 21:56

« Être capable de trouver sa joie dans la joie de l'autre :
Voilà le véritable secret du bonheur. »
Le sourire d'Alice était intact, sincère, étincelant d'un flamboiement mystique, et ne semblait pas prêt de s'effeuiller un jour. S'il y avait bien une chose qu'elle avait appris à la suite de ses nombreux déboires, de ses sombres erreurs et de ses fausses routes, c'était qu'un sourire pouvait changer une situation au départ dramatique en un événement somptueusement baigné d'allégresse. Si tant est qu'on ait encore, au plus profond de soi, de la joie à revendre, il fallait la laisser exploser, éclore violemment, sans jamais, au grand jamais la retenir. Si la violence ne résolvait rien, la joie et l'amour en étaient certainement capables. Du moins, c'est ce qu'elle se disait désormais, peut-être en quelque sorte pour racheter ses fautes et obtenir l'absolution de ses péchés, bien qu'elle sût pertinemment au fond d'elle-même qu'ils resteraient gravés à jamais à la racine de son âme, une âme lumineuse qui gardait en contre partie une part insalubre d'obscurité. Il était vrai qu'elle avait changé, radicalement changé, et ce du jour au lendemain, comme mue par l'espoir vain de devenir une bonne fois pour toute un être bon. Ou peut-être que ces changements progressifs s'étaient accumulés au fil du temps et avaient un beau jour pris le dessus sur la créature monstrueuse qu'elle avait été. Quoi qu'il fût de tout cela, le sourire était désormais sa seule arme, le sourire l'avait aidée à se donner une image d'elle qu'elle n'était pas, un simple masque détestiné à montrer uniquement une part foncièrement optimiste de son être, à camoufler toutes ses facettes détestables qui faisaient malgré tout partie d'elle. Et si ces sourires n'étaient pas toujours révélateurs de sa personne, elle les offrait à qui veut, avec une franchise et une candeur innocente presque touchante, dans l'unique but de voir en retour un sourire illuminer le visage de son interlocuteur. Comme elle s'était autrefois nourrie de la peine et la souffrance, abreuvée des tristesses et des déceptions, elle puisait désormais sa force et son énergie dans la joie des autres. Le bonheur d'autrui suffisait entièrement à son propre bonheur. Elle avait appris, à force d'efforts titanesques, l'abnégation, la compassion, et tous ces sentiments humains à foisons dont elle ignorait même l'existence auparavant, lorsqu'elle ses yeux plein d'ombre ne parvenaient à traverser le mur que sa simple race avait forgé. Mais aujourd'hui, tout était différent, tellement différent. Elle avait grandi, elle s'était assagie. A force de bonnes actions et de bonté gratuite, elle comptait bien atteindre un jour ou l'autre son ciel.

Les deux orbes noires de la jeune homonculus brillaient sans conteste dans l'obscurité, intensément posés sur la silhouette trouble de Kerrigane qui se tenait adossée à la porte de la chambre. Celle-ci ne chercha pas à nier les faits, bien qu'elle eut l'air un tantinet embarrassée par la situation présente, ce qui n'échappa pas à sa compagne, qui, quant à elle, entortillait quelques mèches de cheveux d'un noir d'encre autour de ses doigts fins, avec une naïveté angélique. Par la suite, lorsque la jeune femme voulut effectuer quelques pas afin de rejoindre Alice, elle la vit brusquement quitter son champ de vision, l'espace d'une fraction de seconde, tout en poussant un hurlement sourd, qui s'allia avec un son rauque de fracas. Alice, les yeux écarquillés, les paupières battantes, admira sa compagne se relever de sa chute spectaculaire, et s'asseoir près d'elle. Balayant sa consternation du moment, elle laissa échapper un rire cristallin, avant de déposer un tendre baiser qui se voulut guérisseur sur le front meurtri de la militaire. Elle avait toujours trouvé sa maladresse charmante, et là encore plus que d'habitude. Il fallait avouer aussi que les deux jeunes femmes n'avaient pas été réunies depuis belle lurette, et l'absence de l'être aimé semblait d'être douloureusement fait sentir. C'est ainsi qu'Alice écouta avec attention le récit de sa compagne, tout en s'en amusant, ses lèvres éternellement étirées en un sourire de béatitude. Ce rendez-vous n'était donc pas un réel rendez-vous, ce n'était qu'un prétexte à un échange d'informations apparemment d'une importance majeure, qu'Alice se plaisait à ignorer pour le moment. Mais de toute manière, elle se refusait à se torturer l'esprit plus qu'elle ne le faisait déjà en ce moment ; les apparitions intempestives de Julia dans ses propres pensées lui pesaient bien assez comme ça. Il lui semblait même que le souvenir de Julia cherchait à tout prix à l'éloigner de la tranquilité qui lui était due. La sérénité, le bien-être lui glissaient des mains. Elle aurait souhaité de nouveau pouvoir fermer les yeux et se trouver apaisée, en proie silence, au repos dans sa plus pure perfection, mais rien n'y faisait, son tourment l'assaillait encore et toujours, martelait son esprit, faisait bourdonner ses entrailles. Fort heureusement, elle trouvait en Kerrigane quelque chose de bien plus agréable, de bien plus réconfortant que le sommeil. A choisir, elle préférait une berceuse et des rêves d'amour
.

« Au fait, c'était quoi le le truc sur lequel je me suis cassée la figure ? ... On aurait dit un classeur, ou un truc dans le genre ... »

Le visage d'Alice s'illumina en un instant, ses deux grands yeux sombres s'emplirent d'étoiles scintillantes tandis que son sourire s'élargissait, gagnait en fraîcheur et en bonheur candide. Elle avait, en réalité, complètement oublié jusqu'à l'existence même de ce classeur avant que Kerrigane ne le lui rappelle, et maintenant qu'elle s'en souvenait, cela l'emplissait d'une folle allégresse teintée de naïveté ravissante.

L'homonculus tendit un index frêle et transparent, et mu par une force mystérieuse, le classeur s'éleva dans les airs avec une légereté de songe, puis progressa ainsi en suspension jusqu'aux bras grand ouverts d'Alice, dont le sourire semblait désormais emprunt d'une note de mystère fébrile. Celle-ci passa sa main sur la couverture lisse du classeur, tout en se disant que la sensation était plus qu'agréable, comme si le contenu du classeur s'évaporait de sa couverture en un rassemblement d'ondes positives. Pourtant, ce n'était qu'un classeur noir massif, dont la reliure de cuir n'avait de cesse de luire à l'image d'un quelconque métal précieux. Mais ce classeur, malgré sa banalité affligeante, inspirait tellement plus à Alice ; elle le voyait comme un coffre à secrets inviolable qui renfermerait un délicieux trésor, le plus somptueux des trésors, à vrai dire. Et, comme pour corroborer ses pensées, la faible lueur de la lune qui se frayait péniblement un chemin à travers les rideaux de lin de la chambre venait frapper de plein fouet l'objet de son effervescense. Tournant la tête vers sa compagne, elle lui servit son plus beau sourire.


« Tu fais bien de me poser cette question ! J'ai réuni des choses merveilleuses dans ce classeur, vraiment merveilleuses. Il s'avère que ... »

Illustrant ses propos, elle déposa ledit classeur sur ses genoux avec délicatesse, et, pour ne pas briser l'énigme oppressante qui paraissait flotter autour de ce classeur, tel un spectre, elle l'ouvrit avec une précaution fortement mesurée, plissant les paupières pour tenter d'y voir clair dans cette obscurité malsaine.

« ... les informations contenues dans ce classeur soient susceptibles de nous intéresser. Tu me suis ? »

Son regard s'était baigné de malice. Par l'action de son pouvoir télékinétique, l'interrupteur se pressa de lui-même, et la lumière envahit la pièce brutalement, une lumière agressive, trop blanche. Il s'avéra alors que, dans le classeur, se trouvaient diverses informations concernant un événement qui les rapprocherait et les lierait à jamais, la promesse de leur union commune. En effet, suite à leurs fiançailles, les préparatifs concernant l'étonnant mariage avait eu tendance à faire du surplace, mais Alice n'avait guère perdu de vue cet objectif, rassemblant dans ce classeur le fruit de ses recherches. Des adresses de salles de fête, les numéros de téléphone de traiteurs, de fleuristes se succédaient sur le papier en petites lettres sombres et serrées, à tel point que cela en donnait la migraine. Et qui plus est, le classeur était d'une épaisseur épouvantable. Alice en venait à se demander si son perfectionisme n'allait pas trop loin. Adressant une petite moue gênée à l'attention de Kerrigane, elle passa une main dans sa longue et oppulente chevelure d'un noir de jais.

« J'ai tout classé par ordre alphabétique, confia-t-elle avec un petit rire d'enfant. Tu ... Tu crois que j'en ai trop fait ? »

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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Dim 11 Avr - 20:20

Kerrigane contemplait sa compagne avec un certain amusement. En fait l'homonculus faisait preuve d'une malice que l'alchimiste ne comprenait pas pour l'instant. Elle était juste amusée de voir que sa compagne prenait un malin plaisir à faire durer le suspense quant à la révélation sur la nature de ce classeur. Ce dernier se déplaça doucement dans les airs avant de rejoindre les genoux d'Alice. Puis ce fut au tour de l'interrupteur de subir le pouvoir télékinésique de l'homonculus. La lumière apparue brutalement, violente, aveuglante. Pour Kerrigane dont les yeux avaient enfin réussi à s'habituer à l'obscurité, ce fut d'autant plus agressif. L'alchimiste due fermer les yeux et mis quelques minutes à pouvoir retrouver une vision correcte et digne de ce nom. Elle se frotta lentement le visage et les yeux pendant quelques instants comme pour réaliser mentalement la présence de ce surplus de lumière. En fait c'est surtout qu'elle ne s'y était pas attendu qui avait rendu le phénomène violent. Si elle avait été psychologiquement préparé ce phénomène n'aurait pas pris autant d'importance.
Une fois qu'elle fut fin prête, elle posa le regard sur ce que contenait cet énigmatique classeur. Elle ne comprit pas au premier abord de quoi il en retourner. Il s'agissait d'une série d'adresse et de numéro de téléphone. D'abord intriguée, la militaire plissa des yeux, comme si cela pouvait lui permettre de mieux réfléchir. Et soudain elle comprit de quoi il en retournait. Pourquoi n'y avait-elle pas songé plutôt ? Elle redressa la tête pour plonger son regard étincelant dans celui de sa compagne. Si elle savait combien elle l'aimait en cet instant précis !

« J'ai tout classé par ordre alphabétique, confia-t-elle avec un petit rire d'enfant. Tu ... Tu crois que j'en ai trop fait ? »

Kerrigane laissa échappé un rire franc et limpide à cette révélation. Il était vrai que la masse d'informations récoltées était plus qu'impressionnante. L'épaisseur du classeur devait rivaliser avec les rapports sur la dernière mission à Aquorya (celle avec les zombies), le genre de dossier particulièrement épais qu'il est énervant et ennuyeux à rédiger. Mais l'alchimiste était touché de constater à quel point sa compagne s'investissait dans cette affaire ci. Elle passa ses doigts dans la nuque d'Alice, dégageant doucement son cou de ses magnifiques cheveux d'un noir de jais. Elle caressa tendrement la nuque de sa fiancée avant d'y déposer un baiser suave.

-"Pas du tout répondit-elle d'un ton amusé. Tu y mets un peu trop de zèle mais c'est toujours mieux que moi qui n'est pas fais grand chose de ce côté là... à part peut être ceci, mais bon ce n'est pas grand chose..."

L'alchimiste se pencha légèrement pour atteindre la table de chevet et farfouiller dans le tiroir. Elle finit par trouvé ce qu'elle y chercher et se redressa. Regardant sa compagne avec une certaine malice. Puis elle lui montra sa trouvaille. Un petit écrin couleur bleu nuit. Kerrigane l'ouvrit en effectuant un petit "tadaaaam". L'écrin contenait deux anneaux simples en argent. Ils n'avaient rien de particulièrement spécial à part peut-être le fait qu'ils étaient gravés à l'intérieur. L'un était au nom d'Alice, l'autre au nom de Kerrigane.

-"Bon c'est vraiment trois fois rien et c'est normalement uniquement à titre temporaire. Mais c'est la seule chose que j'ai eut le temps de faire... désolée ^^' " confia-t-elle légèrement embarrassée. Il faut dire que l'homonculus semblait faire preuve de plus de détermination dans cette affaire que l'alchimiste...

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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Lun 19 Avr - 21:23

« Le bonheur le plus doux est celui qu'on partage.
On ne jouit bien que de ce qu'on partage. »
La lumière sembla surprendre de façon virulente la militaire, qui plissait péniblement les yeux tandis que son regard se déposait sur le classeur massif à la reliure de cuir. Un certain temps de compréhension lui fut nécessaire, à la vue de son faciès au premier abord perplexe, qui s'illumina du tout au tout lorsqu'elle comprit pour quelle raison sa compagne avait réuni ces étranges documents. Alors, elle laissa échapper un rire limpide, agréablement surprise par le travail qu'avait accompli l'homonculus. Il fallait dire qu'Alice n'avait plus de travail à proprement parler, suite à sa défection au sein de l'armée, après avoir réalisé qu'elle n'avait fait que répandre la dévastation et la douleur autour d'elle, elle s'était véritablement remise en question. Que devait-elle faire désormais ? Quel était son but, ses objectifs ? Pourquoi était-elle encore en vie, malgré tout le mal qu'elle avait osé commettre dans sa folie ? Tant de questions s'étaient alors bousculées dans cet esprit au combien tourmenté qu'était le sien. Elle avait songé sans relâche, pensé et repensé à son devenir dans cette morne existence, et dans ses errances, elle ne cessait de ressasser de douloureux souvenirs, avec l'espoir un peu vain qu'elle parviendrait à changer. La réponse à tous ses doutes lui apparut naturellement, comme la lueur pâle et chaleureuse d'un phare qui viendrait percer l'obscurité, qui la guiderait à travers la noirceur peu avenante des ténèbres. Si le mal qu'elle avait engendré avait été si grand, si redoutable, il lui faudrait dorénavant redoubler d'efforts pour réaliser de bonnes actions, pour cette fois-ci, en contre partie, disséminer une once de bonheur derrière chacun de ses pas. Bienfaitrice, voilà comment elle nommait intérieurement ses actuelles fonctions. Elle débordait d'un amour si fort pour le monde, en cet instant, que tout ce qu'elle désirait réellement était de le partager, de l'offrir, sans rien attendre en retour. Si cette attitude soudaine tenait d'un profond désir de rédemption, un désir de retrouver la paix et de n'avoir plus rien à se reprocher, la jeune homonculus remuait malgré tout des efforts considérables, une sincérité poignante, et son comportement relevait d'une abnégation ostensible. Peu importait ce qu'elle ressentait, elle souhaitait juste permettre aux autres d'être heureux, quoi qu'il arrivât. Elle nourrissait les nécessiteux, les comblait de sourires rayonnants, tentait en parrallèle d'éradiquer la criminalité grâce à ses talents télékinétiques. Elle était devenue en quelque sorte une espèce de superhéroïne entièrement dévouée à sa cause, une personne animée par des causes nobles et dignes, quelqu'un de profondément humain, voilà tout. Et en semant la joie autour d'elle, elle se sentait comblée comme elle ne l'avait jamais été. Mais, elle ne pouvait nier qu'en ce moment, la capitale était étrangement tranquille. Elle continuait de veiller sur les individus qui réclamait sa présence, ne serait-ce que pour entamer une discussion ou combattre la solitude, mais elle avait bien moins à faire que de coutume. Alors, elle s'autorisait à prendre un peu de temps personnel, bien que cela demeurât fort rare, et menait son enquête sur le meurtre tragique de Julia en compagnie du sous-lieutenant Havoc, tout en récoltant des informations utiles quant à son futur mariage. Un événement qui, à ses yeux, était d'une importance capitale.

La femme à la longue chevelure noir corbeau ne quittait pas une seule seconde des yeux sa compagne, un doux sourire aux lèvres, le regard protecteur et attendri, peut-être même un tant soit peu maternel. Lorsqu'elle y repensait, si leur relation était désormais sereine et fusionnelle, cela n'avait pas toujours été le cas. Au départ, l'homonculus Alice, ex-général dans l'armée, s'était révélée l'ennemi à abattre, et son comportement baigné d'insolence lui avait valu de s'attirer les foudres du Thunder Alchemist. Elles s'étaient dressées l'une contre l'autre dans un combat de titans, s'étaient haïes comme jamais, et l'une avait finalement réussi à raisonner l'autre. Et si leur relation était à cette époque amicale, leur profond désir de protéger l'autre l'avait finalement emporté, et l'amour avait éclaté sincèrement en chacune d'elles. Elles s'étaient trouvées, comme tant d'autres, et avaient fait en sorte de faire grandir cet amour idyllique dans la plénitude la plus parfaite. En y songeant, Alice ne pouvait s'empêcher de sourire béatement. L'amour était un concept qui demeura à ses yeux longtemps inconnu, et que Kerrigane lui avait appris, comme elle lui avait par ailleurs appris un bon nombre de choses essentielles. Auparavant, l'homonculus agissait à l'image d'une enfant capricieuse qui ne comprenait rien à la vie, elle se comportait comme bon lui semblait, sans se soucier de ce qu'était le bien, ni de ce qu'était le mal. Désormais, même si son attitude enfantine demeurait intacte, enfermée dans cette innocence et cette naïveté de cristal qui la caractérisait si bien, elle se montrait bien plus raisonnée qu'auparavant, et savait dorénavant ce qu'elle devait faire, la contribution qu'elle apporterait à ce monde à l'agonie. Sa compagne avait dissipé ses doutes, lui avait ouvert les yeux, l'avait radicalement transformée. N'était-ce pas là la plus belle preuve d'amour qui existât ? Et, comme pour illustrer ses pensées enamourées, Kerrigane glissa une main dans le tiroir de sa table de chevet, et en tira un écrin ravissant qu'elle ouvrit devant l'homonculus. Celui-ci renfermait, comme un trésor d'une valeur inestimable, deux anneaux censés représentés leur amour éternel. S'il n'avait pourtant rien d'exceptionnel, ils eurent alors pour Alice bien plus de valeur que tout l'or du monde. Son sourire tendre s'était élargi, son regard enflammé, et dans un geste ému, elle enserra avec force la main de Kerrigane dans la sienne, une main de laquelle émanait une douce tiédeur, et au creux de laquelle l'on pouvait ressentir les battements réguliers de son coeur.

« Bon, c'est vraiment trois fois rien et c'est uniquement à titre temporaire. Mais c'est la seule chose que j'ai eu le temps de faire ... Désolée. »

Etait-ce de l'embarras qu'elle percevait dans la voix de sa compagne ? Celle-ci s'excusait de n'avoir pas eu le temps d'en faire plus, mais elle ne lui reprochait rien, après tout, elle pouvait tout à fait comprendre. Si Alice n'avait plus aucune obligation envers l'armée, Kerrigane en avait un nombre incalculable, et encore, c'était peu de le dire. Pas étonnant, donc, qu'elle n'ait le temps de s'occuper d'affaires personnelles, tel que le mariage qui approchait. L'homonculus prenait alors la décision de s'en occuper davantage, afin de compenser le manque de temps de l'alchimiste. En outre, elle n'avait aucun besoin vital comme les humains, tel que se reposer ou se nourrir, ce qui lui laissait bien plus de temps pour vaquer à diverses occupations. Et la cérémonie de leur union lui paraissait quelque chose de primordial qu'elle ne pouvait laisser en suspens. Elle n'avait qu'une envie : vivre d'amour, chanter l'amour, danser l'amour ... Cet éternel cadeau que l'on recevait et que l'on offrait avec un plaisir sans cesse renouvelé. L'amour était un partage en tout sens, mais avant tout un partage de bonheur, une joie commune, un bien-être constant. Le bonheur de soi ainsi que le bonheur des autres étaient tellement plus doux que la jouissance mauvaise et cynique face au malheur évident d'autrui. Elle avait encore du mal à se figurer qu'elle avait été ainsi, il y avait un temps. Cela lui laissait réellement un sentiment teinté d'amertume. Quoi qu'il en fût, devant l'adorable gêne de sa compagne, Alice approcha ses lèvres de l'oreille de la militaire, et lui susurra sur un ton qui se voulait à la fois lascif et très tendre.

« Ne t'excuse pas, voyons. Tu sais combien j'apprécie tes petits "riens" ... »

Un peu de malice d'enfant dans ses propos, il fallait l'avouer. Jouant paisiblement avec les cheveux bruns de sa compagne, Alice en vint à imaginer les ragots qui devaient courir concernant leur relation. Après tout, il n'était pas commun de voir une humaine et une homonculus se fiancer, ou même une militaire et une ancienne criminelle. Que de paradoxes dans leur union déconcertante ! Elles étaient à la fois très différentes, et très semblables. Différentes dans leur race, dans leur statut propre, ce qu'elles étaient, ce qu'elles avaient été. Tout semblait les éloigner de ce point de vue. Mais au fond, elles se ressemblaient, pensaient d'une façon assez similaire, désiraient les mêmes choses, et se complaisaient dans leur différence. Les cancans n'intéressaient pas Alice, et ne l'avaient jamais intéressé par ailleurs. Elle se fichait bien de l'avis de son entourage. Seul l'avis de ceux qui comptaient vraiment à ses yeux lui était précieux. Elle se mariait dans l'espoir d'être heureuse, et de rendre quelqu'un d'autre heureux, cela était aussi simple que cela. L'humaine qu'elle avait été avait désiré la même chose, après tout. Julia était en passe d'épouser Jean lorsqu'elle avait été tuée. Quelle triste fatalité ... Peut-être l'engouement de Julia en ce qui concernait le mariage avait également poussé Alice dans cette voie. Peut-être que les anciens choix de Julia la guidaient dans les actuels choix qu'elle devait faire. Elle ne pouvait véritablement faire une croix sur ses souvenirs d'humaine, elle qui avait désormais une fois immense en l'humanité, qui rêvait silencieusement de redevenir cette humaine, de ne plus avoir à transporter cette carcasse vide de monstre sans âme. Elle souffrait de sa condition, elle ne pouvait le nier. Et même si elle s'était habituée à n'être qu'un pantin, chaque jour elle se rappelait qu'elle était bel et bien une homonculus, un être né du vice, un être incapable de mourir, destiné à errer éternellement ici bas, comme une punition à l'inconscience évidente de son créateur. Qu'il était dur de vivre en humaine lorsqu'on n'en était pas une, lorsqu'on n'en était plus une. Aspirait-elle à l'humanité ? Certainement, et même plus que jamais. Un couple réunissant un homonculus et une humaine, voilà un couple fort atypique. Elle craignait légèrement de ne pas se montrer à la hauteur, que son statut d'homonculus la rattrappe, que ses pouvoirs ne se libèrent sans qu'elle ne le désire. Elle avait peur d'elle-même. Peur de son immortalité, peur de sa puissance. Et si elle causait inconsciemment un autre carnage ? Elle s'en voudrait éternellement, il lui serait alors impossible de vivre en paix. Peut-être même préfèrerait-elle la mort à cela. Un autre problème se posait par ailleurs. Et elle y pensait tandis qu'elle persistait à caresser la chevelure de la militaire, tout en chantonnant.

« Dis-moi ... Quelque chose me tracasse ... Tu ne crains pas de partager ta vie avec un être de mon espèce ? Tout en sachant qu'il me sera impossible de vieillir, que je garderai éternellement ce visage de jeune femme, et cela même après des années de vie ... Et la probabilité qu'un jour, je devienne de nouveau celle que j'étais avant de te connaître n'est pas nulle. Un être né du vice demeure dans le vice. Tu comprends, je ne voudrais pas te rendre la vie difficile ... »

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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Mer 21 Avr - 15:23

Dés l'instant où elle avait ouvert l'écrin, l'homonculus avait saisie la main de la militaire avec ardeur. Kerrigane sourit tendrement, la situation l'attendrissait énormément. Malgré la sobriété de ces deux anneaux, ce cadeau semblait ravir au possible le coeur d'Alice. Elle en profita pour lui murmurer au creux de l'oreille un remerciement. Cependant l'alchimiste pensait que c'était d'avantage à elle de gratifier sa compagne, pour son engouement par rapport à cette union et le zèle dont elle faisait preuve pour l'organisation, mais également pour sa compréhension. Même si la capitale était calme durant ces quelques mois, le Colonel Ziegler enchainait néanmoins missions sur missions et n'avait pas vraiment le temps de s'occuper de ce mariage. Elle décharger sans le vouloir la tâche à sa compagne mais celle ci ne lui en tenait pas rigueur. La militaire dessina un petit sourire tendre pour gratifier sa fiancée avant de déposer un tendre baiser dans son cou, refermant par la même occasion leur étreinte. Elle se lova dans les bras de sa compagne, profitant de sa chaleur.

Alice avait l'air ailleurs, légèrement pensive et quelque chose semblait la contrarier. Et comme poussait par ses ennuis, elle en fit part à sa compagne.
A cette révélation, le faciès de Kerrigane reprit un sérieux bien inhabituel. C'était donc ça qui tracassait l'homonculus. D'un côté c'était parfaitement compréhensible. Leur situation bien qu'elle semblait parfaite et idyllique était loin d'être simple et facile qu'on pouvait le pensait. Le regard de la militaire se remplit de tendresse alors qu'à son tour, elle aussi se mit à caresser une mèche de cheveux de sa fiancée.


-"Allons... Tu crois que je n'y ai pas songé ?"
Elle marqua un petit temps, comme pour savoir dans quel sens commencer. Puis elle reprit doucement le regard, plongé dans les yeux d'ébène de l'homonculus, se voulait rassurant et aimant.

-"Tu sais, j'ai peut être provoqué le déclic qui t'a fait changer mais c'est toi et toi seule qui a décider de changer, de quitter ce monstre sans morale que tu étais et choisissant le chemin de la rédemption à décider de devenir quelqu'un de bien. Tu aurais pu m'envoyer paitre, me tuer même mais c'est toi, à ces mots elle pointa doucement de l'index, le coeur de sa compagne, et toi seule qui a choisit de m'écouter. Toi seule qui a choisit cette voie de salut... Et la seule responsable de ton changement. Tu n'es pas aussi prisonnière de ta condition que tu le penses... Cette fois sa main effleura son bras gauche, dessinant avec tendresse le tatouage de l'ouroboros si caractéristique des homonculus. Il n'y a pas si longtemps aucune de nous deux n'auraient imaginé qu'un homonculus puissent posséder autant de sentiments qu'un humain. Pourtant il semblerait qu'on est prouvé le contraire, tu ne crois pas ? Nos vies, quelles soient humaine ou celle d'un homonculus, sont faites de choix. On ne nait pas mauvais ou bon, on le devient et cela seulement à la force de notre volonté. Si tu as peur de redevenir un monstre sans âme je t'arrête tout de suite, tu as déjà réussi une fois à t'échapper de cette image, tu pourras le faire une deuxième fois si cela devenait nécessaire... Et puis je serais toujours là pour te ramener sur le droit chemin, vilaine fille."

Si la dernière phrase avait été prononcé sur le ton de l'humour et de la plaisanterie, le reste de la tirade avait, elle, été murmuré tendrement, tel chuchotement rassurant. Un sourire aimant accroché aux lèvres, la militaire contemplait Alice. Kerrigane fit lentement glissait ses doigts vers la main gauche de l'homonculus. L'alchimiste la caressa tendrement pendant quelques instants avant de libérer l'annuaire. Le regard de Kerrigane plongea de nouveau dans celui de sa compagne avant de lui passer la bague au doigt. Ce sourire ne la quittait pas, même lorsqu'elle embrassa avec tendresse la main de sa fiancée. Elle se tut un moment, profitant de cet instant unique, magique jusqu'au bout.

-"Pour ce qui est du vieillissement je ne me fais pas trop de soucis... Si tu arrive à supporter une vieille peau comme moi plaisanta-t-elle. Et puis j'aurais de la chance. Honnêtement, avoir toujours à mes côtés une femme aussi belle, c'est une idée qui me plait beaucoup... [Imagine comme Mustang serait trop deg !! XD] Non, personnellement je ne me fais pas trop de soucis de ce côté là. C'est surtout pour toi que ça risque d'être difficile... Mais sache que je serais toujours là pour toi mon Amour. Elle laissa un petit temps s'écouler durant lequel elle caressa tendrement la joue de sa compagne avant de reprendre doucement. Je suis heureuse que tu me parle de ça... mais à trop vivre dans le futur on en oublie le présent. Ne te prends pas trop la tête avec ce genre de chose. Ce qui compte c'est le moment présent non ? " déclara-t-elle en souriant tendrement.

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Alice Ziegler
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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Dim 25 Avr - 16:21

« Doutez que les étoiles ne soient de flamme
Doutez que le soleil n'accomplisse son tour
Doutez que la vérité soit menteuse infâme
Mais ne doutez jamais de mon amour. »

Le sourire d'Alice s'était lentement effacé, comme s'il n'avait jamais été là, abandonnant comme une ombre sur le doux visage de l'homonculus, un faciès, si ce n'était sombre, reflétant avec évidence son affliction soudaine. Elle ne savait plus quoi penser de cette situation, elle ne savait plus quoi penser d'elle-même, et les questions se chamboulaient avec violence dans son esprit au combien embrumé. Elle s'était montrée si cruelle par le passé, qu'est-ce qui l'empêchait de recommencer, au juste ? Qu'est-ce qui empêchait l'homonculus de reprendre le contrôle sur celle qui se revendiquait avidement humaine ? Car, après tout, elle avait beau prôner l'humanité, elle n'en demeurait pas moins un monstre, une créature sans âme créée de l'interdit d'un homme, une poupée de porcelaine, le simple et futil reflet de ce qu'avait été Julia Fûshiyi, ni plus, ni moins. Son existence n'était-elle pas un leurre ici bas ? A quoi pouvait-elle bien rimer ? Avait-elle été créée dans l'unique but de répandre autour d'elle la souffrance, de tuer sans ménagement, sans le moindre état d'âme, d'extérioriser le péché des hommes de tout temps ? Ou l'avait-on fait naître uniquement pour voir revivre Julia ? Et si c'était le cas, devait-elle laisser Julia, sa mémoire et ses souvenirs, s'emparer d'elle, la laisser vivre à travers ce corps las, qui après tout, ne lui appartenait pas ? Tant de questionnements métaphysiques qui demeureraient sans réponses, et qui lui laissaient l'amer sentiment que sa présence en ce monde n'avait aucun sens. Elle n'était qu'un homonculus, elle n'avait pas de raison d'être, elle n'aurait même jamais dû voir le jour. Elle en voulait terriblement à cet homme qui l'avait créée, elle en voulait également à Jean de n'avoir pu intervenir à temps. Elle en voulait même à Julia, qui avait rendu l'âme avec une telle facilité, poussant son dernier soupir quelque part affalée dans une ruelle sombre, sous l'impact retentissant d'une balle de revolver. Il était si simple de donner la vie. Il était tout aussi simple de la reprendre. Une existence était éphémère, comme une lueur au premier abord éclatante dans l'obscurité, qui finissait un jour par faiblir, décliner, puis qui s'éteignait comme si de rien n'était. Ainsi coulait ce cycle sans fin. Des lueurs naissaient, d'autres s'éteignaient. Quelle triste fatalité ...

Excessivement tourmentée, le coeur semé de doutes au premier abord inextinguibles, la jeune homonculus avait baissé les yeux, comme résignée, abattue, continuant, avec des mouvements d'automate, de glisser ses doigts frêles le long des mèches de cheveux brunes de sa compagne. Elle savait pertinemment, en son fort intérieur, que celle-ci trouverait les mots justes, qu'elle parviendrait à l'apaiser, comme toujours, qu'elle éteindrait ce doute malsain qui la tiraillait, et que sa douleur s'envolerait aussi vite qu'elle était arrivée. Juste ainsi. Elle avait déjà été plusieurs fois comme une délivrance à ses yeux, en particulier lorsqu'elle lui avait fait prendre conscience de tout le mal qu'elle avait causé ; elle avait fait d'elle quelqu'un de bien, l'avait raisonnée. Aujourd'hui, elle lui devait tout, et elle ne l'aimait que davantage lorsqu'elle se le répétait inconsciemment. C'était comme si cette seule personne était capable de faire s'envoler cette profonde douleur qui l'habitait en une seule caresse, comme si ses malheurs étaient en passe de se dissiper à la simple vue de son sourire éclatant, comme si sa voix, généralement pleine de raison et de sagesse, étaient en mesure d'écarter la plupart des doutes qui la menaçaient, qui lui tournaient autour, vils prédateurs à la recherche d'une proie de taille.

En effet, comme elle s'y était attendue, Kerrigane parvint sans peine à rassurer sa compagne. Les premières paroles de la militaire eurent comme l'effet d'une berceuse apaisante sur l'homonculus, qui enveloppait désormais le corps de sa fiancée d'un regard attentif. Bien évidemment, celle-ci avait raison, comme la plupart du temps. Alice était la seule responsable de son changement. Certes, elle y avait été poussée par Kerrigane, puis par la suite, son désir de changer s'était davantage accru grâce à l'amour qu'elle avait développé pour elle, mais ce choix de devenir quelqu'un de bien lui avait été personnel, après tout. Et cela était le fruit de lourdes remises en question, de longues heures, souvent interminables, à réfléchir à sa condition, à ses objectifs, à ce qu'elle désirait réellement, pour finalement arriver à cette conclusion : si elle désirait au moins une chose en ce monde, c'était faire naître la joie autour d'elle, une joie dans son plus pur état, une joie qu'elle donnerait sans plus se soucier de ses propres sentiments. Car oui, elle avait beau être une homonculus, un monstre réputé pour être sans âme, elle avait bel et bien des sentiments, des sentiments parfois même plus bons que ceux des humains. Elle avait découvert avec stupeur cette foule de sentiments qui caracolait en elle, au plus profond de son être. Des sentiments tous plus humains les uns que les autres ; elle avançait lentement mais sûrement vers son humanité, sans jamais réellement être capable de l'atteindre. Et elle avait conscience du fait qu'elle ne l'atteindrait jamais. Au départ, se familiariser avec ces sentiments s'était montrée une tâche plus ardue qu'elle ne l'avait espérée. Elle explorait son esprit complexe toujours un peu plus au fur et à mesure que le temps passait, et ce qu'elle entrevoyait en son fort intérieur se dévoilait sincèrement merveilleux. Elle se voyait humaine, pleine d'émotions dont elle ignorait auparavant l'existence. L'amour, la compassion, la générosité, l'abnégation, l'altruisme, toutes ces choses qu'elle ne connaissait que de noms auparavant, lorsqu'elle n'aspirait qu'à la satisfaction de ses désirs personnels, des désirs généralement malsains au possible, très représentatifs de ce qu'étaient ceux que l'on appelait «homonculus». Néanmoins, elle avait changé, foncièrement changé. Elle avait visité deux pôles opposés de son existence. Le Mal, puis le Bien, juste ainsi. Et elle devait bien avouer, après avoir expérimenté l'un et l'autre, qu'elle se complaisait bien davantage à faire le bien. Donner rendait heureux, reprendre ne causait que la peine et l'amertume. Un monde fait de bonheur, de joie, voilà ce en quoi elle aspirait désormais. Et pour atteindre ce but ultime, elle se promit de remuer tous les efforts possibles et nécessaires.

Le regard d'Alice ne quittait plus sa compagne. Elle avait terriblement peur de redevenir ce qu'elle avait été, de développer à nouveau cette agressivité, cette violence imprévisible qui avait été sienne par le passé. Non, en réalité, lorsqu'elle se trouvait aux côtés de l'alchimiste de foudre, elle n'avait plus peur. Un tendre sourire se dessina sur ses lèvres délicates, abandonnant derrière elle le faciès lourd qu'elle empruntait plus tôt. Quelles avaient été ses pensées précédentes, déjà ? Elle s'était dit n'avoir aucune raison de vivre. Bien sûr qu'elle en avait une, et elle se trouvait juste devant ses yeux. Dorénavant, elle vivait pour cette femme, cette femme pour qui elle cultivait un amour passionnel. Elle voulait la protéger quoi qu'il arrivât, la rendre heureuse, rien de plus. Elle vivait également pour tous ceux qui avaient besoin d'elle à l'extérieur, ceux qui ne souriaient qu'en sa présence, ceux qu'elle nourrissait et aimait gratuitement. Elle ne pouvait tout simplement pas se permettre de sombrer de nouveau dans le mal, car elle avait désormais de nombreuses raisons de vivre. Elle devait s'accrocher à son humanité, coûte que coûte, ne jamais abandonner l'humaine qui était en elle. Elle aussi, un jour ou l'autre, parviendrait à trouver son ciel.

Kerrigane acheva son discours en énonçant que l'unique chose qui comptait était l'instant présent. Mais c'était bien sûr ! En réalisant cette vérité ultime, Alice baissa la tête, souriant et soupirant de dépit. Quelle idiote elle faisait. Elle s'accrochait au passé, rendue folle par les souvenirs de Julia, côtoyant Jean, cet amant du passé. Et elle se projetait trop dans le futur, doutant de tout, redoutant ce qui était susceptible d'arriver. Si bien qu'elle en oubliait l'instant présent. Oublier le passé, oublier le futur, voilà qu'elle était la voie vers le bonheur. Elle s'était contentée de passer à côté jusque-là, errant dans le labyrinthe du temps sans jamais parvenir à en sortir, coincée quelque part entre le passé et le futur qui l'assaillaient sans cesse. Elle avait trouvé la réponse. Pour quitter ce labyrinthe, il lui fallait uniquement penser au présent, vivre au présent, profiter du présent qui lui était si précieux. Le passé était révolu, et on ignorait ce qui se déroulerait dans le futur. Mais le présent, lui, était bel et bien à portée de mains. Elle ne devait pas le laisser s'échapper, mais au contraire, s'y accrocher avec davantage de hargne. Et si, pour une fois, elle se laissait vivre, qui l'en empêcherait, si ce n'était elle-même ? Se laisser vivre ... Voilà ce qui lui restait à faire, et ce n'était vraiment pas compliqué à faire. Quoique, pour une âme en peine comme l'était Alice, cela demandait quelques concessions.

« Oui, tu as raison ... Tu as tout à fait raison ... Seul l'instant présent a de l'importance, souffla-t-elle d'une voix rendue tremblante par l'émotion. Merci de m'en avoir fait prendre conscience. Je suis sans cesse accaparée par le passé, par le futur ... Alors que tout ce que j'ai à faire est de me concentrer sur le présent. Je crois ... que je ne me suis toujours pas remise de ce que j'ai fait par le passé. Et de ce fait, je crains le monde qui m'entoure. Je me sens comme une enfant, je me découvre encore. Et les enfants ont toujours peur, n'est-ce pas ? Ils ont besoin qu'on les prenne par la main pour continuer à avancer. Moi aussi, j'ai besoin qu'on me prenne par la main ... Heureusement que tu es là. »

A ces mots, Alice servit à sa compagne un sourire lumineux. Oui, elle se sentait mieux, elle se sentait véritablement apaisée, même si elle savait pertinemment que tous les doutes ne s'envoleraient pas aussi facilement. Elle se contentait, pour l'instant, de ranger ses doutes dans un tiroir qu'elle fermait à clef, pour ne plus avoir à s'en soucier. Se blotissant dans les bras de la militaire, elle ferma docilement les yeux. Sa respiration était lente, mélodieuse et régulière. Qu'avait-elle dit déjà ? Se laisser vivre. Juste se laisser vivre.

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MessageSujet: Re: Chambre de Kerrigane Ziegler   Jeu 22 Juil - 14:24

Après le discour de l'alchimiste de foudre, la jeune homonculus semblait avoir reprit confiance. Elle n'avait plus ce regard perdu et confus. Elle ne paraissait plus errer au fond d'elle même, noyée dans les méandres de ses sombres pensées. Une lumière de délivrance et de sérénité briller dans son regard. Encore une fois les arguments de Kerrigane semblait porter leur fruit.

Alice lui déclara avec un sourire lumineux, signe de son apaisement intérieur, qu'elle était comme un enfant qui a besoin qu'on lui tienne la main. Prenant les mots de sa compagne au pied de la lettre, Kerrigane entrelaça ses doigts avec ceux de sa fiancée, lui rendant son sourire.
C'était ainsi qu'elle l'aimait ; Lorsque Alice se montrait sous son plus beau jour, qu'elle rayonnait littéralement, que Kerrigane ne pouvait se détacher de son emprise. L'homonculus se blottit avec une tendresse certaine dans les bras de la militaire. Cette étreinte était sublime. L'alchimiste ferma les yeux, profitant de l'intensité cet instant au maximum. Si sa respiration était lente et douce, calée sur celle de sa compagne, son coeur battait la chamade dans sa poitrine, lui martelant tout l'intérieur avec fougue. Elle ressentait ce dernier dans tout le corps, comme pour lui rappeler à quel point elle était en vie, à quel point elle aimait Alice.

Les yeux toujours clos, elle se laissa enivrer par le parfum de sa compagne, lui caressant les cheveux comme s'il s'agissait de la chose la plus précieuse qui soit.
Petit à petit elle sentit la fatigue l'envahir, doucement, comme la nuit glisse lentement sur le jour. Mais ça n'avait aucune importance. Elle ne lutta pas contre le sommeil. S'endormir ainsi, dans les bras de sa compagne était la plus belle des façons. Et doucement, à mesure où s'écouler lentement les secondes, Kerrigane finit par s'endormir.

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